Le pays va mal. Très mal. Après l’insécurité consécutive aux braquages sur les axes routiers en passe d’être totalement gérée par les koglwéogo et la menace terroriste que tente de contrôler l’Armée nationale, des ‘’gangsters’’ d’un genre nouveau, ou du moins, des maîtres-chanteurs ont envahi la république. Bonnes gens, il est difficile de comprendre ce qui arrive au Burkina. La situation nationale est surréaliste avec ces grèves tout azimut, ces menaces et ces chantages urbi et orbi qui remettent à plat l’autorité publique. Des gens dans le système Roch y ont-ils intérêt? Certainement. Ou alors il n’y a plus de capitaine dans le bateau.

Les policiers en grèves: "tant qu’il n’y aura pas de contrat authentique, aucun service payé ne sera fait"
Des policiers en grèves. Où allons-Nous?

Aujourd’hui, c’est le secteur public (fonctionnaires et policiers) qui fait voir de toutes les couleurs au pays. Une minorité investie du pouvoir public par la grande masse des Burkinabè des villes et des campagnes. Le Burkinabè d’aujourd’hui n’a aucun repère parce qu’il a été nourri à la sève de la médiocrité, de la fainéantise, de la concussion et de la corruption durant le long règne de Compaoré. Du public comme du privé.

Qu’on ne se méprenne pas, malgré tout, le secteur privé est le plus grand pourvoyeur des ressources qui permettent de payer des salaires aux fonctionnaires, à leur redistribuer des fonds communs et autres appellations de la sorte; c’est lui qui entretient la galerie à travers les dessous de tables qu’on lui impose lors de la passation des marchés publics où l’homme politique jusqu’au contremaître sont ‘’graissés’’. En plus de verser l’argent de la corruption, certains prestataires, plus exactement certaines prestataires, sont caressées pour montrer d’autres arguments que ceux figurant dans le DAO! Mais on n’entend pas autant le secteur privé se complainte.

Et les paysans? N’ont-ils pas besoin de plus de routes, de plus de retenues d’eau, de plus de moyens de productions, de plus d’intrants?! L’Etat leur assure-t-il les pluies?

La république est malade et en totale déliquescence

Souvenez-vous que, avant la fin de la Transition, dans ces mêmes colonnes, nous disions et répétions que le régime qui va succéder à la Transition devrait être nécessairement impopulaire. Impopulaire parce qu’il y a des barres à redresser, il y a des pratiques à combattre. Nous disons, plus grave, que le sang devrait couler encore plus pour ramener des brebis dans la galerie. Avions-nous tort?

Roch a été celui qui a reçu l’onction du peuple. Le changement dans la continuité, pour être précis. Il n’y a pas eu de rupture avec un Zèprhin (comme l’appellent ses parents aux orteils écartés) ou un Tahirou Barry. Le bateau devrait donc pouvoir reprendre le large avec beaucoup plus de sérénité, après s’être délesté de la surcharge. Que nenni ! La situation est pire qu’avant, puisque le capitaine ne semble pas avoir les plans de navigation ou ne sait pas les lire.

Quand des policiers refusent d’exécuter une mission commandée et menacent de représailles l’autorité si elle commettait ‘’l’erreur de gaoua’’ de sanctionner les missionnaires fautifs, le sens du service public n’a plus raison d’être. L’ordre s’exécute d’abord avant de chercher à comprendre.

Les militaires qui sont au front ont fait rapporter qu’ils mangeaient du garba. Ils n’ont pourtant pas menacé de déserter le front. Pour l’honneur et la patrie. Ce sont des patriotes. Pendant ce temps, des flics ‘’regroupés’’ dans une institution bancaire ou autres se la coulent douce à pianoter sur des écrans de portables ou papotant dans des micros, l’arme entre les jambes. La fouille est faite par les vigiles. Un tour de ‘’service payé’’ au frais, aux frais de la princesse. De quelle sécurité ces hommes sont-ils capables si un malfrat voulait vraiment commettre une sale besogne?

Ah oui… Plus rien ne sera comme avant hein? C’est ça même? Avançons seulement.

Lougouvinzourim

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