viol (1)À 13 ans, Susie a été rejointe dans son lit par deux garçons de 16 et 17 ans. Accusés de viol en réunion, ils ont été acquittés.

L’incompréhension de la jeune fille

Les deux jeunes garçons, accusés de viols en réunion sur mineur de 15 ans et renvoyés devant la cour d’assises des mineurs de la Vienne à Poitiers, ont été acquittés en fin de semaine, selon France 3. La jeune fille, une Britannique, ne comprend pas.

Lors de leur procès à huis clos, le jury (trois juges professionnels dont deux juges des enfants et des jurés tirés au sort) ont estimé que la relation sexuelle n’a pas été accompagnée de « menace, surprise, contrainte ou violence » – éléments constitutifs du viol. Le jury a également estimé que la victime avait fait part de son désaccord trop tardivement.

« Une terrible erreur »

Susie* a aujourd’hui 21 ans. Elle se souvient de cette nuit de janvier 2010, qu’elle décrit comme « une terrible erreur avec laquelle je dois vivre depuis des années ».

Ce soir-là, elle retrouve Marc*, son petit ami de l’époque à une fête dans un village de la Vienne. Marc a 17 ans, ils sont ensemble depuis quelques semaines.

Tout le monde boit, certains fument du cannabis. Susie se souvient avoir bu quatre ou cinq verres de vodka, avant de se sentir mal et d’aller se coucher dans une des chambres de la maison.

« Je n’était pas moi-même »

Marc la rejoint avec un ami, Guillaume*, 16 ans. Les deux garçons la déshabillent et ont un rapport sexuel avec elle, à tour de rôle. Ils ne le nient pas, mais assurent que la jeune fille était d’accord. Elle, de son côté, assure qu’elle avait « beaucoup bu: je n’étais pas moi-même pour montrer physiquement que c’était « non ». « Ils n’avaient pas le droit », insiste-t-elle.

Susie finit par se confier à sa mère après un mois, et celle-ci porte plainte. « Je n’ai pas tout de suite compris que c’était un viol, j’étais si jeune à l’époque. C’est plus tard, en en parlant avec d’autres personnes que j’ai réalisé », assure-t-elle aujourd’hui à France 3, sous couvert d’anonymat, dans un témoignage saisissant:

Le témoignage des jeunes garçons est éloquent, aussi: « Elle disait rien puis après elle dit qu’on l’a violée » se défend l’un d’eux. Avant de se souvenir l’avoir vue « pleurer » après le rapport sexuel.

Ni excuses, ni regrets

Susie ne comprend pas le verdict, et se dit traumatisée: « C’est très dur pour moi. C’est comme si on ne m’accordait aucune importance en tant qu’être humain. » D’autant qu’elle n’a reçu ni excuses, ni regrets de la part des coaccusés.

En Grande-Bretagne, le pays de Susie, l’âge de consentement sexuel est fixé à 16 ans « quand on a plus de maturité », selon elle. « À 13 ans, on n’est pas capable de prendre ce genre de décision. Même si j’avais été sobre. J’étais une enfant » rappelle-t-elle.

Le parquet peut encore faire appel

Seul le parquet général peut interjeter appel du verdict. Il a jusqu’à ce lundi pour faire connaître sa décision.

* La jeune fille et les jeunes garçons étant tous mineurs au moment des faits, leurs prénoms ont été modifiés.

Le Progrès

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