NEW YORK, NY - APRIL 10: A television on the floor of the New York Stock Exchange (NYSE) displays a live feed of Mark Zuckerberg, the Facebook (FB) CEO, as he testifies before Congress on April 10, 2018 in New York City. The Dow Jones industrial average finished up over 400 points as China made statements that defused trade tensions between Beijing and Washington.   Spencer Platt/Getty Images/AFP

Le titre du réseau social a plongé de 24 % après la clôture à Wall Street. En cause : un ralentissement plus fort qu’attendu de la croissance de son chiffre d’affaires.

Le titre Facebook a plongé de 24 %, mercredi 25 juillet, après la clôture à Wall Street, un effondrement qui a fait fondre la capitalisation boursière du groupe d’environ 150 milliards de dollars (128 milliards d’euros) en moins de deux heures. Rattrapé par les polémiques de ces derniers mois, le réseau social a déçu au deuxième trimestre, en nombre d’utilisateurs comme en chiffre d’affaires, et a prévenu que le ralentissement se poursuivrait.

Les responsables du groupe ont prévenu pendant une conférence téléphonique que ces tendances au ralentissement de la croissance devraient se poursuivreau deuxième semestre, amplifiant le recul du titre. « C’est une année cruciale »pour Facebook, a commenté son patron Mark Zuckerberg.

Des résultats moins bons qu’espéré

Désinformation, manipulations politiques venues de Russie, gestion des données personnelles : l’entreprise connaît en effet des polémiques à répétition, mauvaises pour son image et susceptibles de refroidir le public et les annonceurs.

Lire aussi :   Facebook cherche encore la bonne solution contre les « fake news »

Facebook n’avait, au 30 juin, « que » 2,23 milliards d’utilisateurs mensuels actifs (+11 %), moins que les 2,25 milliards anticipés par les marchés, qui scrutaient tout signe de faiblesse du titan. La déception concerne aussi le nombre d’utilisateurs quotidiens actifs, qui étaient 1,47 milliard (+11 %) quand les marchés en attendaient 1,49 milliard. Mark Zuckerberg a expliqué que le nombre d’utilisateurs avait pâti notamment de la mise en œuvre du règlement général de protection des données entré en vigueur en mai dans l’Union européenne (UE) et qui renforce les droits des usagers.

Le chiffre d’affaires, constitué presque uniquement des recettes publicitaires du site, a lui aussi déçu, à 13,23 milliards de dollars (+ 42 %), moins que les 13,36 milliards de dollars espérés par les analystes. Facebook a pourtant vu son bénéfice net bondir de 31 % à 5,1 milliards de dollars, un peu mieux qu’attendu.

Des investissements massifs sur la sécurité

Le groupe a aussi vu ses dépenses, en partie dues au besoin de mieux contrôler ce qui circule sur le réseau, croître de 50 % à 7,4 milliards de dollars. Et la tendance devrait continuer, a prévenu le groupe. « Nous investissons tellement dans nos systèmes de sécurité que cela va commencer à avoir un effet sur notre rentabilité, nous commençons à le voir ce trimestre », a assuré Mark Zuckerberg.

Facebook tente en effet par tous les moyens de redorer son image et ne regarde pas à la dépense, en particulier depuis le scandale retentissant autour de Cambridge Analytica. Cette firme britannique d’analyse de données avait récupéré des informations sur des dizaines de millions d’utilisateurs du réseau social sans leur consentement, avant de travailler pour la campagne présidentielle du républicain Donald Trump en 2016.

Lire aussi :   Facebook a dépensé des sommes record en lobbying après le scandale Cambridge Analytica

Ce scandale ou les ingérences étrangères dans les élections valent à Facebook plaintes et enquêtes dans le monde entier et M. Zuckerberg a dû s’expliquer longuement devant les parlementaires américains et européens. La dernière polémique en date remonte à quelques jours : M. Zuckerberg s’est fait violemment critiquer pour son refus de bannir les négationnistes du réseau social.

https://www.lemonde.fr/