francois-comSi il y’avait encore un doute sur le caractère  politique de la demande d’extradition de Mr François Compaoré,  et bien ce doute n’a plus lieu d’être.  Cette affirmation désormais partagée par nombre de Burkinabé s’explique par la célérité avec laquelle le parlement dominé par le pouvoir MPP a adopté  deux conventions à portée juridique. L’une porte  sur l’entraide judiciaire en matière pénale  avec la France et la seconde à pour but de faciliter les extraditions entre le Burkina et l’hexagone. Les deux conventions ont été  adoptées au pas de charge le 18 Mai 2018. Non content de cela, les tenants de la forfaiture en place ont mis toutes les chances de leur côté  en faisant adopter par l’Assemblée Nationale une loi qui consacre l’abolition de la peine de mort. Peine de mort dont la nouvelle constitution qui doit être soumise à un vote référendaire, consacre la disparitions de notre arsenal judiciaire. Il est bon de savoir que le vote de la loi sur l’abolition de la peine de mort s’est fait en violation des procédures réglementaires en vigueur à l’assemblée nationale.  De fait, le projet de loi a été  transmis hors délai au bureau de l’assemblée nationale. Pas une où  deux semaine de retard, mais tenez vous bien, un mois de retard. Dès lors on est en droit de se demander pourquoi donc une telle précipitation du législateur burkinabé  en vue du vote des deux conventions et l’abolition de la peine de mort. La réponse  à  cette question est simple.  Il suffit de se référer aux arguments des deux avocats de la partie Burkinabé lors de l’audition de Mr François Compaoré le 28 mars dernier à Paris. En somme  et pour faire court, ils ont promis aux juges français que l’Etat Burkinabé allait prendre toute les dispositions pour favoriser et donc faciliter l’extradition de Mr François Compaoré. Promesse tenue. Sauf que l’adoption des conventions et l’abolition de la peine de mort ne sont pas des éléments de preuves tangibles qui pourraient justifier l’extradition du frère cadet du Président Compaoré. L’extradition d’une tierce personnes repose sur des critères stricts et précis, par sur de vagues rumeurs sans fondements,  encore moins sur des ressentiments personnels. La demande d’extradition doit s’appuyer sur une mise en examen, une inculpation ou une condamnation. Dans le cas de Mr Compaoré,  il n’en est rien. Il a été entendu comme témoin dans le cadre de l’affaire Norbert  Zongo et il a été relaxé. Il est à préciser  que l’enquête a été menée par une commission d’enquête indépendante dont le rapporteur n’était autre que Robert Menard   Secrétaire Général de Reporter Sans Frontières. Entre outre, last but not the least, depuis la réouverture du dossier Norbert Zongo ordonné par la dictature sous la transition, aucun élément  nouveau  substantiel n’a été ni découvert encore moins publié. Aucun témoin pour étayer les accusations contre Mr François Compaoré. Pourtant un des arguments des pourfendeurs de Mr François Compaoré était qu’il bénéficiait de la protection de son frère aîné  le Président Compaoré.  Quatre ans après le départ du Président Compaoré,  il n’y a rien de nouveau sous ciel. Est-ce encore le Président Compaoré qui protège son frère  depuis son exile en cote d’Ivoire ? Difficile à  croire. Si tel était le cas, il faut donc admettre qu’il est vraiment fort et le rappeler au chevet du Faso agonisant.  D’autant que le Burkina aurait grand besoin de lui dans le contexte actuel où  le pays tangue. Au regard de ce qui précède,  il n’est nullement besoin d’épiloguer sur la caractère politique de la demande d’extradition de Mr François Compaoré. C’est une évidence. C’est ce qui fait dire à certains juristes que la loi portant abolition de la peine de mort devrait  s’appeler la loi François Compaoré. Car tailler sur mesure pour faciliter son extradition. Mais pourquoi s’acharne t-on autant contre un burkinabé en exile depuis 4 ans ? Question qui vaut son pesant d’or. Et bien selon toute vraisemblance, certaines autorités de la forfaiture en place craignent plus François Compaoré que son frère. Car en cas de chute de leur régime,  ils redoutent  le retour de la manivelle. Mais pourquoi une telle crainte si on a rien à se reprocher ? De Fait,  aujourd’hui les langues se délient, les insurgés sont désabusés. Les commanditaires et les principaux acteurs des incendies des domiciles des leaders du régimes Compaoré sont connus. Les cerveaux de la campagne de diabolisation ourdie contre les frères Compaoré et les cadres du CDP sont connus. Enfin, dans la perspective de 2020, sans un dossier judiciaire qui permet de neutraliser FC (il ne s’agit pas du fond commun mais de Mr François Compaoré)  sa candidature est très redoutée par le MPP, car en l’absence de Salif Diallo leur stratège en chef, il est certain qu’il sera difficile de  le battre. CQFD…

Sidsoba Tapsoba