ericActe1.

Dans mon précédent post consécutif à l’émission « Dialogue citoyen » de la RTB du 13 février dernier, avec comme invité Eric Bougouma, ministre des infrastructures du Burkina Faso, j’annonçais que ce monsieur était un danger pour la République, eu égard au contenu de ses déclarations empreintes de contre-vérités et de roublardise. J’annonçais aussi que j’y reviendrais, preuves à l’appui, pour étayer mon propos. Eh bien, j’y suis, avec ce premier post d’une série de trois :
Des contre-vérités et de la roublardise : Interpellé sur son attitude paradoxale et ambivalente, consistant à clamer publiquement tout faire dans la transparence, tout en évitant soigneusement les journalistes qui veulent lui poser les questions sérieuses, comme ce fut le cas avec les journalistes du Journal Le Reporter, à propos du dossier de l’échangeur du nord (un véritable scandale fiscal reconnu même par les services des Impôts, Cf. Pièce 4), Eric Bougouma répond froidement qu’il n’en est rien et qu’il est ouvert à tout le monde. Il soutient que lorsque Le Reporter s’adressait à lui à propos dudit dossier, beaucoup d’autres confrères demandaient les mêmes informations et c’est la raison pour laquelle, il aurait préféré donner une réponse groupée et publique à tous, en conviant l’ensemble de la presse nationale sur le chantier de l’échangeur, occasion à laquelle il aurait donné à tous, les informations demandées, les documents contractuels y compris. Quelle roublardise! Oui, ceci est l’une des pires formes de mensonges et de roublardise que je n’ai jamais rencontrées dans mon expérience de journaliste et je dirai pourquoi, pièce sur pièce.
D’abord, notre démarche envers Eric Bougouma pour demander l’information au sujet de l’échangeur du nord remonte au mois de mai 2016. C’est le 23 mai précisément que nous lui avons adressé notre première correspondance de demande d’information (cf. Pièce 1). La fameuse rencontre sur le terrain que Eric Bougouma dit avoir organisé pour donner une réponse groupée à tous date du 30 janvier 2017 (cf. les liens des articles de certains confrères à l’occasion : http://www.sidwaya.bf/m-15053-travaux-de-l-echangeur-du-nor… ; http://news.aouaga.com/h/105889.html ). Je ne m’attarderai pas sur le temps écoulé (soit 8 mois) entre la date de notre demande et la rencontre en question. Chez Eric Bougouma, le grand apôtre de la transparence, très ouvert aux journalistes, lorsque toute la presse nationale demande des informations, il faut attendre 8 mois pour avoir une réponse. Mais là n’est pas le plus important. Eric Bougouma a dit sur le plateau de la RTB qu’il a donné toutes les informations demandées, y compris les documents contractuels (qu’il prétend que d’autres confrères avaient aussi demandé). Bonnes gens, parcourez les différents articles des confrères, rendant compte de cette fameuse rencontre. Dans quel article ressort un seul élément des informations demandées par Le Reporter dans sa lettre du 23 mai 2016 (pièce 1)? En tout cas, moi j’ai cherché en vain. Comment des journalistes peuvent-ils demander des informations, on les appelle pour leur donner ces informations et ils font un total black-out sur lesdites informations dans leurs comptes-rendus? Quelle est la vraie vérité de cette affaire? La voici :
1 – Eric Bougouma n’a remis aucun document de tous ceux que Le Reporter lui a demandé à aucun journaliste sur le terrain, le 30 janvier 2017. Ce qu’il a raconté sur le plateau, tout ministre qu’il est, n’est qu’un vulgaire mensonge, et je pèse mes mots. Tous les confrères ayant pris part à cette rencontre pourront l’attester.
2 – Aucun autre journaliste n’avait demandé à Eric Bougouma les mêmes informations que Le Reporter, contrairement au mensonge froid qu’il a servi aux téléspectateurs. Et je le mets au défi d’apporter la moindre preuve du contraire. Que retenir d’un tel ministre qui peut mentir aussi froidement à l’opinion? Chacun s’en fera certainement son idée.
