basicDans le cadre des activités commémoratives du 20e anniversaire de la Renaissance démocratique du Burkina Faso avec le président Blaise COMPAORE, Ouagadougou a abrité du 14 au 16 octobre 2007 un colloque international sur la démocratie et le développement en Afrique. À cette occasion, Salif Diallo dans une interview avait déclaré :

« … je n’ai jamais vu des gens qui veulent exprimer leur droit et leur liberté et qui empêchent d’autres, d’en faire autant. Ceux qui se réclament du mouvement sankariste ont organisé leur commémoration à leur manière, nous également, nous estimons que cette date a eu une incidence sur la vie nationale et nous avons organisé des manifestations liées à cela. C’est notre liberté, et c’est notre devoir également. … Et nous accordons également la liberté à nos contempteurs d’en faire autant. NOUS NE SOMMES PAS POUR LA PENSÉE UNIQUE AU BURKINA FASO. Nous ne sommes pas contre les libertés ici au Burkina Faso. Nous ne sommes pas de ceux-là qui ne veulent faire voir qu’une seule couleur.

C’est contre justement de pareilles attitudes que les problèmes ont surgi le 15 octobre 87. Le fait de vouloir amener, contraindre, par la répression, les méthodes les plus bureaucratiques des gens à avoir une pensée unique, voilà la source du problème. NOUS DISONS QUE C’EST LA LIBERTÉ ET PERSONNE NE PEUT NOUS TERRORISER INTELLECTUELLEMENT. LE TERRORISME INTELLECTUEL NE PEUT PAS S’OPPOSER À NOUS. 
… Il y a eu le 15 octobre 87 une situation difficile, qui a entraîné des pertes en vies humaines, il faut le reconnaître, cela est triste, cela est extrêmement regrettable. MAIS CE N’EST PAS POUR AUTANT QUE LE BURKINA FASO VA S’ARRÊTER DE VIVRE ET DE FONCTIONNER. Ce n’est pas pour autant que nous, nous allons nous terrer, parce que l’histoire s’écrira un jour et GÉNÉRALEMENT, CE N’EST PAS CEUX QUI CLAMENT QU’ILS ONT RAISON QUI ONT SOUVENT RAISON. … »

Propos recueillis par Frédéric ILBOUDO, in L’opinion N°524 du 24 au 30 octobre 2007
Source : http://www.zedcom.bf/actualite/op524/dossier.htm

Avec cette même franchise, il avait affirmé le 15 aout 2005 que « … en politique, on ne prend pas des décisions sur la base de ce que va dire X ou Y. On prend froidement les décisions en fonction des intérêts immédiats et lointains de son parti. C’est là qu’on reconnaît l’homme politique qui, contre toute attente peut prendre une décision qui sera saluée par l’histoire plus tard. Alors que dans l’immédiat, c’est l’incompréhension. »

Source : http://lefaso.net/spip.php?article9295

Et c’est cette franchise qui avait également amené Salif Diallo à donner une interview publiée par L’Observateur Paalga le 17 juillet 2009, dans laquelle il appelait à une refondation des institutions du Burkina, notamment la dissolution de l’assemblée nationale et l’instauration d’un régime parlementaire. Lesquels propos lui avait valu d’être suspendu de toutes les instances du CDP par les responsables du parti au pouvoir à l’époque alors qu’il était l’ambassadeur du Burkina Faso en Autriche et surtout premier vice-président du CDP.

Salif Diallo était un homme qui assumait ses pensées, idées et opinions. S’il ne t’aime pas, il te dit qu’il ne t’aime pas. Et s’il devait travailler à te détruire, c’était sans états d’âme.

Alors arrêtons d’être hypocrites au point d’être ridicules dans nos déballages dithyrambiques. Dignement rendons à l’homme l’hommage qu’il mérite vraiment. Qu’il repose en paix.

Celui qui estime que le moment est mal choisi pour faire une telle publication peut se rappeler ces propos du défunt Salif Diallo : « NOUS NE SOMMES PAS POUR LA PENSÉE UNIQUE AU BURKINA FASO … NOUS DISONS QUE C’EST LA LIBERTÉ ET PERSONNE NE PEUT NOUS TERRORISER INTELLECTUELLEMENT … ».

 

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