operation-anti-terroriste-les-terroristes-projetaient-une-attaque-en-juin-prochain_5b05ec48a685b_l250_h250Le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou a, au cours d’une conférence de presse, le mercredi 23 mai 2018 à Ouagadougou, donné davantage de précisions sur l’opération militaire de la nuit du 21 au 22 mai 2018, ayant conduit à l’arrestation d’un présumé terroriste et la mort de trois autres.

Les présumés terroristes débusqués au petit matin du 22 mai à Rayongo, dans l’arrondissement n°11 de Ouagadougou étaient installés dans cette maison rose depuis le 10 mai 2018. On le sait à travers le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou, Maïza Sérémé, qui a animé une conférence de presse, le mercredi 23 mai 2018 pour faire un point des enquêtes. Les trois individus tués au cours de l’interpellation se nomment Youssouf Ouédraogo et Sawadogo Abdoulaye alias Abdallah de nationalité burkinabè et Cissé Mohamed et Sandra Malick de nationalité malienne. Le présumé cerveau serait le nommé Sawadogo Abdoulaye qui nourrissait l’ambition d’installer une katiba au Burkina Faso et est impliqué dans l’attaque de la brigade territoriale de gendarmerie de Samorogouan du 9 octobre 2015, selon Mme le Procureur du Faso. Du film des événements décrit par Maïza Sérémé, on retient que l’opération de Rayongo est la résultante des diligences de l’équipe d’investigation mise en place dès les attentats du 2 mars 2018 et composée d’éléments de la gendarmerie, de la police nationale, de la police judiciaire et de l’agence nationale de renseignements. « Les quatre présumés terroristes ont refusé d’ouvrir la porte à la sommation de l’équipe d’intervention et ont plutôt ouvert le feu. Ce qui a donné lieu à des échanges de tirs jusqu’au petit matin », a informé le Procureur du Faso. Du matériel militaire, « véritable arsenal de guerre » selon les propos de la conférencière, a été découvert sur les lieux, notamment deux fusils de type AK47, un fusil mitrailleur PKMS, deux pistolets automatiques, un revolver, 1097 cartouches de 7,62 mm et 9 mm, 28 chargeurs pour fusil AK47, des pains plastiques, des clous, des cordons détonants, des détonateurs, des grenades, des tenues militaires de l’armée burkinabè (terre du Burkina) et de l’armée française, des appareils et du matériel de communication. « Il est établi qu’ils projetaient une attaque dans la capitale, courant juin 2018 contre des cibles importantes », a indiqué  Mme Sérémé. Elle a laissé entendre qu’une enquête de flagrance a été immédiatement ouverte pour association de malfaiteurs terroristes, assassinats, tentative d’assassinats, vols aggravés, détention illégale d’armes à feu et de munitions, le tout en relation avec une entreprise terroriste et pour financement du terrorisme. En sus, Mme le Procureur a soutenu qu’un lien a été établi entre les individus débusqués, lors de cette opération et les terroristes auteurs des attentats du 2 mars 2018, car soupçonnés d’appartenir au même groupe terroriste Al Mourabitoun. Aussi, a-t-elle ajouté : « une des plaques d’immatriculation trouvée dans la villa est celle du vélomoteur utilisé dans l’attaque de l’Etat-major général des armées. Une autre plaque saisie renvoie à un véhicule aux caractéristiques identiques à celui de marque Nissan Almeïra qui a explosé au sein de l’Etat-major général des armées ». Les journalistes ont interrogé le Procureur, entre autres, à propos du propriétaire de la maison louée par les présumés terroristes, sur le parcours de ces derniers, l’existence d’éventuelles autres planques et la nature des cibles visées. Maïza Sérémé n’a pas voulu donner plus de précisions qu’il n’en faut eu égard au caractère sensible de l’information en matière de terrorisme. Elle a ainsi déclaré ignorer quelles étaient les cibles prévues par les présumés terroristes, tout comme l’état actuel des enquêtes ne lui permettent pas de déclarer, si d’autres planques de terroristes existent. Elle a toutefois précisé que les interpellations continuent, une trentaine de personnes étant actuellement maintenues à disposition de la police judiciaire. Maïza Sérémé  a également admis que les enquêteurs ont entendu le propriétaire de la villa qui les a informés que les 4 individus avaient payé cash 120 000 FCFA pour trois mois de loyer par l’intermédiaire d’une tierce personne. Pour finir, le Procureur du Faso près le TGI de Ouagadougou a félicité la diligence des Forces de défense et de sécurité et les services de renseignements. Elle a également salué la mémoire du maréchal de logis-chef, François de Salle Ouédraogo, qui a succombé à ses blessures lors de l’opération d’interpellation de la nuit du 21 au 22 mai 2018.

Fabé Mamadou OUATTARA
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