faceAlors que son fondateur Mark Zuckerberg affirme l’inverse, les enseignants d’économie Alexandre Mayol et Thierry Pénard démontrent, dans une tribune au « Monde », que le réseau social peut aussi avoir des conséquences négatives sur le bien-être de ses utilisateurs.

Tribune. Depuis quatorze ans, rien ne semble arrêter Facebook. Ni l’affaire Cambridge Analytica, ni les gouvernements, ni ses concurrents. Le réseau social fondé par Mark Zuckerberg compte à ce jour 2,2 milliards d’utilisateurs actifs dont 22 millions en France. Instagram qui appartient à Facebook, vient de dépasser le milliard d’utilisateurs.

Des chiffres qui donnent le tournis et témoignent de l’emprise de Facebook. Mark Zuckerberg se veut rassurant et communique sur les conséquences positives de Facebook sur le « bien-être des gens et de la société ». Un avis qui n’est pas partagé par l’ancien vice-président de Facebook, Chamath Palihapitiya, qui déclarait en novembre 2017 devant des étudiants de Standford : « nous avons créé des boucles déclenchant des réactions de court terme nourries à la dopamine qui sont en train de détruire le fonctionnement de la société. » En cause les systèmes de notification et les fils d’actualité qui sont de nature à créer des utilisations addictives.

Qui faut-il croire ? Facebook nous rend-il plus heureux ? Les recherches en sciences sociales sur cette question apportent une réponse nuancée. Oui, Facebook procure de la satisfaction à ces utilisateurs, par la mise à disposition gratuite d’une multitude d’applications et d’outils qui facilitent la communication entre amis, l’organisation d’événements, la gestion de communautés…

Reflet déformé de la vie

Une étude en ligne menée par le chercheur américain Cass Sunstein auprès d’utilisateurs de Facebook montre que ces derniers ne sont pas prêts de quitter ce réseau social. Le montant médian demandé par les personnes sondées pour renoncer à utiliser Facebook était de 59 $ par mois [environ 50 euros], le montant moyen étant de 75 $ [environ 65 euros]. Ces sommes élevées montrent l’attachement – et la valeur accordée – à Facebook, même si les utilisateurs savent que la contrepartie est la collecte et la monétisation de leurs données…

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