damissL’audition du journaliste Adama Ouédraogo dit Damiss s’est poursuivie ce mercredi 10 octobre 2018. Tout comme la veille le Directeur de publication du mensuel « Le Dossier » a botté en touche ce qui lui est reproché.

 

Tout comme la veille, Damiss, accusé de complicité d’attentat à la sureté de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaires a botté en touche tout ce qu’on lui reproche comme constituant des faits qui l’incriminent. L’accusé affirme avoir fait son boulot de journaliste en se rendant au camp Naaba Koom II dans le feu de l’action même s’il n’a pas pu récolter grande chose, encore moins avoir fait un article pour rendre compte.Le parquet tout comme les avocats des parties civiles ne sont pas de cet avis. Ils pensent que l’accusé était en toute intelligence avec les putschistes et a belle et bien participé à la rédaction du communiqué du Conseil national de la démocratie (CND). Des consignes ont donc été donné au niveau des postes de gardes pour faciliter sa venue au camp Naaba Koom II la nuit du 16 septembre 2015. Un avis qui n’est ni partagé par Damiss et ses avocats, encore moins les autres avocats de la défense.

Pour Me Silvère Tiemterboumbou, un des avocats de la défense, on reproche à l’accusé Adama Ouédraogo d’avoir été au cœur de l’épicentre (camp Naaba Koom II) sans pour autant produire un article. « Est-ce qu’il est obligé de produire un article ? », se demande l’avocat. L’avocat fait l’analogie entre le fait pour le journaliste d’aller sur le terrain pour recueillir les informations et les militaires accusé dans ce putsch qui sont également allés sur le terrain. « Ce n’est pas la seule présence qui détermine la culpabilité », ajoute-t-il.

Le parquet militaire revient à la charge en demandant à l’accusé s’il se rappelle de ce qu’il avait dit devant la Chambre de contrôle qui vaut sa présence devant cette barre. Damiss répond par la négative. Le parquet lui fait lecture d’un passage extrait du plumitif sur interpellation réponse : « j’ai joint Gilbert Diendéré pour avoir des réponses (vers 22h) et il a dit qu’il était en réunion ». Toujours selon l’extrait lu, l’accusé après avoir communiqué avec le Général Diendéré a décidé de se rendre au camp Naaba Koom II et c’est sur place qu’il a su qu’il y avait une médiation en cours.

Alors que la veille devant cette barre, l’accusé a affirmé que c’est parce qu’il a su qu’il devait avoir médiation qu’il s’y était rendu. Damiss ne reconnait pas avoir tenu de tels propos devant la Chambre de contrôle de l’instruction. Il reconnait avoir appelé beaucoup de personnes ce jour-là, mais ne se rappelle pas avoir joint le Général Gilbert Diendéré.

A la lecture de cet extrait, Me Stéphane Ouédraogo, un des avocats de l’accusé soulève une exception et demande au président du Tribunal d’écarter cette pièce du dossier car il ne lui a pas été communiqué et le découvre pour la première fois. Exception consignée par le président de la police des débats. 
Le parquet militaire dit être surpris par la réaction de l’avocat qui a pourtant consulté le plumitif de la Chambre de contrôle. Dans cet échange entre l’avocat et le ministère public, les esprits s’échauffent et le président Seidou Ouédraogo recadre les parties en situant chacun dans son rôle. L’audition de Damiss reprendra le lundi 15 septembre 2018 à 9h.

Marcus Kouaman
(kmagju@gmail.com)
Lefaso.net

386.4kShares
 Share
 Tweet