terro (2)Il se faisait appeler Hamadoun Aswad et il avait rejoint l’association Al-Irchad de Malam Dicko en 2012 à Djibo après que celui ci ait reçu son récépissé, créé une école coranique et debuté ses prêches sur les radios LRCD et Voix du Soum.

Alors que son corps, grièvement blessé, était étendu sur ce sol rendu humide par la pluie de la veille, il revoyait cette période où toutes les perspectives leur étaient ouvertes.

Leur petit groupe se rendait régulièrement, au Mali, de l’autre côté de la frontière et au contact du prédicateur Hamadoun Koufa, ils avaient compris qu’ils pouvaient donner un autre sens à leur engagement. Ils s’étaient donc radicalisés et avaient pris le nom de Ansarul Islam.

Il faisait partie de la trentaine de combattants qui avaient décimé le camp de Nassoumbou en décembre 2016, tuant 12 militaires burkinabé. Ce fut son baptême de feu et leur première grande victoire.
Après cela, Il ne cessèrent de harceler les forces de défense, d’intimider les représentants de l’État et de s’imposer aux populations locales.

Couché sur cette terre de la région de l’Est, il lui revint à la mémoire sa première blessure grave lorsque l’armée burkinabé avait entamé une riposte d’envergure, démantelé leur camp, les contraignant à se replier au Mali.
Il avait perdu beaucoup de sang mais rien de comparable avec aujourd’hui. Car aujourd’hui, il était incapable de fuir. Ses deux jambes avaient été sectionnées.

Il se souvint avoir échappé à l’assaut des soldats alors qu’on l’avait infiltré à Ouaga et qu’ils préparaient un attentat de grande envergure. Il s’en est fallu de peu qu’il se fasse tuer dans cette villa de Rayongo en mai 2018.

Son nom avait été omis dans la liste des146 terroristes recherchés et publiée en juin. C’est après cela qu’il avait rejoint le front Est.

Au Mali, il avait appris comment fabriquer des explosifs à l’aide d’engrais chimique. Il leur avait suffit de détourner des engrais destinés à des agriculteurs. Cela leur permis de poser des mines artisanales au passage de convois militaires et de tuer au moins 15 militaires.

Ils avaient eu l’ingénieuse idée d’investir la forêt, de s’accaparer un site d’orpaillage qui leur procurait des ressources, leur permettait d’endoctriner et de recruter des jeunes.

Ils avaient enfin un sanctuaire inviolable.

C’est ce que Hamadoun Aswad, (de son vrai nom Sawadogo Amado) croyait jusqu’à ce que la foudre leur tombe dessus.
Des avions étaient passés et puis le feu s’était déclenché dans un bruit et un fracas assourdissants.

Le camp était décimé et lui était étendu au milieu des gravas du site d’orpaillage. Autour de lui, la désolation.

Il entendit distinctement un hélicoptère s’approcher et il vit ensuite des soldats investir les lieux…

~~~ Cette histoire n’est que pure fiction sortie de mon imagination, toute ressemblance avec des faits réels n’est que coïncidence. Les noms et les lieux ont été cités au hasard. ~~~

Souleymane Ouedraogo