macaC’est un signal fort de sa détermination contre le terrorisme islamiste. Emmanuel Macron rend visite aux soldats engagés dans l’opération Barkhane au Mali.

Le président français Emmanuel Macron est ce vendredi matin à Gao où il va concrétiser un engagement fort pris pendant la présidentielle : accorder, hormis son déplacement à Berlin pour rencontrer Angela Merkel, sa première visite internationale aux troupes françaises en opération, notamment au Sahel, en l’occurrence dans le cadre de l’opération Barkhane.

Un signal fort vers les forces françaises

C’est un signal de plus du président Macron qui a mis l’accent, lors de sa remontée des Champs-Élysées dimanche après la passation des pouvoirs à bord d’un command car, sur sa dimension de chef des Armées. Ce jour-là, dimanche 14 mai, il s’était ainsi rendu à l’hôpital militaire Percy à Clamart (Hauts-de-Seine) auprès de soldats justement blessés au Mali.

Aujourd’hui, l’objectif du président Macron est clair : montrer aux forces françaises engagées dans l’opération Barkhane toute la détermination de la France à les appuyer dans l’éradication du terrorisme islamiste. C’est la raison pour laquelle, comme l’a dit son conseiller diplomatique Philippe Étienne, « cette visite sera centrée sur le contact avec les troupes ». Accompagné de Jean-Yves Le Drian, ex-ministre de la Défense et actuel ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, de Sylvie Goulard, ministre des Armées, ainsi que du chef d’État major des armées, le président Emmanuel Macron, qui sera reçu à Gao par le président malien Ibrahima Boubacar Keïta, consacrera l’essentiel du temps passé sur le sol malien au contact avec les troupes françaises. Sur les six heures trente de présence, quelque cinq heures leur seront consacrées à travers la présentation du partenariat entre les forces Barkhane et les forces maliennes, celle des forces aéro-combats sollicitées pour aller à la rescousse de points ou de zones attaquées par les djihadistes…

Barkhane sur cinq pays

Pour rappel, la force Barkhane mobilise aujourd’hui 4 000 soldats français dans 5 pays du Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie) pour lutter contre le terrorisme. Lancée après que les djihadistes ont été en grande partie chassés du nord du Mali par l’intervention française Serval en 2013, l’opération Barkhane est là à la fois pour préserver les zones pleinement sécurisées mais aussi pour déloger et gêner les djihadistes dans des zones entières du pays qui échappent toujours au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU. Celles-ci sont régulièrement visées par des attaques malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes.

Échanger sur les voies et les moyens d’être plus efficace

Ce voyage est ainsi une belle occasion de prendre la mesure de l’engagement de la France mais aussi de celui des autres partenaires dont, par exemple, les Allemands dont le contingent est le plus important derrière celui des Français. Au-delà de l’évaluation de la situation sécuritaire, les entretiens entre le président français et son homologue malien devraient porter sur l’initiative régionale du G5 Sahel, la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme islamiste. Plus que jamais, cette question va être scrutée dans toutes ses dimensions, y compris purement politiques, avec un point précis sur les retombées sur le terrain de l’accord d’Alger entre le gouvernement malien et les groupes concernés et impliqués dans la crise malienne. À ce stade, il ne sera pas possible de faire l’impasse sur la gestion de la formation des hommes, celle du désarmement, mais aussi de la situation en Libye qui impacte largement ce qui se passe dans la zone soudano-sahélienne ne serait-ce que sur la question des trafics d’armes et des migrations de populations.

La sécurité, oui, le développement aussi

Volet sécuritaire donc, d’un côté, mais volet développement, de l’autre. Cette dimension est bien marquée dans cette visite puisque la délégation qui l’accompagne à Gao compte le directeur général de l’Agence française de développement, un acteur essentiel dans l’accompagnement économique de nombreux projets qui ont cours dans les pays africains. Une manière de montrer qu’il ne s’agit plus seulement de guérir le mal, mais également de le prévenir. On ne le sait que trop bien. Le terrorisme islamiste se nourrit largement de l’ignorance des populations mais aussi et surtout de frustrations économiques. Réfléchir à la manière dont les politiques de sécurité et celles de développement peuvent s’imbriquer pour lutter contre le terrorisme : voilà une donnée que le président Macron semble vouloir privilégier dans son approche de l’instabilité au Sahel. Au-delà des symboles, une nouvelle philosophie serait-elle en train de se mettre en place ?

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