bassLe débat sur la véracité ou non des écoutes téléphoniques qui incriminent le Général Djibril Bassolé dans le putsch de septembre 2015, s’est poursuivi ce vendredi au Tribunal militaire de Ouagadougou.

Les jours passent et se ressemblent au Tribunal militaire de Ouagadougou concernant les écoutes téléphoniques qui incriminent le Général Djibril Bassolé.

L’accusé se dit disposé à répondre aux questions sur les faits pour lesquels il est poursuivi mais refuse de réagir sur les éléments sonores qu’il qualifie de « falsifié, de sauvage, de truqué, de manipulé, de fabriqué sur internet ».

Le Général Djibril Bassolé est poursuivi pour complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, meurtre sur 13 personnes, coups et blessures sur 42 personnes et trahison.

Selon lui, les écoutes téléphoniques ont été fabriquées sur internet avec pour seul but de l’incriminer en tant que politicien gênant.

« Pour le parquet militaire, il est hors de question que le Général n’ait rien à voir dans le putsch. Ils (le parquet) ont tout fait pour m’empêcher d’avoir une liberté provisoire pour aller me soigner » a affirmé l’accusé.

Du côté du parquet militaire, les éléments matériels qui incriminent le Général Bassolé se trouvent justement dans les écoutes téléphoniques qui sont, selon ses dires, « une pièce du dossier reconnu par la chambre d’instruction donc véridiques ».

Le parquet militaire a expliqué que les écoutes téléphoniques ont été interceptées par les services de renseignement burkinabè qui les ont remis aux officiers de la police judiciaire (OPJ).

Mais le Général Bassolé dit ne pas y croire. « Comment se fait-il qu’une interception téléphonique se retrouve dans la presse et commenté ? » a demandé l’accusé tout en estimant que « c’est ahurissant mais comme c’est Bassolé, il faut l’accabler ».

Le parquet militaire dit ne pas savoir comment les écoutes téléphoniques se sont retrouvées sur internet mais a expliqué qu’au cours de l’expertise desdits écoutes, l’expert a trouvé des indices qui prouveraient que les communications entre le Général Bassolé et ses interlocuteurs, se sont déroulées via internet.

Pour le parquet militaire, ce n’est pas un acharnement contre le Général Bassolé comme celui-ci veut le faire croire mais estime que l’accusé est accablé par des faits matériels de complicité d’attentat et de trahison.

« Jusqu’au 29 septembre 2015 (…) les Institutions Républicaines étaient toujours menacées (…) des éléments du Régiment de sécurité présidentiel (RSP) ont refusé le désarmement(…) il s’est trouvé des personnes dont le Général Bassolé en relation avec des personnes extérieures comme Soro (Guillaume, président de l’Assemblée nationale) pour les inviter à tenir tête » a affirmé le parquet militaire.

Mais pour l’accusé, le 29 septembre 2015, l’attentat à la sûreté (putsch) pour lequel il est poursuivi, n’était plus à l’ordre du jour car le Général Diendéré selon ses explications, avait déjà abdiqué, le président Kafando avait déjà été réinstallé et un conseil des ministres avait eu lieu le 25 septembre 2015.

Selon lui, le parquet militaire dans l’impossibilité absolu de présenter la moindre preuve contre lui, essaie d’étaler le coup d’Etat jusqu’au 29 septembre 2015 et de s’adosser « à des écoutes téléphoniques hypothétiques ».

Mais pour l’avocat des parties civiles Me Prosper Farama, l’attitude de l’accusé n’est pas sérieuse.

« Ce n’est pas sérieux quand on sait que ses éléments d’écoutes ont été expertisés par un expert qu’eux-mêmes estiment être un des meilleurs au monde et qui a clairement dit qu’il n’y avait aucun indice de falsification ou de manipulation du document qu’il a traité » a-t-il affirmé.

De l’avis de Me Prosper Farama, la défense de l’accusé est très légère en ce sens « qu’elle consiste à dire en ce qui concerne les partis civiles, je ne réponds pas aux questions et en ce qui concerne le parquet, que les écoutes téléphoniques ont été manipulées ».

« Sa défense est contradictoire. Pendant, qu’il dit qu’il n’y a pas d’écoutes à son égard, il va à la cour de la justice de la CEDEAO et il demande à ce que l’Etat du Burkina Faso soit condamné pour l’avoir écouté et par conséquent ayant porté atteinte à sa vie privée » estime Me Prosper Farama.

Pour Me Guy Hervé Kam, autre avocat des parties civiles, le Général Bassolé a choisi de défendre son image politique quitte à ne pas se défendre.

L’interrogatoire du premier Général de Gendarmerie du Burkina Faso se poursuit le lundi 14 janvier 2019 à 9 heures au Tribunal militaire de Ouagadougou.

Agence d’Information du Burkina
Wurotèda Ibrahima SANOU

 

NDLR : la titraille est de la rédaction