kadiogo«Elle touche 8,5 millions par mois et veut se prendre pour Sankara», «Rosine veut nous livrer à la vindicte populaire», «Rosine doit rendre le tablier», «le ministre n’est pas ouvert au dialogue», «elle n’est pas venue à la rencontre tripartite avec le médiateur du Faso», voilà autant de titres sur la crise qui mine le ministère des Finances qui ont fait la une des journaux.

En effet, Rosine Coulibaly/Sori est largement pointée du doigt par la Coordination des syndicats du ministère des Finances (CS-MEF). Tandis que l’opinion s’offusque de la goinfrerie de ces privilégiés de la Fonction publique. Dans cette interview que le président de la CS-MEF, Mathias Kadiogo, nous a accordée le samedi 9 juin 2018, il revient sur l’état d’avancement des négociations, le fameux fonds commun et la suspension du sit-in de cette semaine.

Vous avez décidé le vendredi 8 juin de suspendre votre sit-in qui avait déjà duré 2 semaines. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

Cette décision a été prise en assemblée générale pour répondre à la sollicitation du Médiateur du Faso. Cela va lui permettre de mener à bien sa mission, et c’est une preuve de notre bonne foi et de notre disposition à dialoguer. Il faut dire que l’observation de cet arrêt de travail a causé des victimes collatérales. Il s’agit des populations qui utilisent les services des finances, des impôts et du trésor, …pour des documents ou des questions d’enregistrement. Ces derniers ont rencontré des difficultés, vu que le mouvement était largement suivi. Nous avons entendu leur cri du cœur, voilà pourquoi nous avons suspendu pour une semaine.

Beaucoup disent que votre suspension est liée aux menaces de grève des commerçants…

C’est leur droit d’aller en grève. Nous pensons que c’est au gouvernement de nous menacer s’il y a lieu. Sinon, nous, nous sommes comme eux, chacun défend sa chapelle.

Où en est-on aujourd’hui avec la médiation entreprise par le médiateur du Faso ?

Le Médiateur s’est autosaisi du dossier. Il faut rappeler que c’est depuis le 14 mars que nous avons adressé le préavis au Président du Faso pour notre première grève qui a eu lieu les 4 et 5 avril. Malheureusement nous avons eu des discussions les 28, 29 et 30 mars qui n’ont pas abouti. Nous n’avions pas pensé que le gouvernement allait regarder les choses évoluer vers la grève. Mais à notre grande surprise, rien n’a été fait et la grève a été observée. Au cours de ce mouvement, nous avons connu des difficultés avec le gouvernement, notamment le déploiement de la force pour réprimer les travailleurs et le vol du matériel déposé pour le piquet de grève.

Le président de la Coordination estime qu’aujourd’hui le véhicule n’est plus un luxe Ph. Frédéric Y. Ph. d’archives Mathias Kadiogo : «Nos détracteurs n’ont qu’à continuer seulement, on va faire les réformes, mais ils vont rester chômeurs» matériel (NDLR : 1000 chaises, 10 tentes, des bacs à eau, des nattes…) a été emporté dans la nuit du 4 au 5 avril.

Emporté par qui ?
Sur ordre des autorités. Je pense que c’est la police qui s’en est chargée. Nous avons adressé une lettre au Président du Faso pour l’inviter à se pencher sérieusement sur nos préoccupations et aussi ordonner qu’on nous restitue le matériel. Mais rien n’a été restitué jusqu’au 41e jour alors que c’était une location. Nous avons déposé encore un préavis de grève à la date du 4 mai. Pour observer une grève du 21 au 25 mai. Nous considérions cela comme une pression que nous mettions sur le gouvernement pour avoir un dialogue sincère, mais malheureusement, le gouvernement a laissé passer deux semaines sans réagir. Et c’est le dernier jour ouvrable avant la grève que le ministre de la Fonction publique nous a reçus pour commenter les décisions qu’avait prises le gouvernement en avril au lieu de nouvelles réponses. C’est là qu’on a compris que le gouvernement a décidé de faire du sur-place. Et c’est pour cela que nous avons observé la grève du 21 au 25 mai. A notre grande surprise, c’est au dernier jour de la grève qu’on a été reçu. Depuis lors, le gouvernement s’est terré dans le silence jusqu’à ce que le Médiateur se saisisse du dossier. Nous avons donc décidé d’observer les sit-in même si le syndicat de la douane n’en fait pas partie.

Pourquoi justement le SYNATRAD n’observe pas ce mot d’ordre ?

La Douane a des textes qui obligent les agents à travailler en dehors des heures légales. Les militants ont estimé que ce n’est pas nécessaire de ne pas travailler dans la journée pour après faire des rattrapages qui pourront durer toute la nuit. En outre, il y a le fait que les douaniers portent des armes, alors que le gouvernement fait surveiller notre sit-in par la police, et si elle bouscule les douaniers comme des animaux, ce n’est pas évident qu’ils se laissent faire.
L’OBSERVATEUR PAALGA N° 9628 DU MERCREDI 13 JUIN 2018

This Post Has Been Viewed 378 Times