29La clôture des travaux de la conférence des forces vives sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat a eu lieu  le jeudi 14 juin 2018 à Ouagadougou, en présence du Premier ministre Paul Kaba Thiéba.
Débutée le mardi 12 juin dernier, la conférence des forces vives sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat a refermé ses portes le jeudi 14 juin 2018 à Ouagadougou. Durant ces trois journées,  des représentants du monde syndical, de la société civile, des membres du gouvernement, de la chefferie coutumière et d’organisations religieuses ont passé à la loupe le document de base portant sur le diagnostic du mode de rétribution des fonctionnaires. Après les travaux menés en ateliers et en commissions, trois  recommandations ont été émises par les participants. Selon le rapporteur général, Martin Konkobo, il s’agit de la mise en place d’un comité de suivi des résolutions de la rencontre et associant les forces vives de la Nation, la mise en place d’un comité technique chargé d’affiner les propositions de la conférence et une concertation entre le gouvernement et les collectivités territoriales pour leur prise en compte dans les différentes réformes. Sur le contenu du rapport général, l’un des participants, Souleymane Zoromé, par ailleurs secrétaire général du Syndicat national des gestionnaires des ressources humaines (SYNAGRH), a indiqué que les travaux de la conférence ont porté sur un grand ensemble (EPE, collectivités territoriales, fonctionnaires régis par la loi 081, les paramilitaires, les magistrats). « Il a été projeté trouver un nouvel échelonnement indiciaire de tous les emplois de l’Etat en tenant compte des statuts particuliers. Sur la base salariale de ces derniers, nous avons fait une moyenne pour réduire un tant soit peu les écarts », a-t-il annoncé. M.Zoromé a, toutefois, prévenu qu’aucun travailleur ne va systématiquement ou techniquement perdre quelque chose. « Mais il y aura 80% des fonctionnaires de l’Etat qui vont sentir une amélioration de leur salaire à hauteur de 29 000 F CFA pour compter du 1er janvier 2019 », a-t-il déclaré. Les « autres » fonctionnaires, a-t-il insisté, ne vont pas connaitre une baisse de leur traitement salarial. A ses dires,  un mécanisme intitulé « avancement blanc » sera mis en place. « Le travailleur titulaire d’un statut particulier ne verra pas son salaire réduit. Au contraire, ledit mécanisme d’avancement permettra à un certain moment aux autres travailleurs d’être logé au même niveau que le fonctionnaire bénéficiant d’un statut particulier », a-t-il expliqué. En outre, au plan de la grille indemnitaire, il a soutenu que le comité technique travaillera à ramener sensiblement au même niveau quatre indemnités (logement, technicité, astreinte et responsabilité). « Nous avons constaté des disparités énormes sur ce plan. Les écarts pour un même emploi se situent entre 2 000 F CFA et 180 000 FCFA », a-t-il révélé.
 « L’essentiel est sauvé »
Sur l’épineuse question du fonds commun, il a affirmé que les participants ont proposé son approvisionnement uniquement par les amendes, les pénalités, et les confiscations. Par ailleurs, il est prévu la fin des négociations salariales au cas par cas. En lieu et place, un mécanisme de révision des rémunérations permettra une hausse substantielle des salaires en fonction de la croissance économique. Pour le porte-parole des syndicats ayant pris part aux travaux, Guy Olivier Ouédraogo, l’un des plus grands acquis de la conférence réside dans la préservation de l’esprit d’équité au plan salarial. « Nous avons atteint notre objectif à travers la prise en compte de nos propositions dans le rapport final. 80% des travailleurs vont pouvoir voir leur traitement salarial évoluer vers celui des 20% qui avaient des statuts autonomes et autres et qui avaient des salaires nettement plus élevés », s’est-il réjoui. Quid de la nouvelle vision du fonds commun à l’issue de la rencontre? « Toute transformation quantitative nécessite de passer parfois par des moments difficiles. Nos camardes (du ministère en charge de l’économie et des finances) doivent essayer de dépasser cette situation. Dans 2 ou 3 ans quand tout sera stabilisé, nous pourrons ramener le dossier sur la table de discussion. Mais, je dois dire que nous ne sommes pas satisfaits en ce qui concerne le point relatif au fonds commun », a-t-il avoué. De l’avis du président du Conseil national des organisations de la société civile, Jonas Hien, les responsables des syndicats présents se sont « bien défendus » au cours des travaux en commission et en atelier. Pour lui, le plus important est que les fonctionnaires ne perdent pas leur salaire de base.  »Il y aura certes des ajustements, mais l’essentiel est sauvé », a-t-il dit. Quant au Premier ministre Paul Kaba Thiéba qui a présidé la clôture des travaux, il assuré que les recommandations des forces vives de la Nation seront mises en œuvre. « Nous veillerons à ce que le comité de suivi et le comité technique travaillent en étroite collaboration en vue d’opérationnaliser ces résolutions. Nous sommes à un tournant décisif de notre histoire commune », a-t-il estimé. Pour lui, le peuple burkinabè a toujours su s’inspirer de ses valeurs culturelles et ancestrales pour relever les défis. Tout en témoignant la gratitude du gouvernement aux différentes parties prenantes, il les a exhortées à relayer les recommandations de la conférence des forces vives de la Nation sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat jusqu’aux confins du pays.
Aubin W. NANA
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