Ambassadeur-300x199Cher Wambi, voici une affaire qui a défrayé la chronique ces dernières semaines sur les réseaux sociaux et qui implique notre représentation diplomatique à Paris en France. L’affaire porte sur la maltraitance supposée d’un employé domestique de l’ambassade en la personne d’Augustin Willy, cuisinier de profession et de nationalité italienne. C’est une tierce personne qui a parlé du problème de cet homme sur Facebook. On retiendra, en gros, qu’outre la cuisine, d’autres tâches domestiques ont été rajoutées à son travail contre une « rémunération de misère ». Ses heures de travail auraient explosé, car il ne disposait pas de congé hebdomadaire ni annuel. En plus, il logeait à l’ambassade dans un « réduit » de 3 mètres carrés.

L’histoire a finalement mal tourné, et l’employé a été remercié suite au changement d’ambassadeur, car le nouvel ambassadeur, est venu avec son cuisinier. Tout cela aurait provoqué une dépression de Willy et il aurait même essayé de se suicider en tentant de se jeter sous un train.

Face à cette histoire qui ne fait pas honneur à notre pays, le ministre des Affaires étrangères a demandé une lettre d’explication à l’ambassadeur qui avait recruté M. Willy. Cette lettre a été expédiée des Etats-Unis par le diplomate Eric Tiaré. Un document confidentiel dont j’ai pu obtenir copie.

Dans cette note, cher cousin, le diplomate explique que le cuisinier a été embauché après un essai concluant de trois mois en février 2014 pour une période à durée déterminée et à temps complet. Concernant les récriminations sur la cuisine, Eric Tiaré a soutenu que Willy ne faisait la cuisine que deux fois par jour (le petit déjeuner et le dîner), car à midi personne n’était à la résidence.

A propos des travaux de ménage, le diplomate a expliqué que c’est suite au départ d’un agent y préposé que Willy s’est proposé, avec insistance, de le faire, car ne faisant rien dans la journée (pas de cuisine à midi). C’est ainsi qu’un paiement de 350 euros par trimestre, et non par mois, lui a été proposé pour le ménage, et ce paiement se faisait sur la ligne « actions ponctuelles », car il ne pouvait pas avoir deux salaires.

Pour ce qui est des grandes réceptions de près de 300 couverts deux fois par mois, l’ambassadeur Tiaré a expliqué que ce n’était pas possible puisque l’ambassade n’a aucune ligne budgétaire pour cela et il se demande à quelles occasions ces réceptions auraient été organisées.

Sur l’allégation du logement, de la note confidentielle il ressort que l’employé était dans une chambre d’hôte confortable, en tout cas aux antipodes de ce que l’ancien cuisinier a décrit. Eric Tiaré a également expliqué que le cuisinier était bel et bien assuré par l’ambassade à raison de 2 908 euros par an.

Cher Wambi, dans cette longue lettre de 16 pages, point par point, tous les griefs relevés par Augustin Willy ont été battus en brèche. Eric Tiaré assure que tous les actes administratifs qu’il a posés concernant cet employé sont vérifiables à l’ambassade.

Après la réception de cette note par le ministre Alpha Barry, je ne sais pas quel usage il en a fait. Mais c’est la version pour ne pas dire la réplique que le diplomate Tiaré a opposée aux allégations de son ancien cuisinier.

L’affaire va-t-elle rebondir un de ces jours ou mourra-t-elle de sa belle mort ? Attendons de voir.

L’observateur