lopezCeci est la déclaration liminaire de la présidente du Cadre de Concertation National des Organisations de la Société Civile (CCNOSC), Safiatou Lopez lors de la conférence de presse sur la situation nationale qu’elle a animé ce jour 18 mai 2018 à Ouagadougou. 

Mesdames et messieurs les femmes et hommes de médias, avant tout propos, nous tenons à vous saluer et à témoigner notre reconnaissance envers vous pour votre constante mobilisation à porter haut le flambeau de l’information relative à l’actualité nationale.

L’actualité politique et économique est marquée par une effervescence des revendications sociales, des aspirations profondes pour la justice notamment avec l’ouverture du procès des ex-membres du gouvernement TIAO sous Blaise Compaoré, la question de la gouvernance et de la vie chère.

Face à tout ceci, les politiques tardent à apporter des solutions pour la satisfaction de cette plateforme sociale. C’est dans un tel contexte que le Cadre de Concertation National des Organisations de la Société Civile (CCNOSC) est interpellé à donner sa lecture de la situation nationale, mais aussi faire des propositions à même de contribuer à faire baisser la fièvre de la tension sociale surchauffée, autour des questions suscitées

De la justice

Trois ans après la répression barbare et inhumaine du pouvoir Compaoré sur les manifestants des 30 et 31 octobre 2014, le procès du gouvernement TIAO a été ouvert et le CCNOSC salue les acteurs judiciaires qui malgré les nombreuses pressions politiques ont conduit l’instruction des dossiers pour aboutir à un procès dont la vérité et la justice doit être les principes cardinaux de ce procès historique et pédagogique.

L’ouverture de ce procès est le bienvenu en ce sens, qu’il permettra de soulager les parents des victimes et aussi définir les réparations et les dédommagements. C’est pourquoi, nous encourageons la justice à continuer à toujours affirmer son autorité, pour que les dossiers de crimes de sang et économiques pendants, connus soient traités avec diligence, afin de mettre fin à l’impunité dans notre pays. La justice si elle veut redorer son blason et faire son insurrection, elle doit s’émanciper des hommes politiques véreux et cupides, qui font obstruction face à l’avancement des dossiers dont leurs noms sont cités.

Les textes à eux seuls ne suffisent pas à la justice d’affirmer son indépendance, il faut y ajouter de la volonté personnelle et des valeurs cardinales humaines, qui régissent notre société. C’est en ce sens que le CCNOSC salue la mise en place d’une commission d’enquête au niveau du Conseil Supérieur de la Magistrature, pour enquêter sur les supposés juges véreux trempés dans les affaires de corruption et d’obstruction, pour la manifestation de la vérité sur certains dossiers de crimes de sang et crimes économiques. Du reste, le CCNOSC souhaite que ce rapport soit rendu public et que les sanctions disciplinaires et pénales soient prises en ce sens.

De la gouvernance du parti au pouvoir

Plus d’un an après l’avènement du président Rock Marck Christian KABORE au pouvoir, à l’issue des élections démocratiques, le peuple burkinabé dans son ensemble espérait mieux dans la gouvernance comme il l’a exprimé à travers l’insurrection populaire des, 30 et 31 octobre et la résistance au putsch de septembre 2015.

Le CCNOSC toujours dans la dynamique de veille citoyenne, est au regret de vous dire que l’espoir suscité par cette élection est devenu un leurre. En effet, le constat que notre organisation fait de la gouvernance de la majorité présidentielle est la même chose que les forces sociales et progressistes en font. Il suffit de lire les différentes réactions des acteurs sociaux pour s’en convaincre que le parti au pouvoir est dans une attitude démagogique et populiste, pour ne pas dire que le pouvoir actuel navigue à vue.

De la gouvernance à la relance de l’économie sans oublier les dossiers judiciaires pendants, la majorité présidentielle n’apporte pas de réponses concrètes aux préoccupations légitimes des populations. La corruption, les détournements des deniers publics, l’acharnement sur les acteurs politiques et civils, l’achat de conscience, tous ces maux qui ont fait la pluie et le beau temps au CDP dont le MPP avait promis toutes ruptures sont actuellement les maux qui gangrènent notre vie politique. On peut sans risque de nous tromper dire que le MPP est une copie conforme du CDP qui ne fait pas mieux.

 

Comme le dit l’adage, « on a déshabillé Paul pour habiller Pierre », s’applique dans notre cas actuel. Rien n’est fait pour la moralisation de la vie politique. Les anciennes pratiques de la mauvaise gouvernance comme la politisation de l’administration, la promotion de la médiocratie, le silence absolu sur les détournements qui concernent les proches des dirigeants, les marchés de gré à gré au mépris de toutes les règles élémentaires de passation de marché sont les valeurs que le MPP poursuit dans sa gouvernance.

 

Pour tout simplement dire que la rupture promise par le MPP pendant les campagnes n’est plus à l’ordre du jour. Pour le CCNOSC, tout est pire qu’avant et le MPP est responsable, et portera cette énième duperie du peuple devant l’histoire pour toujours s’il ne change pas radicalement son mode de gouvernance pour se mettre en phase avec l’esprit de l’insurrection populaire. De la vie chère Depuis quelques semaines, les populations ont constaté une augmentation vertigineuse des prix des denrées de premières nécessités sur le marché. Notre organisation, exige du gouvernement de prendre, des mesures idoines pour stopper la flambée des prix des produits de grandes consommations, renforcer le contrôle des prix sur toute l’étendue du territoire, afin de dissuader les commerçants véreux qui s’adonnent à ce jeu. Elle exige par ailleurs le contrôle des entrées des produits au niveau des frontières, dans un contexte où l’enrichissement illicite de certains commerçants les incite à faire rentrer sur notre sol des produits impropres à la consommation. Le peuple ne peut plus continuer à souffrir par la faute des gouvernants, qui ont fait de la paresse intellectuelle, leur mode de management des politiques publiques.

 

Le pouvoir actuel doit se réveiller de son laxisme et de sa lourdeur, pour voir les réalités en face, car les chiffres servis par les spécialistes des ministères ne sont en aucun cas les problèmes réels des populations. Le taux de croissance de 6,2% avancé par le chef du gouvernement, qui est devenu un refrain pour lui à chaque sortie contraste avec les réalités quotidiennes du peuple dans son ensemble. C’est dans ce contexte de mal gouvernance et de paupérisation des masses populations que le CCNOSC a élaboré ce présent document sur « la situation nationale : entre amateurisme et tâtonnement, regard critique du CCNOSC/APDC » pour interpeller les dirigeants sur la nécessité de tenir leurs promesses électorales aux populations burkinabè. Le CCNOSC pour sa part, n’aura de cesse de se battre pour que le changement radical voulu par le peuple depuis l’insurrection populaire, soit une réalité.

 

Fait à Ouagadougou, le 18 mai 2017 Pour le CCNOSC/APDC Présidente Safiatou Lopez/Zongo

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