6e mandat d’Idriss Deby : Un Collectif de jeunes tchadiens au Burkina crie haro

Le « Collectif de Tchadiens indignés au Burkina » est visiblement contre le 6e mandat du Maréchal du Tchad Idriss Deby. Les jeunes tchadiens sont montés au créneau ce vendredi 9 avril 2021 au siège du Balai citoyen à Ouagadougou, pour dire non à la candidature de « l’homme fort » du Tchad. Ils prévoient une marche le samedi 10 avril devant leur ambassade au Burkina.

« Oui à l’alternance », « Deby dégage », « Non au 6e mandat », ce sont des slogans qu’on pouvait lire le vendredi 9 avril 2021, au cours de la conférence de presse du « Collectif de Tchadiens indignés ». Nzengar Masbé, Nadjitoïde Arnaud et Douswe Bagao ne sont pas allés du dos de la cuillère pour décrier la gouvernance du président du Tchad.

En effet, selon les conférenciers du jour, sur le plan politique, après 31 ans de règne, le régime de Deby a « cultivé la violence, la terreur, la peur, les assassinats, le mépris et l’arrogance » vis-à-vis de la population tchadienne. En course pour l’élection présidentielle du 11 avril prochain, s’il est réélu, il sera président jusqu’en 2033 soit 43 ans de pouvoir. Car la nouvelle Constitution promulguée en 2018 lui permet de se représenter au terme de son mandat actuel en 2021 pour deux autres mandats consécutifs de six ans. Alors qu’à l’entendement des conférenciers du jour, « sous le long règne sans vision, le Tchad à presque tout perdu en politique, sur le plan social et économique »,

Selon Nzegar Masbé, une marche est prévue le samedi 10 avril 2021 devant l’ambassade du Tchad au Burkina

« La situation sociale est invivable. La vie est trop chère avec de maigres salaires abattus sous des grèves perlées », a déploré Nzegar Masbé, membre du Collectif. D’après lui, le président Idriss Deby a travaillé à diviser les Tchadiens du nord au sud juste pour assoir son pouvoir, c’est-à-dire diviser pour mieux régner.
Au plan économique, conformément à la Banque mondiale, le nombre de personnes pauvres a augmenté de 4,7 millions en 2011 à environs 6,5 millions en 2019. En plus, en 2018, ce sont 42% de la population qui vivaient en dessous du seuil de la pauvreté.

C’est ainsi que Nzengar Masbé et ses camarades résument la situation économique du Tchad alors que le pays exploite le pétrole depuis près de 20 ans.
Fort de tout cela, « Deby doit partir et il partira » ; il est indéniablement le foyer de toutes les pathologies du sous-développement du Tchad, foi du Collectif. « Notre liberté naitra de notre courage », ont lancé les jeunes tchadiens. Ils prévoient d’ailleurs une marche le samedi 10 avril 2021 devant l’ambassade du Tchad au Burkina.

Obissa Juste MIEN
www.Lefaso.net

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