MAQUETTE ISSOUF TIEMTORE 2017La rubrique « Mardi Politique » reçoit pour vous aujourd’hui, le député et président de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste, Me Bénéwendé Sankara. En effet, ce n’est un secret pour personne. Plusieurs militants de l’UNIR/PS ont démissionné pour créer leur propre parti politique. Cela signifie-t-il que le parti de l’œuf est en crise ? Quel sort réserve-t-on au député Alexandre Sankara, membre du parti et accusé de sédition ? Me Sankara répond à ces questions et à bien d’autres. Lisez plutôt.

« Le Pays » : On a assisté, en l’espace de quelques jours, à la création de trois partis politiques au Burkina Faso. Qu’est-ce que cela vous inspire comme commentaire quand on sait  que les Burkinabè se plaignent déjà du nombre pléthorique de partis politiques ?

Me Bénéwendé Sankara : D’abord, je voudrais une fois de plus dire merci aux Editions « Le Pays » et à l’ensemble des journalistes, pour leur contribution très riche au débat démocratique. Ceci étant, vous me posez là une question qui est très essentielle en démocratie. Nous avons, dans notre arsenal juridique, des lois qui sont très libérales. Quand vous lisez la loi 032 sur la charte des partis politiques et au regard de la Constitution, vous vous rendez à l’évidence qu’il est très facile de  créer un parti politique au Burkina Faso.  Tout citoyen qui veut, conformément à l’article 13 de la Constitution, participer à l’animation de la vie politique, la première des choses qu’il peut faire, c’est de demander une autorisation légale pour créer un parti politique. Si ces derniers temps, il y a un engouement à créer des partis politiques, cela s’explique aisément par les échéances de 2020 qui approchent.  En 2020, il y aura certainement des élections et pour compétir, le mieux, c’est de commencer à se préparer.

Ceux qui créent ces partis politiques sont, pour la plupart, démissionnaires d’autres partis politiques. Pourquoi ne peuvent-ils pas rester dans leurs partis d’origine  ?

C’est vrai, mais les gens ont toujours eu leurs propres raisons. Tout comme d’ailleurs ceux qui adhèrent à des partis politiques. L’article 8 de la charte des partis et formations politiques dispose qu’on peut y adhérer librement  ou qu’on peut rendre sa démission librement d’un parti ou d’une formation politique. Par exemple, à l’UNIR/PS, il est strictement interdit d’appartenir à plusieurs partis politiques. Si vous êtes membre de l’UNIR/PS, vous ne pouvez pas être membre d’un autre parti politique.

Parmi les nouveaux partis politiques, il y en a qui sont d’obédience sankariste. Est-ce une bonne ou mauvaise nouvelle pour la grande famille sankariste de voir naître un autre parti politique dans ses  rangs ?

Je ne pense pas que cela soit une mauvaise nouvelle.  C’est vrai qu’à l’UNIR/PS, depuis 18 ans que nous existons,  nous avons eu, à certains moments, à être obnubilés  par la question de l’unité des sankaristes. Et si vous vous référez à notre discours de tous les temps, nous avons chaque fois dit que la question de l’unité des sankaristes, se règle fondamentalement par le projet de société et le programme politique que nous défendons. Ce qui nous fédère à l’UNIR/PS, c’est notre ligne politique. Ceux qui s’engagent à l’UNIR/PS, sont là pour défendre notre programme. De ce point de vue, si quelqu’un quitte pour aller dans un autre parti politique, c’est parce qu’il ne se retrouve  certainement pas dans notre vision politique. Ou, peut-être il peut y avoir des raisons subjectives et personnelles. Là, il appartient aux intéressés de nous dire, au regard de leur liberté, ce qui les a poussés à partir. Donc, je voudrais dire que créer un parti sankariste n’est pas nouveau. L’UNIR/PS est un creuset de formation politique et idéologique des militants et c’est cela qui constitue notre force.

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