EHCHANGL’échangeur du Nord est un grand ensemble composé de quatre échangeurs. Un tapage médiatique avait précédé son ouverture. Le jour-j, le chef de l’Etat, Roch Kaboré, avait coupé le ruban, marquant sa mise en circulation. Alors qu’il attire admiration et curiosité depuis son ouverture, l’échangeur du Nord constitue un casse-tête pour les usagers qui n’arrivent pas à s’orienter à cause de sa complexité. Pour aider les usagers à se retrouver, plusieurs policiers sont stationnés à chaque jonction de route. Reportage.

Ouagadougou, 29 novembre 2018. Plus de 150 policiers sont présents à l’échangeur du Nord. A certains endroits, ils discutent avec des usagers qui ont du mal à trouver leur chemin. Dès que certains usagers de la route arrivent à l’entrée de l’échangeur, ils sont confus. Les vieilles ruelles ont disparu. Et là, la police joue à l’enseignante.

Des usagers perdent le Nord

Chaque jour, de 6h à 21h, la police et les Volontaires adjoints de sécurité (VADS) orientent les usagers vers leurs destinations, confie le commissaire Sawadogo. Son regret, c’est que depuis l’ouverture dudit échangeur, les usagers n’aient pas encore la maîtrise de la circulation.

Pourquoi ? « Très compliqué », rétorque Zoundi Kabré, agent d’entretien routier. Est-ce vrai ? « Bien sûr ! » renchérit Sandrine Ouédraogo, habitante de Pissy venue rendre visite à son amie. Puis de continuer : « C’est très joli mais il est facile de se perdre. J’étais perdue, mais grâce à la police, j’ai pu me repérer ».
Par contre, Yodé Traoré trouve que « les panneaux ne sont pas lus par les usagers ».

Cette position fait sourire Zenabo Sankara, commerçante. « Certes, il faut toujours suivre le panneau. Mais comment suivre le panneau si tu ne sais pas lire ? », demande-t-elle.

La passerelle pour les piétons

Brice Donald Nadembega , 11 ans, élève au CM1, confie que le maître leur a donné des consignes claires : « Il fauter toujours monter sur la passerelle en escalier ». Justement, ce n’est pas un cas isolé. Ils sont plusieurs élèves qui traversent l’échangeur en empruntant le pont réservé aux piétons.

A écouter les usagers de la route, un même message revient : « Il faut d’abord connaître la ville avant de pouvoir maîtriser l’échangeur ».
Corneille Zougmoré, lui, suggère des applications mobiles pour se repérer.
Pour Maxime Somda, VADS, le renseignement auprès des policiers et des volontaires reste la solution. « Les usagers doivent éviter les excès de vitesse », dit-il. D’ailleurs, le moment de la répression viendra.

Le plan de circulation

Suivant le plan d’orientation de l’échangeur, il y a d’abord la Route nationale N°2 (RN2) Ouaga-Ouahigouya et la route Ouaga-Kongoussi (RN22). Aussi il y a l’avenue qui part vers Nonsin qui est une prolongation de l’avenue du Yatenga. Enfin, l’avenue Joséphine-Compaoré qui part à Tanghin.

Nous avons quatre pieds d’entrée. Des lors que tu quittes Tampuy, et tu souhaites aller à la Place de nation, incapable de lire les panneaux, va tout droit. Le principe de l’échangeur veut que, si vous souhaitez aller à votre droite, tournez à droite avant le pont. Mais si vous souhaitez aller à votre gauche, tourner à droite après le pont.

Si vous venez du rond-point de Tampuy, vous désirer aller au Stade du 4-Août (Gounguin), tournez à droite avant le pont. Si vous souhaitez vous rendre à Tanghin, tournez à droite après le pont. Si vous venez de la Place de la nation, et vous voulez vous rendre à Tanghin, tournez à droite avant le pont. Mais si c’est Gounghin, tournez à droite après le pont.

Par rapport à votre position, vous avez la possibilité de tourner à droite avant le pont, pour aller vers la droite (votre destination) et à droite après le pont pour aller vers l’autre destination (à gauche).

Un mois pour guider les usagers

Présents depuis plus de trois semaines, les policiers se sont donné une échéance d’un mois pour guider et orienter les usagers. Pour le commissaire Sawadogo, cette sortie s’inscrit dans le cadre des missions d’orientation de la police. Ainsi, les panneaux d’interdiction et de limitation de vitesse sont enseignés aux usagers. « On oriente plus de 100 à 150 personnes par jour. Notre objectif est de faire une journée sans orientation », confie-t-il.

En outre, les tricycles et les animaux en divagation n’ont pas accès à l’échangeur. Les piétons sont invités à circuler sur la passerelle.

Edouard K. SAMBOE (stagiaire)
Lefaso.net