madessArtiste-musicien, Madess (Mahamadi Ouédraogo à l’état civil)   est en train, depuis trois ans, de muer Ouagadougou, en capitale de reggae à travers les Marley d’or. Dans cet entretien, Il  nous donne sa vision du reggae et parle des vedettes invitées à la cérémonie de récompense de la 4e édition du festival, prévue ce jeudi 11 mai 2017 dans la cour du SIAO.
Sidwaya (S.) : Pourquoi as-tu programmé le village des Marley d’or  du 5 au 7 mai et la cérémonie de récompenses ce  jeudi 11 mai au SIAO ?
Madess (M.) : Nous avons opté pour cette formule à cause des formations prévues avec l’arrangeur d’Alpha Blondy, Georges Kouakou, qui vient de New York. Il est à l’origine de 90% des grands succès du reggae ivoirien : Solo Dja Gunt, Hamed Faras, Serges Kassy, Ismaël Isaac. Ce fut un partage d’expériences avec les arrangeurs burkinabè et les jeunes artistes. C’était aussi l’occasion de s’inspirer de l’expérience de ce grand musicien. C’est dans cet esprit de partage que le thème du festival cette année est « Reggae et intégration des peuples ».La communauté sénégalaise est l’invitée d’honneur. Nous avons convié l’ambassadeur du Sénégal et plusieurs personnalités de ce pays à la manifestation.
S. Cette intégration se fera  également en musique avec le groupe sénégalais, Touré Kunda.
M. : Une cérémonie de récompense doit distinguer ceux qui ont marqué leur époque. Les Touré Kunda sont le premier groupe africain a marché en Europe. Ces artistes ont ouvert la porte à tous les autres. Avant Alpha Blondy, leur chanson « Emma », a été un grand succès. En les invitant, c’est une reconnaissance de ce que ce groupe a fait pour la musique africaine. En plus, si tu veux aller loin, approche des vieux. Ils peuvent toujours  nous apporter quelque chose. Je demande aux jeunes, surtout aux jeunes artistes, de venir échanger avec les plus expérimentés et les plus  connus. Car il faut étudier la carrière des stars notamment du reggae. Bob Marley a fait de petits boulots précisément la soudure, avant de devenir la méga star mondiale du reggae. La vie, c’est le reggae, la persévérance, la patience. C’est une musique qui est née dans la difficulté. Donc il faut croire en la vie et être optimiste.
S. Qui sont les autres icônes  du reggae invitées ?
M. : Nous aurons Jim Kamson, Takana Zion, le n°1 du reggae africain l’année dernière en France. Peu de gens savent que Takana Zion a roulé sa bosse à Ouagadougou. Aujourd’hui, c’est une méga star qui joue avec  les grands reggae men du monde et sur les grandes scènes du monde. Joueront aussi au SIAO,  Founi Faya, Jah Verity, P-Iray (après  Hamed Faras, ce jeune Gourounsi a été un gros succès en Côte d’Ivoire), un jeune du nom de Malima Koné.
S. : Plusieurs vedettes sont passées par le festival, quel est l’impact des Marley d’or sur le reggae au Burkina Faso ?
M. : Lentement mais sûrement, les Marley d’or poussent les artistes à s’intéresser à la scène parce qu’il y a un prix Marley du meilleur concert. Aujourd’hui, les vidéos sont de plus en plus soignées  parce qu’on peut être primé. Le reggae est une musique difficile à faire parce qu’elle demande plus de moyens. Conséquence, de nouvelles stars de reggae, à l’image de Takana Zion, sont rares. Les célébrités de cette musique sont toujours les mêmes à savoir Alpha Blondy, Tiken Jah Fakoly, Ismaël Isaac, etc. Aux Marley d’or, nous donnons l’envie aux artistes de se développer et de se réussir à partir de rien. La preuve, de toutes les catégories, le jury a eu des problèmes avec la catégorie Marley de la Révélation. C’était très serré. C’est dire que beaucoup de belles voix sortent de l’ombre. Je connais des jeunes dans le ghetto qui attendent leur heure.
S. : Quelles seront les principales innovations cette année ?
M. : Dans toutes les catégories, il y aura des enveloppes. Nous faisons un plaidoyer auprès des partenaires. Par exemple, Air Burkina donne un billet (classe affaires) au Marley d’or et Télécel offre un smartphone au vainqueur. Le Marley de la révélation aura droit à six mois de promotion à Ouaga FM. Nous travaillons pour que les Marley d’or boostent la carrière des artistes.
S. : Comment gères-tu l’absence des sponsors ?
M. : Nous sommes au ‘’pays des Hommes intègres’’. Quelle que soit la méchanceté des uns, il y aura la bonté des autres. Au Burkina, des sociétés étrangères font des milliards, mais ils n’investissent pas dans la culture. Si ces entreprises continuent à fonctionner de cette manière, elles auront un jour des problèmes avec les Burkinabè. Personne n’a vu une grève des artistes, il faut éviter cela. Je tiens mon chapeau aux entreprises citoyennes qui appuient la culture. C’est pourquoi nous demandons, pour nous en sortir, une contribution des spectateurs.  Je souhaite bonne fête à tous les mélomanes parce que tout le mois de mai est consacré à Bob Marley. Je donne rendez-vous ce soir, jeudi, 11 mai 2017, dans la cour pour un spectacle 100% live avec les Marley d’or.
Alassane KERE

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