bourses« Y’en a ras-le bol » voici le sentiment d’exaspération que partage l’ensemble des étudiants boursiers du Burkina Faso en France.

En effet, pour certains, depuis leur arrivée en France en tant qu’étudiants boursiers, ils constatent des retards :« cela fait maintenant 5 ans que je suis boursier, et chaque année au moins 3 fois dans l’année, nous constatons des retards. Au début, on arrivait à gérer parce qu’il s’agit d’une ou deux semaines, mais lorsque tu as un retard de 2 mois et 3 semaines pour être précisla situation devient vite ingérable. Et lorsqu’en ce moment tu es obligé d’appeler pour avoir des informations auprès du service qui soi-disant s’occupe des étudiants et que tes interlocuteurs te font savoir qu’ils n’en savent rien, ou parfois divulguent de fausses informations, moi je dis clairement c’est du gros foutage de gueules » témoigne un boursier très mécontent de la situation qu’il partage avec ses camarades.

Il revient très souvent dans les témoignages que nous avons recueilli une très faible communication de l’ambassade, plus précisément du service culturel qui ne daigne pas envoyer un mail pour alerter les jeunes des possibilités de retard : « S’il y a un minimum que doivent à tout prix faire les services responsables de la gestion de cette bourse, ce serait de verser la bourse à temps le premier trimestre car c’est à cette période que beaucoup de changements se font. Certains à cause de leur master sont obligés de déménager, de changer de ville, sans compter qu’il y a les frais de scolarité à payer, les fournitures à acheter, les abonnements de transports en commun, la sécurité sociale, la mutuelle des étudiants…ce sont autant de dépenses obligatoires, et toutes nos économies y passent. Donc imaginez dans quelle situation nous sommes, et les retards amplifient cette crise, pff ». Comme cet étudiant, ces jeunes sont actuellement dans une situation précaire, obligés de serrer la ceinture, de ne manger plus qu’un repas par jour pour certains. À cela s’ajoutent les différentes relances de bailleurs pour les arriérés de loyer, les factures impayées d’électricité et d’internet, etc.

Certains étudiants viennent à se demander si l’ambassadeur, qui est leur représentant sur le territoire français, a conscience des différentes situations qu’ils traversent : « Nous avons joint l’ambassade pour avoir des nouvelles de la bourse. Le secrétariat du service culturel, nous a fait savoir que l’argent leur avait été viré. Cependant, du fait de nombreux changements notamment l’arrivée d’un nouveau conseiller culturelle, mais aussi et surtout de la non-présence du trésorier qui a pris ses vacances, ils ne pourront pas nous transmettre ce qui nous revient de droit. Cela fait plus de deux mois que nous attendons notre bourse, qui en plus est la bourse de début d’année ; attendu impatiemment par beaucoup d’entre nous, car nous avons eu notre scolarité à payer en plus des loyers et des factures, toutes nos économies y sont passées et parce qu’un « Monsieur » a décidé de prendre ses vacances, nous sommes totalement bloqués. Pour toute une ambassade, c’est inimaginable qu’une personne puisse jouer avec la vie de plusieurs personnes. Il a pris ses congés, chose normale pour toute personne travaillant mais le contexte ne sied pas. Ils savent bien que le CIOSPB doit leur transmettre l’argent pour les boursiers, pourquoi ne pas désigner une personne hautement qualifiée pour autoriser la sortie de fonds ? Pourquoi, son excellence Monsieur l’ambassadeur, ne peut-il pas émettre une dérogation pour nous permettre de recevoir notre argent ? Nous sommes pour la plupart des boursiers de longue date, vous avez reçu l’argent pour certains d’entre nous, vous avez nos coordonnées bancaires enregistrées, vous avez une liste, transmettez-nous ce qui nous vient de droit le plus vite possible. Vraiment, nous ne comprenons pas ! Nous réclamons des explications et la prise de mesure pour que de tels agissements ne soient plus amenés à se répéter. ». Comme vous l’aurez constaté, la frustration, cette réponse émotionnelle à l’opposition, bat son comble et cela pourrait porter préjudice à leurs résultats scolaires.

En outre, ces étudiants en quête d’amélioration de leurs conditions de vie à l’étranger, ont décidé de mettre en place une association. Cette initiative a pour objectif d’établir un pont entre les étudiants et les services concernés. Cette alternative pourrait tenter de pallier les problèmes de communication rencontrés depuis plusieurs années et de calmer la frustration des protestataires.

Cependant, ils ont tenu à informer les autorités et à faire passer un message auprès des différentes institutions responsables concernées : « Nous ne voulions pas en arriver là, mais vu que la situation ne s’améliore pas, on se doit de se mobiliser afin de faire évoluer les choses, pas seulement pour nous mais aussi pour les futures générations. Nous demandons à Monsieur le Ministre des enseignements secondaires et supérieurs, au Directeur du CIOSPB, à la responsable du service culturel à l’ambassade du Burkina Faso à Paris, de trouver une solution afin d’améliorer les conditions de vie des étudiants boursiers. Nous sommes venus en France pour étudier, et nous l’avons toujours bien fait. Nous honorons année après année notre contrat vis-à-vis de vous ! Nous vous conjurons d’en faire de même. Faute de quoi, nous serions obligés d’employer d’autres moyens pour nous faire entendre par l’autorité »

Sit-in des Étudiants boursiers Burkinabè au Maroc Janvier 2017

Lafia.fr

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