weaLe président libérien George Weah a réclamé vendredi de la « patience » à ses concitoyens dans l’enquête sur l’entrée dans le pays de sacs et de conteneurs remplis de billets de dollars libériens, promettant de ne prendre « aucun repos » jusqu’à ce que cette affaire qui secoue le pays soit éclaircie.

« Je tiens à vous informer qu’une enquête est en cours sur les circonstances entourant l’importation d’argent par la Banque centrale du Liberia et que nous ne prendrons aucun repos jusqu’à ce que les faits soient établis et que vous ayez les réponses à vos questions », a déclaré le chef de l’État, lors d’une déclaration retransmise par les télévisions depuis vendredi soir.

« Je demande à tous les citoyens d’être patients et à ceux qui sont impliqués dans l’enquête de coopérer », a ajouté l’ancienne star du foot, au pouvoir depuis janvier.

« Je suis certain qu’à la fin, nous parviendrons à une conclusion logique » et que « si d’aucuns se sont rendus coupables de malversations financières, ils en seront tenus entièrement responsables », a ajouté George Weah lors de sa première intervention publique sur ce dossier, après une semaine de confusion.

L’affaire fait la une des journaux depuis que l’administration Weah a annoncé en début de semaine l’ouverture en août d’une enquête sur l’entrée de sacs et de conteneurs remplis de billets de dollars libérienspour un montant de 15 milliards (97 millions de dollars américains ou 83 millions d’euros) destinés à la Banque centrale, où l’on n’a pas retrouvé leur trace, selon les médias libériens.

« Rendez-nous nos milliards »

Plusieurs responsables se sont depuis lors employés à démentir que cet argent avait disparu.

« A ma connaissance, il n’y a pas de conteneurs manquant », a déclaré vendredi Milton Weeks, gouverneur de la Banque centrale sous la présidente Ellen Johnson Sirleaf.

« Quand les gens disent : « Rendez-nous nos milliards », ça n’a pas de sens », a insisté vendredi le ministre de la Justice, Musah Dean.

Le gouvernement a néanmoins interdit à plusieurs personnes « requises pour aider dans l’enquête de quitter le pays », dont Charles Sirleaf, fils de Ellen Johnson Sirleaf, qui travaille à la Banque centrale depuis les années 2000.

Le Liberia est confronté depuis plus d’un an à la dépréciation de la monnaie locale, qui rend les marchandises importées inaccessibles pour la majeure partie de la population.

Elu en décembre 2017 sur un programme en faveur des plus pauvres, George Weah, ancienne légende du football international, a décrété en mai une réduction des taxes d’importation sur plus de 2 000 produits de base afin de combattre l’inflation galopante.

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