De plus en plus, les arnaqueurs, singulièrement appelés « brouteurs », continuent de faire des victimes aux pays des hommes intègres. Ces récentes années, ce phénomène qui faisait partie des « problèmes du voisin », s’est incrusté dans le quotidien des burkinabè. Les réseaux sociaux, les réseaux de téléphonie mobile, voici entre autres les nouveaux canaux pour appâter leurs victimes et les dépouiller de leurs biens. Pour mieux informer l’opinion, sans pour autant souffrir de redondance, et au regard du nombre croissant de victimes, ce mardi 6 mars 2018, le Commissaire Adjoint du Commissariat Central de Ouagadougou, Salvador Bougma et le Chef de la Brigade de Recherche, Moussa Thombiano ont accepter la demande de Zoodomail.com, pour réexposer le nouveau mode opératoire.


Le Chef de la Brigade de Recherche, du Commissariat de Ouagadougou .
La Brigade de Recherche(BR) du Commissariat de Ouagadougou reçoit de plus en plus de plaintes relatives à l’escroquerie d’honnêtes citoyens. Cette forme de délinquance, a fait savoir Moussa Thombiano, Chef de la BR du Commissariat Central de Police de la ville de Ouagadougou, fait pas mal de victimes ; et cela malgré les informations et les campagnes de sensibilisation déployées. 
Lorsque qu’on se réfère à nos statiques locales, dira-t-il, du mois de novembre 2017 en début janvier 2018, les plaintes se sont accrues et le montant cumulé s’évalue à plusieurs dizaines de millions.

En quoi consiste cette nouvelle forme d’escroquerie ?
En effet, il s’agit de gens mal intentionnés qui ont pris le malin plaisir de se faire passer pour des travailleurs des réseaux de téléphonie mobile. Ils appellent donc leurs cibles, leur font croire qu’ils sont des agents de ces sociétés (généralement Orange ndlr). Gagnant par ce statut la confiance de leurs proies, ils leur font savoir qu’ils sont heureux gagnants d’un lot ou d’un bonus. Par la suite, ils leur communiquent un code qui servirait à rentrer en possession du lot ou du soit disant bonus.

Qui n’a pas envie d’entendre de telles paroles sous le soleil accablant du pays des hommes intègres ?
C’est ainsi qu’ils invitent les victimes à se rendre auprès des kiosques (orange money) avec ces codes, question d’effectuer l’opération finale et rentrer en possession de leur gain. Ces derniers s’en vont remettre le fameux code envoyé par l’inconnu aux gérants, convaincus qu’ils sont des heureux gagnants, et que les gérants doivent simplement composer ce code pour leur permettre de recevoir le lot. Pourtant, une fois ce code composé, c’est une opération de transfert qui est effectuée. Cela veut dire que l’opération effectuée videra automatiquement le compte de celui qui fait les transferts (du gérant).

Voyez-vous à tel point, on peut abuser de la naïveté d’honnêtes citoyens ? s’est exclamé le Chef de la BR, à la suite de sa relation.

Est-ce que vous êtes rentrés en contact avec l’opérateur ? avons-nous questionné.
« Nous avons entreprit des démarches pour nous faire accompagner par l’opérateur dans le cadre de la lutte, et effectivement, ils nous sont en tout cas venus en soutien » répondra Moussa Thombiano. Par contre, ce soutien, dira-t-il, je l’estime insuffisant. « Nous avons souvent besoin de l’information en temps réel. Et pourtant, souvent lorsque vous faites des pétitions, ça traine. Ça peut faire une semaine, voire deux semaines, avant qu’on ne puisse avoir les résultats » déplore t’il. 
Chose qui joue énormément sur la lutte, fera-t-il savoir, avant d’expliquer que quand ils(les escrocs) arrivent à arnaquer une personne, ils jettent les puces, et ils en achètent d’autres. 
Pour le Chef de la BR, à ce niveau se pose surtout un problème non négligeable : « Celui de la multiplicité des puces qu’une personne puisse avoir ! ».
« Il m’est parvenu que dans un pays voisin, le même nom ne pourrait pour le même opérateur de téléphonie mobile avoir plus de deux numéros. Alors qu’au Burkina, c’est à loisir quand tu veux acquérir la puce autant que tu veux. Et aussi, il y a des puces qui ne sont pas enregistrés. Également, le fait que certains puissent venir avec la pièce d’identité d’une autre personne pour payer une puce. Cela n’est pas normal, parce que ça peut être une pièce ramassée », a défendu le commissaire. Pour lui, il y a des dispositions incontournables à prendre, pour, dit-il « rendre plus difficile la tâche des délinquants ».