En quoi a consisté en réalité la roublardise d’Eric Bougouma ? De Mai à Décembre 2016 (date de la publication de notre article sur l’échangeur du nord), Eric Bougouma nous a tournés en bourrique. Pendant tous ces mois, il a refusé, malgré nos multiples relances (cf. Le Reporter N°2014 du 15 décembre 2016) de nous donner les informations que nous lui demandions, sans toutefois nous le dire. Il croyait certainement pouvoir nous gagner à l’usure du temps et que nous renoncerions à écrire notre article, s’il ne donne pas les informations. C’était sans compter avec notre détermination. Le 15 décembre 2016, lorsqu’au bout de longs et fastidieux mois de recherches, nous publions notre article, dans lequel nous relations notre misère pour accéder à l’information, Eric Bougouma, certainement désarçonné, et en fin roublard, s’est précipité pour convier l’ensemble de la presse nationale sur le chantier de l’échangeur, pour tenter de contredire notre article. A l’occasion, sans toutefois donner la moindre preuve du contraire de ce que nous avons écrit, il a passé le temps à dires aux confrères que tout se passe dans la transparence et qu’il n’a rien à cacher. Pour lui, la transparence dans la gestion de ce projet de plusieurs dizaines de milliards de FCFA se résume à présenter aux journalistes les barres de fer, les fondations et le béton en train d’être coulé sur le chantier. Pour les contrats, le régime fiscal, les procédures de recrutement de l’entrepreneur, circulez, rien à voir. Drôle de transparence. Non? Et puis, Eric peut-il dire pourquoi il a payé de l’argent aux différents médias pour la publication des articles sur la visite, si tant est que ce sont vraiment eux qui lui demandaient les informations? En tout cas Le Reporter n’envoie jamais de facture à celui à qui il demande des informations.
Mais il n’y a pas que ça. Suite à notre lettre du 23 mai 2016, adressée à Eric Bougouma, un certain Yentema Yonli, SG d’alors d’Eric Bougouma, nous a écrit le 7 juillet 2016, pour nous dire qu’il était au regret de ne pouvoir nous donner les documents demandés. Il Argue que lesdits documents ont un prétendu « caractère privé et relativement confidentiel » (SIC). Après avoir parcouru de fond en comble la loi portant accès à l’information et aux documents administratifs, qui énumère de façon limitative les documents non communicables, nous n’avons vu nulle part dans cette liste les documents relatifs à un marché public. Nous écrivions donc au SG, le 11 août suivant (cf. pièce 2) pour lui demander la base légale de ses allégations. Cette correspondance est restée sans suite. Nous sommes parvenus par ailleurs à joindre Eric Bougouma par téléphone pour l’interpeller sur le traitement réservé à notre demande. Eric Bougouma dit ignorer l’existence de notre demande, tout en désapprouvant l’attitude de son SG (curieux tout de même qu’un SG puissent prendre sur lui de répondre à une correspondance destinée à son ministre, sans s’en référer à ce dernier au préalable. Mais bref). Il nous a promis de nous recevoir pour nous donner les informations. Après moult relances, c’est finalement le 13 septembre 2016 qu’il nous a reçus, en présence de ces proches collaborateurs dont le SG et la directrice de la communication. De remise d’informations, il n’en sera rien. Quelques échanges d’amabilités, puis on nous demande de repréciser nos préoccupations, pourtant déjà très bien connues. Après les avoir reprécisées, on nous demande de repartir et que les services techniques nous reviendraient dans les brefs délais. Jusqu’à ce que nous publiions notre article, ces services ne nous sont jamais revenus. Les appels téléphoniques sans réponse, ainsi qu’une lettre de relance en date du 23 octobre 2016 (cf. pièce 3) n’y feront rien. Eric Bougouma est resté Stoïque jusqu’à ce que notre article paraisse. Et c’est ce même monsieur qui peut reprocher sans sourciller aux journalistes de ne pas aller à l’information. Il faut vraiment le faire.
Ce n’est pas tout !

Yacouba Ladji BAMA

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