La date était très attendue, la décision ne l’était pas moins. Finalement, la justice française semble décidée à faire durer le suspense. Le Petit Président François Compaoré ne sera pas extradé en ce 13 juin, date à chiffre symbolique, car ce pour quoi il est accusé, l’assassinat de Norbert Zongo, a été perpétré le 13 décembre, concordance de chiffres.


François Compaoré (ph Jeune Afrique)

Décidément, les renvois et autres reports sont devenus la routine dans les affaires de justice au Faso. Ici, le procès du coup d’Etat déjoué joue au jeu de cache-cache, une fois ouvert, et hop on referme pour des questions procédurales. Un prévenu n’a pas d’avocat, un avocat se déporte, un client réfute l’avocat commis d’office. Un vrai cercle carré qui fait trainer l’entrée dans le vif du sujet ou, pour aller dans le sens des juristes, entrer dans le fond du dossier.

Et voilà que ce mal s’est déporté jusqu’à Panam, dans l’affaire François Compaoré. La justice française a ainsi décidé du report jusqu’au mois d’octobre pour, dit-on, des compléments d’informations. C’est précisément le 3 octobre qui a été retenu, même si de ce chiffre il manque la dizaine pour faire 13. On reste cependant dans un mois tout aussi symbolique: octobre qui a vu, en 1987, en son 15e jour, un commando tirer et tuer le président du Faso, le capitaine Thomas Sankara, et 12 camarades.

Il faudra donc attendre encore avant de savoir si oui ou non François Compaoré sera renvoyé dans son pays pour répondre de ce qu’il sait de l’assassinat crapuleux du journaliste Norbert Zongo et ses compagnons d’infortune. Mais comme dit la sagesse, si longue que soit la nuit, le jour viendra.

Si on a pu attendre depuis 1998 sans savoir la vérité vraie sur l’assassinat de Norbert Zongo, attendre 3 ou 6 mois de plus ne coûte pratiquement rien. Il faudra se contenter déjà de la petite victoire qui est l’arrestation et la mise en examen de François Compaoré par la justice française. Ce qui était inimaginable avant l’insurrection qui a chassé son grand frère Blaise Compaoré du pouvoir.

O. H.

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