8-Mars 2020 : Un mouvement lance une vaste collecte de dons au profit des déplacés internes

La présidente du comité de pilotage de « Célébrons le 8-Mars autrement », Rita Sawadogo, a lancé, vendredi, à Ouagadougou, une vaste collecte de fonds et de dons en nature (vêtements, couvertures, pagnes du 8-Mars, vivres, savon, nattes, etc.) pour soutenir les déplacés internes. C’était au cours d’une conférence de presse. Devoir de redevabilité oblige, le résultat de la collecte sera publié par voie de presse le 9 mars prochain, sauf pour les donateurs ayant requis l’anonymat.

« Des centaines de milliers de nos frères et sœurs ont fui leurs villages, leurs maisons, du fait des attaques terroristes et nous demandons à tous les Burkinabè des villes et des campagnes, et particulièrement aux femmes, filles et enfants, de faire un don financier ou matériel en signe de compassion, d’empathie et de solidarité pour les déplacés internes ».

C’est le cri de cœur lancé par Rita Sawadogo à l’occasion du lancement de la collecte de fonds et de dons en nature pour célébrer « le plus beau 8-Mars » en communion avec les frères et sœurs déplacés internes. Pour les contributions financières, des comptes Orange money et Mobicash sont ouverts : 54 25 40 40/77 83 63 63 et le 70 31 11 89. En plus de cela, les organisateurs prévoient de déposer des urnes scellées devant certaines pharmacies ou supermarchés de la place pour recevoir les dons en numéraires. Le président du comité « Célébrons le 8-Mars autrement » se fixe l’objectif de récolter plus d’un milliard de F CFA.

« Nous sommes plus de 20 millions de Burkinabè dont 11 millions de femmes. Si chacune donne 100 F CFA, et si nous payons les unes pour les autres, nous pourrions relever ce défi. Celui qui donne 500 F, contribue ainsi pour cinq femmes ; celui qui donne 1 000 F contribue pour 10 femmes ; celui qui donne 5 000 F contribue pour 50 femmes, etc. », a-t-elle souligné.

Pour plus de transparence dans la gestion, le comité travaille sous la supervision d’huissiers de justice. Pour ce qui concerne la réception des dons en nature, des équipes permanentes seront mobilisées dans certains points stratégiques de la ville de Ouagadougou. Entre autres sites, les mairies d’arrondissement, les deux stades, la Maison du peuple, le Palais de la jeunesse et de la culture Jean-Pierre-Guingané, le SIAO. Le rendez-vous est fixé les 7, 8 et 9 mars 2020. L’idée de cette collecte de dons émane de Mme Sawadogo.

« Et si… », un cri de cœur

Suite à un voyage dans le Sanmentenga, elle a vécu la triste réalité des populations déplacées vivant dans la promiscuité et le dénuement, avec des enfants grelottant sous des haillons, à côté de leurs mères tout aussi démunies. Le cœur triste, elle a pensé au lourd tribut payé par notre peuple, particulièrement au cours de l’année 2019. Trop de larmes, de morts (jeunes et adultes, civils et FDS), de tristesse, de deuils, de désolation.

« Au-delà de l’action individuelle, je me suis posé mille et une questions. Que faire aux côtés de tout ce qui est en train d’être fait par le gouvernement et les autres acteurs ? J’ai pensé que tout le monde doit se sentir hautement concerné par ce drame, notamment les femmes qui, pour ce 8-Mars, doivent être au-devant, accepter de faire des efforts, s’engager et agir pour toutes nos mères, nos sœurs, nos frères et nos enfants en détresse. Et si… et si on célébrait le 8-Mars cette année autrement ? Vu que les populations, particulièrement les femmes et les enfants, sont dans la détresse, la souffrance… Et si on faisait dans la sobriété… C’est ainsi qu’est né un écrit, sous forme d’interrogation », a expliqué Mme Sawadogo.

Le comité est apolitique

Cet appel citoyen a été lancé en 2019 sous le titre « Et si… ? ». Il a touché le cœur de nombreuses personnes, d’où la mise en place d’un comité de mise en œuvre qui regroupe des hommes et des femmes du Burkina Faso (150 personnes), du Canada, de la France, des Etats Unis. Les membres du comité travaillent de manière volontaire et bénévole ; acceptent un engagement et un don de soi ; acceptent les principes d’honnêteté, d’intégrité et de transparence. Enfin, ils conçoivent au devoir de redevabilité.

A la question de savoir s’ils travaillent en étroite collaboration avec le ministère de la Femme, Mme Sawadogo rassure : « Nous avons rencontré le ministre de la Femme la semaine dernière à qui nous avons exposé notre projet. Nous avons reçu ses encouragements. Les services techniques du ministère ont été commis pour accompagner le mouvement « célébrons le 8-Mars autrement ».

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net


Pour toute information complémentaire, veuillez contacter Edith Traoré/Tapsoba au 70 20 01 91 ou Salimata Compaoré/Diallo au 66 05 01 89
Responsables de la mobilisation et de la collecte des dons : Delphine Démé (71 51 93 45) ; Marie Claire Ouédraogo/Poda-Ami Kéré-Henriette Zouri (76 76 10 45) Sally Gnanou

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