Affaire « Fétiches incinérés » : Un collectif d’OSC porte plainte contre la Paroisse Saint-Pierre de Gounghin

Un collectif d’Organisations de la société civile (OSC) conduit par le mouvement « Deux Heures pour nous, Deux Heures pour Kamita » a décidé d’enclencher une action judicaire à la suite de l’information faisant cas de « fétiches incinérés » à la Paroisse Saint-Pierre de Gounghin à Ouagadougou (Burkina Faso). Le mercredi 28 avril 2021, le mouvement, conduit par Serge Bayala, a déposé une plainte contre la Paroisse Saint-Pierre de Gounghin au Tribunal de grande instance de Ouagadougou.

Dans un article publié le mercredi 21 avril 2021, nos confrères du média Lefaso.net titrait : « Paroisse Saint-Pierre de Gounghin : Plus de 70 fétiches incinérés ». C’est suite à cet acte que des Organisations de la société civile (OSC) avec à leur tête, le Mouvement « Deux Heures pour nous, Deux Heures pour Kamita » se sont insurgées et ont décidé d’ester en justice.

Le mercredi 28 avril 2021, le mouvement « Deux Heures pour nous, Deux Heures pour Kamita » en compagnie d’autres organisations dont le Haut conseil national des Dozos du Burkina Faso, Koombi culture, Faso Kudumdé, Maaya Blon, Afrik Talents et Miirya ont déposé une plainte contre la Paroisse Saint-Pierre de Gounghin au Tribunal de grande instance de Ouagadougou.

Ces organisations reprochent à la Paroisse la « profanation par incinération de Biens et Patrimoine culturel, atteinte à la dignité d’une communauté religieuse (Traditionalistes-Animistes), diffamation d’un groupe religieux et médiatisation d’acte de vandalisme religieux ».

En rappel, l’Agence d’information du Burkina (AIB) a accordé une interview à l’Abbé Johnny Koama, curé la Paroisse Saint-Pierre de Gounghin, le mardi 27 avril 2021. Le média a rapporté en substance que ce « sont des bayas, des bracelets, des croix et des statues envoutées de la Vierge Marie, des cadenas magiques, des machettes…et seulement deux fétiches apportés ‘’librement’’ par des gens apeurés ou ne voulant plus détruire la vie des autres, qui ont été incinérés ».

Mais pour Serge Balaya, porte-parole du collectif, « même si c’est un ½ fétiche, il y a un problème de tolérance, de respect, de laïcité qui se pose. Aucune communauté ne devrait s’en prendre impunément aux talismans ou aux instruments de prière d’autres communautés. Ils n’avaient qu’à prélever les deux fétiches et les restituer aux gardiens de la tradition ».

Le collectif, au-delà de cette plainte, entend mener d’autres actions.


Photo : Un autel de fétiche de la fécondité chez les Lobi (image d’archives)

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