PKTLa cohésion ne serait pas la chose la mieux partagée dans le gouvernement burkinabè. Moi Mounafica j’ai ouïe dire que le 1er ministre PKT n’est pas serein car certains de ses ministres lorgnent goulûment son poste de chef du gouvernement.

Au début, il ne surveillait que Madame la ministre de l’Economie, des Finances et du Développement qui, en quittant le PNUD, avait des promesses fermes d’être promue 1ere ministre; ce qui devrait être la grande innovation du pouvoir de Roch Kaboré: une femme enfin chef de gouvernement au Faso.

Mais les contingences partisanes et le clanisme ont obligé à laisser cette option pour continuer dans le machisme ‘’Premier ministériel’’. Celui qui a finalement eu le jackpot, Paul Kaba Thiéba, sans être un politicien éprouvé, n’a pas oublié que Rosine devrait être à sa place. Mais voilà, d’autres ambitions premières ministérielles viennent de naître. Il y en a au moins 4 mais retenons l’ambition qui s’affirme le plus, celle du ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry.

L’appétit venant en mangeant, le ministre Alpha Barry, qui a un carnet d’adresses bien fourni, nous n’allons pas élargir à l’expression de l’autre (Ablassé Ouédraogo), se positionne de plus en plus selon les observateurs avisés comme un challenger sérieux du 1er ministre Paul Kaba Thiéba. La bataille entre les deux se mène à fleuret moucheté, chacun surveillant les agissements de l’autre; l’un et l’autre ayant aussi des atomes crochus avec le président du Faso. Dans cette situation, il est presqu’impossible de faire du fayotage pour détruire l’autre aux yeux du président. Que faire? Comment faire?

Déjà, la première salve de cette bataille sourde a été donnée par Paul Kaba, en affaiblissant le ministre des Affaires étrangères par la réorganisation de son ministère en le scindant en deux entités indépendantes. Cela était d’ailleurs une sorte de réponse aux actions menées par Alpha Barry avec l’arrivé d’Emmanuel Macron à Ouaga, la venue du Prince de Monaco et du prince qatari. Ce fut de grands coups pour Alpha Barry. Et donc, Paul Kaba, pour lui enlever du poids, a tout simplement cassé son ministère surtout en lui collant au dos un diplomate de carrière, ce qui change la donne avec la ministre déléguée qui était comme l’adjointe de Alpha sans trop de marge de manœuvre.

La menace n’est pas seulement du côté d’Alpha Barry. On cite aussi Eric Bougouma qui ne cracherait pas aussi sur le poste de chef du gouvernement, lui aussi étant un proche du président du Faso. On n’oublie pas non plus celui qui semble loin des affaires politiques du Burkina mais qui constitue un remplaçant de choix. Il s’agit du grand scientifique Lassina Zerbo.

Face à tout cela, Paul Kaba a retroussé ses manches, il est devenu très politique. Seulement, ceux qui sont proches de lui aiment à dire qu’il est très idéaliste, il n’a pas encore pris la couleur locale en matière de gestion des hommes en termes politiques. En français facile, il ne gère pas son monde comme le font les grands hommes politiques du Faso. En termes plus simples, il ne ‘’laisse pas tomber les feuilles’’. Et ça, ce n’est pas un cadeau au Burkina.

Tous les hommes politiques au Faso ont une cour qu’ils entretiennent. Ce n’est pas la bonne manière, certes, mais comment mobiliser des hommes et des femmes autour de soi et pour soi, s’ils n’ont pas des espèces sonnantes et trébuchantes?! Chaque politicien a ses ‘’bons petits’’, ce n’est pas lié à l’âge mais au dévouement que ces femmes et hommes ont pour leur ‘’gars’’.

Beaucoup de robinets de ce genre sont fermés depuis la chute de Blaise Compaoré, voilà pourquoi il est loisible d’entendre ici et là «depuis que Roch est là, les feuilles ne circulent plus…»

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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