resoLe dicton est connu: «La corruption a peur de la lumière et de l’information». Les différents faits (sociaux, politiques ou économiques) insolites révélés et dénoncés via les réseaux sociaux au Burkina montrent que ce nouveau type de communication contribue à la lutte contre la corruption et donc, à la bonne gouvernance. Son impact social oblige les pouvoirs publics à marcher sur des œufs et à tourner sept fois leur langue avant de parler.


Preuves de Rakets mises en ligne en fin décembre 2017

Utiliser la technologie pour plus de transparence politique et mieux lutter contre la corruption, c’est le principe du phénomène «civic tech». Ainsi, au Burkina Faso, les internautes jouent sur l’effet de masse en transformant l’espace numérique en une plateforme puissante de dénonciation qui crée des nouveaux espaces de communications. Les exemples de leur impact social et même politique foisonnent.


Cérémonie de remise des tablettes aux 127 députés du Burkina Faso, le 10 novembre 2016

Gendarmes racketteurs.Courant décembre 2017, deux vidéos publiées sur le réseau social Facebook montraient des gendarmes burkinabè qui rackettaient des voyageurs. Cette vidéo indigne a obligé les autorités à agir. En effet, le Chef d’état-major de la Gendarmerie nationale, le xolonel Marie Omer Bruno Tapsoba, a révélé, le lundi 8 janvier, lors d’une conférence de presse, que les pandores concernés ont été identifiés, relevés de leurs fonctions et sanctionnés. Sans nier l’authenticité des vidéos ni préciser la nature des sanctions contre les gendarmes mis en cause, au moins, «Des mesures ont été prises et la sanction suit son cours pour atteindre un niveau assez élevé». Ce qui est déjà bon pour le moral.

Cet épisode montre que non seulement les responsables administratifs sont sensibles à ce qui se passe sur les réseaux sociaux, mais également qu’en signalant aux autorités les faits de corruptions, nous combattons la corruption. Tout en évitant les fausses informations, nous pouvons donc mettre mal à l’aise les corrompus et les corrupteurs.


Simon Compaoré, gilet pare-balles, AK47 à la main, invitant la famille Traoré à rester  »tranquilos »

D’autres faits marquants de 2017 ont été d’ailleurs révélés par les réseaux sociaux. Sont de ceux-là l’histoire des tablettes Huaweidonnées aux députés sur fond d’odeur de corruption, la bastonnade des chauffeurs routiers sur la route de Cinkancé suite à leur refus de payer la taxe UEMOA. «Je m’en fous de la vidéo!» du ministre de la Sécurité Simon Compaoré quand il a été montré sur les réseaux sociaux kalachnikov au poing et gilet pare-balles s’exprimer dans la cour d’un député démissionnaire du groupe parlementaire de l’Union pour le progrès et le changement (UPC). Toutes ces révélations sous la pression populaire montrent à quel point les réseaux sociaux sont devenus un observatoire du comportement social des autorités publiques. Désormais, avec ces nouveaux outils de communication, il faut réfléchir par mille fois avant de poser un acte. Car ils contraignent les acteurs politiques et tous ceux qui ont une responsabilité publique à ajouter de la propreté à leur agenda.

Mais au contraire, le réseau social Facebook a permis à certains citoyens de commettre des dérapages. Sont de celles-là les publications de fausses informations, de sujets polémiques, de photos obscènes et de d’atteintes au droit à l’image.

Théophile MONE

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