fdLa 7e édition de La journée de la femme digitale se tiendra le 17 avril 2019 à La Maison de la radio, à Paris. Pour la première fois, l’événement s’ouvre à l’Afrique avec un rendez-vous prévu à Dakar fin avril.

La journée de la femme digitale rassemble chaque année quelque 25 000 personnes – le forum est diffusé en direct sur les réseaux sociaux – autour de l’innovation au féminin. Retour d’expériences, conseils, débats… ce rassemblement annuel a pour ambition d’inspirer et d’encourager les femmes à oser, innover et entreprendre.

Nouveauté cette année, un rendez-vous aura lieu à Dakar. Entretien avec la co-fondatrice de l’événement, Delphine Rémy-Boutang – ex directrice marketing et communication chez IBM -, qui nous en dit plus sur les enjeux de la féminisation des métiers du numérique en Afrique. Et sur l’impact que peuvent avoir les « femmes digitales » sur le développement économique du continent.

Journée de la femme digitale
Delphine Rémy-Boutang – co-fondatrice de La Journée de la femme digitale

Après six éditions parisiennes, pourquoi l’Afrique et particulièrement Dakar?

La révolution numérique passe par l’Afrique, mais le continent de peut pas faire cette révolution de façon isolée. L’Afrique est le premier continent de l’entrepreneuriat féminin au monde, avec 27% de femmes entrepreneures. La digitalisation a sensiblement renforcé la visibilité des femmes dans l’espace public.

De fait, l’Afrique joue un rôle important dans la promotion de l’entrepreneuriat au féminin. Il faut savoir que les start-up africaines ont passé le cap symbolique des 500 000 millions de dollars de levée de fonds. Celles-ci ont fait une augmentation de 53% en un an. Ce curseur positif prouve qu’il y a un vrai potentiel en Afrique.

Quels sont les secteurs porteurs en Afrique dans le domaine du numérique et des technologies ?

L’Afrique copie des modèles que l’Europe est en train d’inventer, en les mettant en place de façon nettement plus véloce, dans la mesure où la population est moins engoncée dans des questions d’investissement et de réglementation.

L’Afrique a par exemple vécu la révolution du portable en sautant l’étape du réseau filaire. Idem pour la banque : les Africains utilisent depuis un bon moment déjà le paiement mobile. Ce qui leur a permis d’économiser sur la construction de milliers d’agences bancaires et de distributeurs de billets. Demain, la livraison par drone palliera les déficiences des réseaux routiers. Sans compter la télémédecine qui se développe pour les patients isolés.

En clair, face au manque d’infrastructures, le numérique représente une alternative pour offrir de meilleurs services à la population dans des secteurs aussi variés que l’éducation, la santé, la médecine, la banque et les transports. On assiste à l’émergence d’un « start-up continent ».

Qu’attendez-vous de cette prochaine journée à Dakar ?

L’objectif est de préparer les générations futures à relever les défis d’un monde en transformation. Pour changer le monde, il faut commencer par changer l’éducation en enseignant la différence. Pour moi, la diversité doit être au service de l’innovation.

L’idée sera aussi de faire venir les femmes d’Afrique à Paris, parce qu’on a à apprendre d’elles. Puis, on fera également venir à Dakar des femmes ayant réussi en France. On présente autant de rôles modèles que de femmes qui créent des emplois, pérennisent les entreprises et les emplois.

La journée de la femme digitale met également l’accent sur l’intrapreneuriat et le rôle social des entreprises à s’engager dans la féminisation des postes du numérique.

Absolument, on sensibilise les entreprises à s’engager dans la féminisation des équipes qui travaillent autour du numérique. Un robot dessiné par un homme ressemblera fatalement à un homme… L’idée est aussi de sortir de ces représentations-là. Ce n’est pas à la moitié de l’humanité que revient la prise de décision. Les femmes ne sont pas au pouvoir, il faut qu’elles le prennent tant dans les entreprises qu’elles créent que dans les entreprises dans lesquelles elles travaillent.

Nous valorisons aussi bien l’entrepreneuriat que l’intrapreneuriat. Selon moi, on entreprend sa vie avant de créer sa start-up. Les héroïnes sont des femmes qui font bouger les lignes, peu importe où elles le font ! Raison pour laquelle on remet le prix Margaret – en hommage aux figures de l’ombre du numérique –  à la femme digitale entrepreneure et à la femme intrapreneure de l’année.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page de la Journée de la femme digitale.

 

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