nafaAprès plusieurs localités du pays, c’est au tour de la jeunesse militante de la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA) de la capitale, Ouagadougou, de donner de la voix pour demander la libération de Djibrill Bassolé, arrêté le 29 septembre 2015 dans le cadre du coup d’Etat du 16 septembre 2015. Mobilisés dans le cadre d’une assemblée générale, les jeunes de ce parti ont, après analyse de la situation, lancé un appel à la « libération immédiate » du général Bassolé. C’était dans la soirée de ce jeudi, 21 septembre 2017.

 

‘’Le régime tente par tous les moyens de faire porter à Djibrill Bassolé, le coup d’Etat de septembre 2015’’, a indiqué le porte-parole des jeunes, Herman Ouilina, convaincu également que « le général est victime d’obscures manœuvres politiciennes aux antipodes de l’éthique démocratique ». Revisitant l’avis du groupe de contact de Nations-Unies du 30 juin 2017 sur le dossier, les jeunes militants de la section provinciale du Kadiogo de la NAFA ont rappelé que les normes juridiques internationales sont au-dessus des lois nationales et que, par conséquent, le Burkina se devrait de les respecter.

« Pour des dossiers qui sont dits bouclés et prêts à être jugés, les avocats de la défense ont appel en ce que certains textes du tribunal militaire sont anticonstitutionnels. Alors le juge constitutionnel saisi doit dire le droit avant que la procédure ne se poursuive : c’est de la cacophonie juridique qui n’est pas en l’honneur des juges du tribunal administratif », soutient le porte-parole, Herman Ouilina. 
Pour cette frange sociale du parti, la situation actuelle de Djibrill Bassolé porte un coup à la vie du parti et témoigne de la volonté du régime de liquider la NAFA.

« Nous, jeunesse de la NAFA section du Kadiogo ne pouvons plus supporter et rester silencieux face à cette situation », explique M. Ouilina avant de demander sa « libération immédiate ». Les jeunes de la NAFA disent fonder espoir sur leur idole pour la présidentielle de 2020.

‘’Il est clair et apparent que Djibrill Bassolé est un prisonnier politique ; parce que, lorsque des juridictions supranationales prennent des décisions (nous avons signé des conventions, nous sommes tenus de les respecter), et comme l’a dit le président Michel Kafando en son temps, sauf si le Burkina est un Etat voyou, sinon il doit respecter ses engagements. A ce titre, toute raison gardée, on doit tenir compte de l’intérêt supérieur de la nation, tenir compte de la justice, parce qu’elle est différente de la rue et c’est pour cela que ce n’est pas tout temps que la majorité peut avoir raison. La justice, c’est la justice et elle dispose pour l’avenir ’’, a exprimé le président par intérim de la NAFA, Pr Hama Mamoudou Dicko, saluant la mobilisation de la jeunesse autour de son « leader », son « idole », son « candidat » à l’élection présidentielle, général Djibrill Bassolé.

« Il y a combien de prisonniers au monde dont les Nations-Unies ne se sont pas prononcés sur le cas ? C’est parce que le cas de Djibrill Bassolé est vraiment un cas criard et atypique », insiste Pr Dicko qui dit ne pas comprendre que pour le même fait, certains aient recouvré la liberté provisoire tandis que Djibrill Bassolé se voit refuser le même traitement.

« Au niveau de la NAFA, cette situation est interprétée comme une justice incongrue, qui n’est pas équitable pour tout le monde, alors que la loi dispose pour tout le monde », a relevé le président par intérim de la NAFA avant d’interpeller le régime en place : « ce que tu ne veux pas qu’on te fasse, il ne faut pas le faire à autrui ».

Oumar L. Ouédraogo 
Lefaso.net

This Post Has Been Viewed 653 Times