Le conflit entre le fondateur du PAREN, Laurent Bado, et l’ex-président, ancien ministre de la Culture et du Tourisme, Tahirou Barry, ne date pas d’aujourd’hui. L’on se souvient de cette lettre de Laurent Bado à son ex-fils spirituel et filleul en politique dans laquelle il le qualifiait en ces termes: «Barry est un pervers qui n’a que la ruse pour arme au service d’une ambition politique inversement proportionnelle à sa taille physique, morale, spirituelle et intellectuelle».

Mais depuis la tenue du 4e congrès ordinaire du parti (les 29 et 30 juillet 2017 à Ouagadougou, sanctionné par l’élection de Pouswendé Michel Béré comme nouveau président) et la démission de M. Barry de son poste de ministre, les Burkinabè pensaient que la guerre entre les deux hommes était finie. Mais la dernière vague de démissions annoncées au sein du PAREN qui s’avère être un montage, de l’avis de certains membres du parti contactés au téléphone, vient montrer à quel point la guerre des chefs et les tentatives de déstabilisation sont toujours d’actualité.


Pouswendé Michel Béré, président du PAREN

En rappel, se basant sur une prérogative issue des délibérations de 2006 lui donnant de droit de trancher en cas de crise au PAREN, le Pr Bado avait estimé que le mandat de 5 ans de M. Barry avait expiré le 27 juin 2015. «L’investiture de Tahirou Barry est expirée en droit, matière que j’ai enseignée à l’université, et il ne peut rien entreprendre dans le parti. Il peut aller se plaindre devant qui de droit», avait affirmé Laurent Bado, l’air remonté.

Le maître à penser du parti accusait Tahirou Barry de beaucoup de choses: «Présidence catastrophique sur les plans administratif et financier, une gestion opaque des fonds du parti, par l’absence de communication, une tentative de mise en retraite politique du fondateur»«Au total, la présidence de Tahirou Barry a été une catastrophe due à sa soif boulimique du pouvoir, à sa nature double (un volcan couvert de neige!) et à son penchant psychopathe pour le mensonge et la ruse», avait tancé le fondateur.

Le fondateur s’était donc arrogé le droit de «mettre de l’ordre» dans la famille.

C’est ainsi que Tahirou Barry a été destitué à la tête du Parti de la renaissance nationale (PAREN) à l’issue du 4e congrès du parti qui s’est achevé le 30 juillet 2017 à Ouagadougou. Il a été exclu du parti pour indiscipline, de même que 3 autres personnes. Le nouveau bureau du PAREN, de 33 membres, est dirigé par Pouswendé Michel Béré, titulaire d’un master en ingénierie génie logiciel.

Une machination?

A l’ouverture des travaux du congrès, des militants visiblement acquis à la cause du Tahirou Barry avaient crié au complot, avant de claquer la porte, sous la conduite des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), dépêchés sur le lieu de la rencontre. Ce qui veut dire que la réconciliation interne n’a jamais eu lieu. Les querelles et les dissensions au sein du PAREN ont continué. Le malaise et le climat délétère au sein du parti ont persisté. Et les antagonismes aigus ont créé deux camps: d’un côté, le fondateur et ses alliés et de l’autre l’ex-président Barry et ses partisans. Les exclusions ont même empiré la situation.

C’est dans ce contexte qu’une liste d’une trentaine de démissionnaires du PAREN a été rendue publique sur les réseaux sociaux, donnant l’impression d’une saignée historique.

Mais Zakaria Bayoulou, lui-même faisant partie de la liste de ceux qui auraient claqué la porte, nous a dit au téléphone être très surpris de sa propre démission.

Il explique cette manœuvre par le fait que la liste des soi-disant démissionnaires est en fait les anciens membres du bureau que dirigeait M. Barry. Il ne s’agit donc pas de démissions, mais de montage interne orchestré par des adversaires politiques pour déstabiliser le PAREN.

Une machination qui sera sans doute dénoncée les jours à venir par les premiers responsables du parti.

Des démissions qui s’avèrent finalement être un Fake-news, une fausse information, dont les réseaux sociaux raffolent au Faso. Comme quoi, la source de l’information reste sacrée et les commentaires libres.

Théophile MONE

http://lesechosdufaso.net

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