ordiEn deux jours, il réussit à se faire arrêter par les gendarmes et par les koglweogos.

Tôt le dimanche matin, Augustin Bationo (nom qu’il a donné puisque n’ayant aucun document sur lui), 25ans, un jeune de Kyon (localité située à 25 km de Koudougou, Centre Ouest) est arrêté à son domicile par la gendarmerie de ladite localité pour vol. Chose qu’il reconnait puisqu’il n’était pas à son premier forfait. Il y est gardé à vue jusqu’à la tombée de la nuit. Le lendemain matin, soit le lundi, il est à nouveau appréhendé, cette fois-ci par un koglwéogo avec en sa possession une arme et l’ordinateur d’un gendarme.

Comment ce voleur récidiviste a pu s’évader de la gendarmerie de Kyon dans la nuit de dimanche à lundi alors qu’il était derrière les barreaux sous la garde d’un gendarme armé ?

L’acteur principal raconte le scénario de son évasion : ‘’ J’ai cambriolé des boutiques au marché de Kyon. La gendarmerie est venue m’arrêter chez moi. A la gendarmerie, pour ma sécurité, ils n’ont pas voulu m’enfermer avec les autres et j’ai été gardé dans une cellule. La nuit venue, j’ai constaté que l’agent qui semblait ivre, dormait à côté de son ordinateur et son arme sur une autre table. J’ai réussi à mettre ma main dehors pour enlever les crochets sur la porte et je suis sorti de la cellule. j’ai emporté son ordinateur et son arme avant d’ouvrir la porte principale de la gendarmerie puisque les clés sont restées sur la serrure’’.

Une fois dehors, Augustin Bationo rajoute qu’il est reparti chez lui à domicile prendre des vêtements qu’il a mis dans un sachet pour une destination que lui-même ignorait.

Le mardi matin, Souleymane Damiba, chef des wibsés (élites miliciennes koglweogos) de la zone a rencontré le voleur, fugitif qui dormait sous un arbre non loin de Goundi, à 10 km de Koudougou avec un sachet contenant un ordinateur et des habits. Le trouvant suspect, il le ligote et l’emmène à Koudougou avant d’être rejoint par deux autres koglwéogos. Après des vérifications des propos du délinquant, les koglwéogos le conduisent à leur siège à Palogo.

En route, c’est dans sa tentative de fuite, il est découvert dans une poche d’un pantalon enfui dans le sachet, une arme. Une fois au siège, Augustin passe aux aveux. Informée la gendarmerie de Koudougou dépêche deux agents pour récupérer l’arme. Le groupe d’autodéfense leur a promis de la leur remettre ainsi que le délinquant quand ils auront fini de l’interroger.

Les Koglwéogo ont à l’occasion plaidé pour la libération de 8 des leurs emprisonnés et la restitution de leurs armes dans l’affrontement de Tialgo en mai dernier qui a fait 6 morts dont 4 membres du groupe d’autodéfense.

À la suite de cet affrontement meurtrier, le gouvernement a « strictement » interdit toute activité du groupe d’auto-défense Kogl-wéogo ou de toute autre dénomination d’auto-défense dans les provinces du Boulkiemdé et du Sanguié (NDLR: une décision toujours en vigueur, sauf erreur ou omission)