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PÉRIODE DE SOUDURE DANS LA KOSSI : LE «GNOUGOU» COMME ALTERNATIVE À SOIN

Par bol   /   vendredi, 10 Août 2018 07:24   /   Laisser un commentaire

kossiSoin, localité située à 7 km de Nouna, traverse une situation alimentaire difficile en cette période de juillet-août dite période de soudure. En effet, de nombreuses familles y peinent à s’offrir au moins deux repas par jour. Comme aliment de subsistance, certains font recours à des feuilles appelées gnougou en langue locale.

 

 

Yassibi Dembélé, c’est ainsi qu’elle se présente, la tête nouée d’un grand foulard pour se protéger des rayons du soleil de midi, avance le pas lent, presque tremblant. Munie d’un seau en plastique et d’une calebasse, l’octogénaire s’empresse de répondre à notre question de savoir ce qui l’amène dans cette touffe d’herbes. « Je suis sortie cueillir ces feuilles pour assurer le repas du soir. Avec le peu de mil qui nous reste, nous faisons recours au gnougou pour survivre en cette période difficile ». Les quatre pièces de 100 F que nous tendons à la mamie paraissent à ses yeux plusieurs billets de banque.

 

Plus loin, sous un karité, Awa Barro vanne du mil. C’est le fond du grenier, et la priorité est accordée aux enfants, selon la jeune dame.

 

Sur un ton humoristique qui cache mal son amertume, Bakary Konaté, un habitant de Soin, tente de mieux dépeindre la situation alimentaire dans son village : « Si vous étiez arrivé plus tôt, vous auriez vu plusieurs femmes cueillir les feuilles degnougou (NDLR : plante herbacée qui pousse aux alentours des concessions) ». De nombreuses familles sont actuellement dans le dénuement total et ne savent à quel saint se vouer. Alors le gnougou mélangé à de la farine de mil permet de ‘’gonfler’’ la marmite. Cette recette est prisée, surtout dans les familles nombreuses. Certains chefs de famille sont contraints de vendre leur bétail pour acheter des vivres. Cette année est très dure pour nous. On ne sait que faire si ce n’est s’en remettre à Dieu ».

 

La rupture de provisions touche de nombreux ménages à Soin, et selon Yaya Traoré, un autre habitant, cela est dû à la mauvaise pluviométrie enregistrée la campagne dernière. «Certains n’ont rien récolté. Il y a aussi le fait que beaucoup ont investi dans le coton, espérant faire de bonnes affaires mais cette culture a été très contre-productive. Du coup, la plupart des cotonculteurs ont été rattrapés par des dettes ; ce qui complique davantage la situation alimentaire », a-t-il expliqué.

 

En attendant que de bonnes volontés volent au secours des populations de Soin, certains n’ont pour seul espoir que les prochaines récoltes, qui n’arriveront pas de sitôt.

 

 

Boureima Badini

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