Selon le Premier ministre Paul Kaba Thiéba, la satisfaction de la plateforme revendicative de la Coordination des syndicats de l’éducation serait d’environ 50 milliards de F CFA par an. Nous n’avons pas fait ce calcul donc nous n’en savons rien. Seulement, nous voulons relever quelques exemples de ce que représente une somme de 50 milliards de F CFA dans le budget national.


                                                                   Le PM lors de la conférence de presse

 50 milliards de F CFA, c’est l’équivalent du budget alloué au secteur de l’eau potable et l’assainissement dans le budget 2018 qui est de 51 milliards de FCFA. Cette somme dépasse de loin le budget de l’Emploi et de la Protection sociale qui serait d’environ 29 milliards de FCFA. Elle est supérieure au budget alloué au secteur de l’Energie (44 milliards de FCFA) en ces temps de délestage où des investissements colossaux doivent être faits.

Les 50 milliards de FCFA dépassent de loin l’enveloppe de 17 milliards de FCFA réservée pour l’apurement de la dette due à certaines sociétés d’Etat.

 

50 milliards de FCFA, c’est 20,78% du budget de la Santé

50 milliards de FCFA représentent 20,78% du budget annuel de la Santé qui serait de 240,560 milliards de FCFA. Un budget qui doit permettre la poursuivre de la normalisation des CSPS des chefs-lieux des communes rurales en centres médicaux, l’amélioration du plateau technique, la promotion de la planification familiale, la politique de gratuité de soins pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes, etc..

Une enveloppe de 50 milliards représente 11,8% des 422,005 milliards de FCFA alloués cette année à l’Education et devant servir, entres autres, à la normalisation des écoles à 3 classes, à la résorption des écoles sous paillote, à la poursuite du programme de construction de lycées techniques régionaux, la construction d’infrastructures universitaires, la promotion des TIC dans l’enseignement supérieur et surtout aux bourses d’études à des élèves méritants.

Le budget de l’Agriculture et à l’Elevage s’élève à 142,264 milliards de FCFA en 2018 et est destiné aux aménagements hydro-agricoles, la modernisation et la mécanisation de l’agriculture, la création d’unité de production d’aliments de bétails et la prévention de maladies d’animaux. Les 50 milliards de FCFA représentent 35% de ce budget.

Enfin, 50 milliards de FCFA représentent 34,5% des 144,869 milliards de FCFA du budget des Infrastructures devant servir au bitumage des routes et la réalisation de pistes rurales afin de permettre la mobilité des personnes afin de faciliter les échanges commerciaux.

50 milliards par rapport à l’enveloppe allouée aux salaires

Dans le budget de l’Etat 2017, les recettes que le Burkina a pu mobiliser en interne ont été de 1 320 milliards de F CFA sur près de 1 450 milliards de FCFA prévus. Une contreperformance, doit-on affirmer.

On se rappelle que durant le premier trimestre de l’année, les agents collecteurs des Impôts, du Domaine et du Trésor ont mené des grèves et des sit-in intempestifs. Ces différents mouvements ont impacté négativement la mobilisation des recettes. Ces recettes proviennent des perceptions d’impôts et taxes par la Douane, les Impôts et le Trésor public auprès des particuliers, du secteur informel, des petites et moyennes entreprises, des grandes entreprises privées et publiques, etc..

Au cours de l’année 2017, la somme de 570,04 milliards de FCFA a été consacrée aux salaires des agents publics. Cette somme représentait 43,18% des ressources collectées en interne. C’est dans le reste du budget que le gouvernement doit construire les salles de classe afin de remplacer les écoles sous paillote que les enseignants réclament. C’est encore dans ce budget que provient les frais de fonctionnement, de formation, etc.

En 2018, le gouvernement a revu à la hausse ses prévisions de recettes internes à 1 600 milliards de FCFA. Une cible qui sera difficile à atteindre si le pays connaît toujours cette agitation sur le plan social. En même temps, l’enveloppe dédiée aux salaires des fonctionnaires a aussi augmenté, passant de 570,04 milliards de FCFA en 2017 à 631 milliards de FCFA en 2018. Cette enveloppe représente 40% des recettes internes. Si l’on ajoute les 50 milliards de FCFA que représenteraient les revendications des enseignants, on se retrouve avec 42,5% des recettes internes consacrées aux salaires.

Le gouvernement a ouvert la boîte de pandore avec les magistrats, certes, mais que faire?

Adoua Kassiro

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