Le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) a traversé des zones de turbulences ces derniers temps. Depuis le mois d’avril en effet, l’ancien président Benoît Kambou avait dû faire face à une fronde menée par 16 conseillers sur 21 que compte l’institution. Il lui était reproché un manque de leadership et de résultats concrets. La pression de ses collaborateurs était tellement forte que M. Kambou avait jeté l’éponge. Pour que la maison de la réconciliation ne soit pas sans capitaine, M. Younoussa Sanfo, expert en sécurité informatique, avait été nommé dans la foulée le 13 septembre puis installé dans ses fonctions de président par intérim le 29 septembre 2017. Hier 9 novembre 2017, un jury a définitivement mis fin à la crise en élisant M. Léandre Bassolé comme nouveau président du HCRUN. Aura-t-il assez de poigne et le charisme nécessaire pour mettre d’abord d’accord les conseillers entre eux sur les voies de la réconciliation à l’interne avant de donner espoir à l’ensemble des Burkinabè assoiffés de justice et de paix?


Le nouveau président Léandre Bassolé

Ancien diplomate, Léandre Bassolé devrait avoir les capacités humaines et intellectuelles nécessaires pour conduire le navire de la réconciliation nationale sans encombre. La preuve, de son riche parcours il a été le représentant spécial du Secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) au Burundi de 1994 à 1996, dans le cadre de la Mission internationale d’observation au Burundi (MIOB).

Il a aussi occupé les fonctions de représentant permanent du Burkina Faso aux Nations unies (1983-1986); Chef du département politique de la Mission des Nations unies en Éthiopie et en Érythrée (Minuee); et, plus récemment, Directeur du Bureau du Représentant spécial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest (Onuwa).


A la passation de service entre M. Sanfo (à droite) et Benoît Kambou (démissionnaire à gauche) le 29 septembre

Il a aujourd’hui aussi un atout majeur: les autorités qui ont fait de la réconciliation nationale l’une de leurs priorités auront un regard plus vigilant sur la marche de cette institution. De même, les Burkinabè ne toléreront plus que des conseillers freinent l’élan de leur réconciliation par des tensions internes faites d’ambitions de pouvoir personnelles de quelques-uns d’entre eux.

Car les résultats très mitigés de l’institution ont pour origine les guéguerres internes qui ont eu raison de Dr Kambou. Le manque de résultats concrets leur est tous imputable. Ils ont maintenant intérêt à taire les dissensions individuelles au profit de l’intérêt supérieur de la nation.

Faut-il le rappeler, en matière de réconciliation nationale, les défis sont grands et l’institution qu’a en charge désormais M. Bassolé doit rechercher et situer les responsabilités sur les crimes et toute autre violation grave de droits humains à caractère politique.

La tâche est donc immense et les Burkinabè, chacun pour sa part, devra aider le nouveau locataire du Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN) par sa capacité à faire des compromis. Une étape aujourd’hui nécessaire pour une vraie réconciliation des cœurs.

Théophile MONE

http://lesechosdufaso.net/

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