serges-henriL’immense acteur de cinéma, Serge Henry revient dans les lignes ci-dessous, sur sa vie, son enfance et ses débuts dans le cinéma sans oublier sa famille. Métisse d’un père français et d’une mère burkinabè, le natif de la ville de Léo se dévoile. 

Topinfo Plus : Ou est-ce que vous êtes né Serges Henry ?

Serges Henry : Je suis né à Léo un bon village de la Sissili et je suis fier de le dire. Ce qui veut dire aussi que quand on nait dans un village on peut vivre longtemps même si les conditions de vie à l’époque étaient plus difficiles. La preuve est que j’ai eu une poliomyélite que j’ai pu surmonter mais avec quand même une jambe un peu mal formée. Mes parents m’ont soutenu et grâce à Dieu j’ai surmonté ce léger handicap.

Topinfo Plus : Cette polio ne  vous a donc pas empêcher de vous épanouir ?

Non bien au contraire. Je crois que cela m’a endurci. Ne pas marcher comme les autres était une différence qu’il fallait surmonter. Il fallait obliger certaines personnes à oublier ma  polio et à me considérer comme les autres.

Topinfo Plus : N’était-ce pas difficile que l’on puisse vous considérer comme les autres vous qui êtes métisse d’un père français blanc et d’une mère burkinabè ?

Serge Henry : Ce n’est que le teint qui faisait que l’on m’appelait « café au lait » sinon  j’étais comme tous les autres enfants.  Mon père était instituteur et après il est devenu commandant de cercle, donc j’étais un enfant de privilégié qui avait 03 repas par jour et le pain et son beurre mais mes parents m’ont toujours appris à être humble. Ils me disaient toujours « Tu ferais mieux de te mettre dans la tête que c’est nous qui sommes ce que nous sommes et toi tu es comme les autres… ».

Topinfo Plus : Et comment êtes-vous arrivé au cinéma ?

Serge Henry : le métier d’acteur n’était pas vraiment dans ma tête au début. J’ai commencé comme laborantin à la SN SOSUCO à Banfora. Je connais le travail d’usine avec les rotations. J’étais un peu faché avec mon père parce que j’avais raté mon baccalauréat à 02 reprises et il m’a cherché du travail à la SOSUCO. J’y suis resté pendant une année.  Et j’ai postulé à un autre service à Ouagadougou  toujours comme laborantin et au bout de 02 ans on m’a licencié pour effet de grève. On était en grève parce que la société nous coupait de l’argent pour soi-disant reverser à la caisse nationale de sécurité sociale pour notre retraite mais au bout d’un certain temps quand nous avons vérifié aucune cotisation n’y avait été versée.  J’ai alors entrainé quelques camarades dans la grève et nous avons été tous remerciés.

Et puis  dans les années 80 il y a CINAFRIC, une société de cinéma qui se montait. J’y suis allé et on m’a pris comme un homme à tout faire au niveau de la production. Mais pour ce qui concerne vraiment mon entrée au cinéma c’est à partir de Vis-à-vis que nous avons pensé avec le réalisateur Dao. Nous avons tenté l’expérience et ça a été formidable. Ça a été diffusé à travers le monde.

Topinfo Plus : que pouvez-vous nous dire sur votre petite famille ?

Serge Henry : J’ai une épouse formidable et je ne le dis pas parque je suis devant vous. On s’est connu au moment où je n’étais même pas quelqu’un. Je touchais 3000 FCFA par spot que je réalisais et comme j’en faisais à peu près 05 par mois, ça me faisait 15.000FCFA par mois alors qu’elle était à l’université et elle touchait mieux que moi car sa bourse était plus conséquente.  Nous avons eu 03 enfants depuis et l’ainé à 36 ans et la dernière 21 ans et j’espère la marier le plus tôt possible. Rire Mais je commence à charger mon fusil parce que ses filles elles ne tombent pas amoureuses de celui qui vous plait… Rire

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