ervIl vient d’offrir aux Lions marocains la qualification pour la Coupe du monde de football 2018 en Russie. L’entraîneur français a déjà fait ses armes sur le continent, qu’il a su conquérir à coups de victoires.

Ce 8 février 2015, dans le stade de Bata, en Guinée équatoriale, Hervé Renardtombe la légendaire chemise immaculée, de marque italienne, qu’il porte à chaque match, laissant apparaître sous sa gueule d’ange un corps musculeux. Les Ivoiriens, que ce sélectionneur français entraîne depuis un an, l’appellent « le sorcier blanc ».

Les joueurs l’entourent, le célèbrent : le Français vient de leur offrir la Coupe d’Afrique. Rien n’était pourtant gagné pour les Éléphants. Mais Renard a relevé le défi. Son charisme lui a même permis de tempérer les ardeurs d’un Yaya Touré pour l’utiliser à sa juste valeur.

L’homme aux miracles

En 2012, contre toute attente, il avait déjà sacré la Zambie. Renard est à son aise en Afrique. Sans doute un legs de son mentor, le Français Claude Le Roy, qui a entre autres entraîné le Sénégal, le Ghana et le Cameroun. Après un retour éclair en France en 2015, au Losc Lille – il est remercié après quelques mois –, il apprend que la Confédération africaine de football lui remet le titre de meilleur entraîneur de l’année.

En 2016, il rejoint une équipe marocaine mal en point pour quelque 500 000 dirhams par mois

C’est dans les pays du Sud que Renard sait saisir sa chance, malgré quelques déboires, comme ce contrat qui n’aura pas duré avec l’Angola. En 2016, il rejoint une équipe marocaine mal en point pour quelque 500 000 dirhams (46 500 euros) par mois.

Selon la rumeur, il aurait pu rejoindre les Fennecs algériens, lui qui a coaché l’USM d’Alger en 2011, mais « Fouzi Lekjaa, le boss de la Fédération royale de football, avait décidé que Renard serait son nouveau coach. Il l’a convaincu de venir », glisse un connaisseur du foot marocain.

Sélectionneur français de l’équipe du Maroc de football

Depuis, Renard réside à Marrakech, toujours accompagné de son fidèle adjoint Patrice Beaumelle, qui le suit depuis la Zambie. Et de nouveau, il fait des miracles, même si remettre à flot le onze marocain prend du temps. Le 29 janvier 2017, les Lions de l’Atlas sont sortis de la Coupe d’Afrique des nations par l’Égypte en quart de finale. Les supporters accusent le coup. Cela fait longtemps que leurs joueurs ne leur ont pas arraché des cris de joie.

« Il a pris le temps, mais il a changé l’esprit de l’équipe, assure Hicham El Khlifi, célèbre journaliste sportif marocain. Il a reconstruit une vraie défense collective. D’une manière générale, ce n’est plus l’individuel qui prime, comme avant… » Résultat, à Abidjan, le 11 novembre, les Marocains « cassent » la défense des Éléphants et se qualifient pour la Coupe du monde pour la première fois depuis 1998. Les Ivoiriens regardent le sorcier blanc, outrés. C’est la deuxième fois qu’il leur fait le coup : la victoire de la Zambie en finale en 2012 s’était déjà produite au détriment de l’équipe ivoirienne.

Renard se prête de bonne grâce à un jeu médiatique qui lui assure une belle cote de popularité

Ce soir-là, Renard garde sa chemise mais ose pleurer à l’écran. La veille, il avait dormi à l’hôtel Ivoire, où il vivait quand il entraînait les Éléphants. « Il savait qu’il allait le faire, il était très confiant », glisse un proche. Dans tout le royaume, c’est l’effusion. Klaxons, chants, roues arrière et odeurs de pneus brûlés : jusque tard dans la nuit, les Marocains célèbrent la victoire. Et Renard se prête de bonne grâce à un jeu médiatique qui lui assure une belle cote de popularité.

Il s’est ainsi fait complice de l’animateur star de Hit Radio, « Momo », pour un improbable et potache « concours Miss chemise blanche Hervé Renard », les deux promettant d’offrir l’objet fétiche de l’entraîneur à une fan marocaine.

http://www.jeuneafrique.com/

This Post Has Been Viewed 130 Times