Face-à-la-question-de-la-corruption-qui-est-revenue-sur-les-devants-de-l’actualité-nationale-le-président-Roch-doit-agir-sans-état-dâme-300x185Excellence Monsieur le Président du Faso, Président du Conseil des Ministres,
Nous avons l’honneur, par la présente, de porter à votre connaissance notre lecture sur la problématique de la rémunération des agents de la fonction publique.
Excellence Monsieur le Président du Faso,
En 2014, à la faveur de la relecture de la grille indemnitaire consacrée par l’adoption du décret n°2014-427/PRES/PM/MEF/MFPTSS du 19/05/2014 portant régime indemnitaire applicable aux agents de la fonction publique d’Etat, le traitement indemnitaire a semblé bénéficier d’une certaine accalmie de la fronde sociale. Cependant, ce même décret a encore engendré des inégalités entre les agents publics compte tenu de la nature et des taux disparates de certaines indemnités.
Au lendemain de votre prise de fonction à la magistrature suprême, le monde du travail va assister à une revalorisation du traitement de certaines catégories de travailleurs à travers la prise de mesures favorables à leurs revendications. Le scenario de revalorisation sectorielle de la rémunération a atteint son paroxysme en 2017 avec une fronde sociale que d’aucuns ont qualifié de « corporatisme syndical démesuré ». 
Notre analyse nous conduit à affirmer que la réduction des injustices et des iniquités criardes qu’il nous a été donné de constater en 2016, 2017 et 2018, devrait être pour votre Gouvernement, l’une des préoccupations centrales que vous devriez résoudre avec diligence. En effet, un Etat soucieux d’une administration productive ne peut bien fonctionner en invitant implicitement chaque corps à des mouvements sociaux pour obtenir ce qui lui revient, le plus souvent de droit, notamment un traitement équitable avec les autres.

Excellence Monsieur le Président du Faso,
A travers votre message à la nation en fin d’année 2017, après avoir constaté les dangers de ce qui est qualifié de « cas par cas », vous avez sonné le glas de cette approche, en manifestant ainsi votre volonté de reformer le système de rémunération des agents publics de l’Etat pour plus de justice et d’équité. 
Pour ce faire, en février 2018, vous avez invité la classe syndicale et les forces vives de la nation à des concertations en vue d’apporter des solutions durables et équitables à cette disparité de traitements entre les agents de la même fonction publique. Certains syndicats ont décidé de ne pas y participer, conformément à leur lecture des choses ou à une logique syndicale qui leur est propre. Pour notre part, les iniquités actuelles ne peuvent être propices à un climat apaisé de production dans la fonction publique. Nous nous inscrivons donc dans la démarche de réforme du système de rémunération des travailleurs de l’Etat, pour plus d’équité. 
Comment justifier que certains agents de notre administration soient bénéficiaires de « primes de rendement, de fonds d’équipement, de fonds de motivation, de fonds communs, etc. » dont les montants vont du double au triple, voire plus, de l’élément fondamental qui est le salaire ? 
Il est inadmissible voire incompréhensible de constater que dans une même fonction publique, un agent de catégorie E (sans diplôme) dispose d’une rémunération largement supérieure à celle d’un cadre supérieur, Catégorie A (Master). 
Notre correspondance est la résultante de l’observation de ces inégalités drastiques entre les agents publics, inégalités qui sont de plus en plus le lit du laxisme, des formes de corruption, des revendications sectorielles, etc. Il est inutile de rappeler que tous les travailleurs de tous les départements ministériels concourent au bon fonctionnement de notre Administration publique et partant, notre pays. 
Loin de nous, toute idée de croire que le silence des syndicats signifie l’acceptation continue de ces traitements iniques entre les agents publics, notre démarche est interpellatrice pour la réduction de cette situation. 
Aller vers l’équité au profit de tous les travailleurs ne saurait être perçu comme un moyen de les diviser, à notre sens ; loin de là ! Il est plutôt le véritable moyen de rétablir dans la fonction publique, la cohésion et l’harmonie au sein des travailleurs de tous les emplois. 
La fonction publique est un système où chaque emploi constitue un maillon essentiel qui concourt à la réalisation des missions de service public. La diversité des emplois de notre administration ne saurait être utilisée pour justifier les traitements inéquitables entre les agents. Cette diversité participe du principe de management et du bon fonctionnement de l’Administration publique et partant, de l’économie nationale. Nous reconnaissons certes que les doigts de la main n’ont pas la même taille, mais nous estimons qu’aucun, en terme d’importance n’excède son semblable deux, trois ou quatre fois, n’empêche qu’ils travaillent tous harmonieusement ensemble à la satisfaction du corps humain.

Au regard de ce qui précède, nous faisons les recommandations suivantes :
1. La relecture de la grille salariale avec pour principe fondamental « à diplôme égal, salaire égal » ;
2. La relecture de la grille indemnitaire pour harmoniser les taux des indemnités (astreintes, responsabilité, etc.) entre les emplois ; 
3. La création d’indemnités spécifiques pour tous les emplois de l’Etat ;
4. L’institution « de primes de rendement et des fonds de motivation » au profit de tous les agents de la fonction publique d’Etat ;
5. L’adoption d’un seul Statut général de la fonction publique devant régir tous les agents publics de l’Etat ;
6. L’augmentation du niveau des salaire des agents de la fonction publique ;
7. L’implication de tous les syndicats des ministères et institutions à la conférence nationale sur la réforme du système de rémunération des agents publics ;
8. La tenue d’un fichier normalisé des structures syndicales au Burkina Faso.
Nos attentes ne peuvent être toutes transcrites en ces quelques lignes. Cependant, nous voulons signifier que l’apaisement du climat social dépend de la résolution de la problématique de l’équité dans la rémunération des agents de la fonction publique.
Sachant compter sur votre diligence, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Président du Faso, nos considérations distinguées.

Ont signé :

SYNAGRH

Souleymane ZOROME SACEFP

Moussa BANGRE SYNATRACT

Assamy ILBOUDO SYNAPDH

Salfo GOUBA
78 82 16 60 78 41 55 93 70 77 66 49 76 55 83 86

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