kounadaDans une interview parue dans un journal de la place l’homme politique Mahamadi Koanda a lancé une salve verbale contre le président de son parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboigo l’accusant de vouloir mettre l’ex-majorité à plat.

Cette sortie médiatique de M.Koanda n’est que l’excroissance d’une lutte interne que se livrent deux clans du CDP avec en ligne de mire la candidature à la présidentielle de 2020: d’une part les partisans d’Eddie Komboigo et d’autre part les soutiens de Kadré Désiré Ouédraogo (KDO). L’ex-patron de la commission de la CEDEAO ne s’est pas encore prononcé officiellement et publiquement sur son intention de porter les couleurs de l’ancienne majorité pour la course à Kosyam, mais ses hommes s’activent à l’intérieur du parti pour en faire une réalité et lui-même mène des consultations discrètes pour rallier des poids lourds. Mais à y voir de près, d’ores et déjà, la candidature de KDO est mal engagée eu égard à la qualité de certaines personnalités qui portent son projet.

Mahamadi Koanda, qui s’excitent depuis quelques jours en est un. Il est l’incarnation de la face hideuse du CDP. Malheureusement, il n’est pas le seul visage dégueulasse dans les rangs des éléments qui se mobilisent pour une aventure présidentielle avec KDO.

juliette

En effet, quel crédit peut-on accorder encore à un Mahamadi Koanda dont le jeu quotidien est l’escroquerie politique dans le seul sens de ses intérêts. Son interview dans un quotidien du pays n’est rien d’autre qu’un chantage mercantile. Pourquoi disons –nous cela ?

Des faits ahurissants

Un jour, M.Kouanda s’est pointé chez le président du CDP Eddie Komboigo pour réclamer le remboursement d’une somme de 75 millions qui représenteraient, selon lui, les dépenses qu’il aurait personnellement engagées pour les activités du parti dans le cadre des législatives de 2015. Le président Komboigo lui explique que les caisses du parti sont vides et qu’il n’est pas en mesure de donner une suite favorable à sa doléance. Mahamadi Koanda demande alors à Eddie de payer de sa poche car tout le monde sait qu’il est fortuné. Refus catégorique de M.Komboigo qui estime d’ailleurs que pour ces genres de dépenses, les choses doivent se faire dans le respect de l’orthodoxie en matière de gestion des finances. Plus tard, Koanda revient à la charge pour expliquer à l’expert comptable qu’en réalité, l’argent qu’il a réellement investi s’élève à 50 millions et que c’est le trésorier du parti Zambédé Théodore Sawadogo (ex-DG de la LONAB) qui lui a demandé d’ajouter 25 millions pour lui permettre de faire face à ses besoins financiers. Eddie reste inflexible sur sa position. Tenant mordicus à ces sous, Mamandi Koanda passe par une personne de ressource, très respectée par le « golden boy », le patron du CDP, comme on l’appelle dans certains milieux afin de le convaincre de décaisser de l’argent pour M.Koanda.

A l’approche du jeune musulman, El hadj Mahamadi Koanda est reçu en audience, avenue Kwamé Khrumah, à l’immeuble de M.Komboigo. Sur sa foi de croyant, Ladji, la main sur le cœur décide de dire la vérité, toute la vérité à Eddie : « président, je vais vous dire tout car nous sommes à la veille du carême, c’est le moment de se pardonner. En réalité, mes dépenses s’élèvent 15 millions mais c’est Juliette Bonkoungou qui, face à ses besoins pressants m’a dit d’ajouter sa part. »

Zambende

Ambiance.

Le reste de cette histoire montée de toute pièce, nous la gardons. Voici donc le genre d’individus qui fait du bruit dans la presse mais qui en réalité n’est qu’un escroc politique.
Aujourd’hui, le pouvoir MPP est empêtré dans des difficultés quasi-insurmontables au point que sa victoire à l’élection de 2020 est très incertaine.
L’opposition burkinabè a des chances de remporter le scrutin présidentiel prochain. Le palais de Kosyam est à portée de main de l’UPC et du CDP, les « deux baobabs » du landerneau politique national pour peu que ces deux partis taisent leurs querelles byzantines pour avancer à pas serrés et assurés. Mais en lieu et place de la cohésion interne, les camarades d’une même formation politique s’entre-déchirent inutilement. Si l’UPC a connu sa crise, celle du CDP reste à venir et l’interview d’El Hadji Koanda constitue des prémices. Pourtant le dynamisme et l’enthousiasme avec lesquels Eddie Komboigo conduit l’ancienne majorité sont des atouts considérables pour ce parti de revenir aux affaires. Il se trouve malheureusement des cadres et pas des moindres du CDP dans l’incapacité de s’imposer face à M.Komboigo distillent à dessein des informations pour faire douter les militants naïfs et sincères que le président de leur parti est un pion du MPP, en mission commandée pour le détruire. Le jeu trouble n’est pourtant pas là où l’on croit.
Prenons un seul cas :

Juliette Bonkoungou. Cette grande dame de la province du Boulkiemdé a des atomes crochus avec le parti au pouvoir. Certains de ses proches dont un ancien maire est en contact avec Simon Compaoré et des rencontres entre les deux se sont tenues. A quelle fin ? Le temps nous le dira.

En se faisant élire président du CDP au dernier congrès face à une coalition avec en tête Boureima Badini, Eddie Komboigo a une légitimité indiscutable. Au lieu de le reconnaitre et de faire chorus autour de lui pour préserver la cohésion interne, c’est à un travail de sape que des bonzes du CDP se livrent. Quand des gens qui ont géré le parti et le pays pendant deux décennies et n’ont même pas pu se battre pour contrer l’insurrection qui se préparait au nez et à leur barbe se mettent dans des jeux d’intrigues préjudiciables à leur formation politique, c’est bien dommage. Il faut être un myope politique pour se lancer dans des guerres de tranchées au moment où le pouvoir est essoufflé et au bord du précipice.

L’enjeu de toute cette bataille est certes la candidature à la présidentielle mais il est indécent d’agir de cette façon alors qu’il y a deux méthodes simples pour départager EKO et KDO : le consensus ou les primaires. Un bon démocrate doit s’inscrire dans cette logique.

Source Koné T. Aboubacar.