kouameneMoïse et Michaël Kouamé représentent l’avenir du tennis tricolore. Une aventure qui rappelle celle des soeurs Williams. Des courts de Sarcelles à ceux du prestigieux stade de la Croix Catelan dans le Bois de Boulogne. C’est le grand écart réalisé par Michaël Kouamé (11 ans) et son frère Moïse (9 ans), il y a quelques mois. Encore hauts comme trois balles (1,56 m et 1,44 m), les deux frangins font partie des grands espoirs du tennis français. Alors que l’équipe de France dispute actuellement la finale de la coupe Davis, l’aîné enchaîne déjà les tournois en Lituanie et en Italie avec le maillot bleu sur le dos. Il est le numéro 2 tricolore de sa catégorie d’âge. Le benjamin, encore trop jeune pour être classé, est annoncé comme un vrai phénomène. Même son frère, qui « déteste perdre », en convient : « Pour l’instant, je le bats, mais… »

Venus au tennis il y a 6 ans pour imiter une de leurs soeurs aînées, ils ont d’abord été détectés par la ligue du Val-d’Oise. Avant d’entrer dans le giron de la ligue de Paris, de la Fédération française de tennis et du Paris Lagardère. Ils croisent désormais les pros du circuit et ont fait sensation en marge du dernier tournoi de Roland-Garros. Invité à échanger des balles avec un certain Rafael Nadal, dont il a le même équipementier, Moïse avait claqué un coup droit sous le nez du Matador avant de lui lancer : « Vamos ! » L’Espagnol avait répondu par un large sourire…

La maman officie comme kiné, coach et prof de ses fils

Pour vivre l’aventure jusqu’au bout et « n’éprouver aucun regrets », la maman, Suzanne, décide l’an dernier d’emmener toute la famille à Paris pour éviter les heures perdues dans les embouteillages. Les Kouamé quittent le pavillon val-d’oisien pour un appartement du XVIe arrondissement. La maman débute même une formation d’aide soignante avec l’idée de travailler la nuit. Mais la charge de travail est trop lourde pour celle qui officie comme kiné, coach et… prof de ses fistons en 5e et CM1 à domicile, le matin.

Le parcours des deux garçons aux origines camerounaise (la mère) et ivoirienne (le père) n’est pas sans rappeler celui des soeurs Williams. « On compare souvent avec d’autres fratries, mais ça reste avant-tout des passionnés qui croient en eux avec conscience des étapes à franchir, assure la maman. On entend des choses, qu’on n’a pas la bonne couleur de peau, les bons cheveux… Je sais que ce sera peut-être plus dur pour eux, qu’ils devront être meilleurs. Mais il ne faut pas se victimiser. Le plus important est qu’ils soient heureux. Ils sont conscients d’avoir une vie à part. Je n’ai pas envie qu’on leur mette de la pression. On sait que tout peut s’arrêter… ou devenir une belle histoire. »