« Deuxième forme d’escroquerie »
La forme d’escroquerie présentée n’est qu’une variante. Il y a une forme qui parait un peu classique, mais que beaucoup de gens continuent d’ignorer.
Pas plus tard qu’hier, explique Moussa Thombiano, on n’a reçu une dame qui s’est présentée dans nos locaux. Elle explique que quelqu’un l’a joint au téléphone pour lui dire qu’elle était bénéficiaire de matériel qui viendrait d’Europe, et que le matériel serait au niveau de la Côte Ivoire. Le même refrain ! Et donc, pour rentrer en possession des biens, elle a juste à payer les frais de transport. L’escroc prend le soin de souligner que tous les frais ont déjà été pris en charge. Voyez un peu l’hameçon ! 
Une chance pour elle qu’elle ait eu le réflexe de jauger l’offre. 
Mais honnêtement, combien de gens se sont fait arnaquer de la sorte ? Ce qui est étonnant, c’est que malgré les différentes sensibilisations, les plaintes ne font davantage que fuser, a observé le commissaire. 

Le commissaire de Police, et commissaire central adjoint de Ouagadougou
« Prudence et vigilance »
Pour Salvador Bougma, commissaire de Police, et commissaire central adjoint de Ouagadougou, les conseils qu’on peut retenir en la matière c’est appeler la population à plus de vigilance et de prudence.
Il faut que les gens se départissent des gains faciles, avancera-t-il. D’un air taquin, il poursuivra en ces termes : « tu sais que tu n’es pas un heureux gagnant et on t’appelle au téléphone, on te propose et tu bondis aveuglement sur l’occasion… ? ». Soyons plus prudents !
Pour le Commissaire Thombiano, lorsqu’une personne vous appelle, vous fait des offres, et vous trouvez alléchante, c’est mieux de s’assurer que derrière ne se cache une personne de mauvaise foi. Ce qui est étonnant, relève le commissaire, c’est que les numéros en question sont inconnus, les offres sont faites de façon inintelligente, pire, l’arnaqueur se permet de mettre la pression pour le transfert, et évite même de vous croiser… Lorsque vous verrez de tels cas, conseillera-t-il, il faudrait signaler tout de suite au poste de sécurité. 
Un autre conseil est d’éviter d’exposer sa vie et ses informations personnelles sur les réseaux sociaux, poursuivra le Chef de la BR. Pour lui, il faut s’assurer que toutes les personnes avec lesquelles on est ami sur ces réseaux sont réellement des gens qu’on connait. Il préconise également de restreindre l’accès aux informations personnelles à ceux qu’on connait exclusivement ou bien mieux à nos proches, de sorte à éviter qu’un malfrat ne vienne se glisser dans la toile, et se serve de tes propres informations pour t’escroquer. 
A l’endroit des sociétés de téléphonie mobile, pour Salvador Bougma, il faudrait qu’elles assurent une certaine crédibilité, et sincérité à leur niveau dans les informations et opérations, avant d’organiser les jeux. Parce que fait de cette façon, soutient le commissaire adjoint, les escrocs profitent des failles de ces sociétés pour arnaquer les populations. 
Pour l’instant, informe Moussa Thombiano, la Brigade de Recherche a déjà démantelé au moins deux réseaux dans cette nouvelle forme d’escroquerie. Ces malfaiteurs sont actuellement au niveau de la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou, ont déjà été jugés, et condamnés.
Une autre observation qu’a relevé le commissaire, c’est que ceux qui sont dans ce domaine, sont pour la plupart des expatriés.

GH

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