diendDécidément, notre confrère Jeune Afrique est devenu le leveur de lièvres en cette fin de saison des pluies. Alors que nous étions sur les traces du lièvre de François Compaoré que voilà un autre gros lièvre de levé des buissons de la MACA. En l’occurrence l’entretien avec le général Gilbert Diendéré.

Question banale procédurale: un prisonnier, même haut gradé de son état, a-t-il le droit de s’exprimer dans la presse? Les règles de la MACA sont-elles différentes de celles de la MACO concernant les visites aux prisonniers? A la MACO, on montre patte blanche avant d’accéder à son ami ou parent  emprisonné. D’ailleurs, il y a comme une sorte de ‘’parking’’ des téléphones portables payé à 100 FCFA. Comment le journaliste a-t-il pu interviewer Golf? Avait-il un enregistreur ou bien cela a été fait comme à l’ancien temps, un calepin, un crayon, on pose les questions et on prend des notes? Passons sur ces détails qui ne manquent cependant pas d’importance et de créer un précédent, pour aller dans le vif du sujet, le fond des dires du général Diendéré.

On note tout de suite qu’il ne décolère pas contre son frère Yacouba Zida. Par contre, il a blanchi pratiquement tous les autres chefs militaires de l’époque de la Transition concernant le putsch manqué. «Je n’étais au courant de rien…» a-t-il dit, en ajoutant «comme aucun officier des autres corps de l’armée n’a accepté endosser la responsabilité du coup de force …»

Après la remise en selle de la Transition grâce à la vaillance des populations et l’apport inestimable des ‘’boys‘’ selon les mots de Michel Kafando, un tuyau qui avait assuré que l’ex-chef d’état-major de la Gendarmerie, Tuadanba Coulibaly, avait été le plus clair avec Golf quand il a voulu refiler la patate chaude à un autre chef militaire, en lui disant d’assumer ce que ses hommes ont posé comme acte. Les autres chefs l’ont suivi. C’était une affaire du RSP et ils ont laissé le RSP se débrouiller seul. Golf s’est assumé pour une fois et on connaît le résultat.

De son entretien, il y a un point qui trouble énormément: quand il dit que ce sont des sous-officiers qui ont décidé de faire le coup d’Etat sans recevoir d’ordre des supérieurs, cela repose la qualité de la discipline au sein du RSP. Voilà un corps d’élite ou le commandement est assuré par des sous-officiers qui décident de faire ce qu’ils veulent et les hauts gradés doivent s’y plier. Rien que ce point donne raison à ceux qui ont décidé de dissoudre le RSP.

Où peut-on aller avec une telle indiscipline? Des non-gradés qui décident de couper la tête de l’Etat sans avoir reçu les instructions des supérieurs hiérarchiques, il faut le faire! On imagine que si Golf avait essayé de refuser la responsabilité, les sous-off étaient capables de le mettre dans le même sac que celui des otages du Conseil des ministres sinon même le ‘’faire’’. C’est en connaissance de cause qu’il a assumé en pensant pouvoir saisir l’occasion pour faire rendre gorge à Zida son ‘’petit’’ qui l’a trahi en s’affranchissant trop rapidement et en voulant tordre le bras à son protecteur de l’époque.

On le voit, Golf a coupé igname avec Zida. Le procès du putsch sera visiblement celui des charges lourdes contre Zida de la part de Golf.

O. H.

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