La vie est souvent cruelle. La preuve, dans ce bas monde, il existe encore des hommes qui assassinent leur femme et parfois leurs enfants. Des cas isolés peut-être au Burkina. Mais même sans statistiques fiables, le sujet reste d’actualité et suscite des inquiétudes d’autant plus que chaque année, la presse en fait l’écho. Comportements de fous, de montres, de personnes malades? Quand l’irréparable est commis, il ne reste plus aux proches que de traumatisme innommable. Mais qu’est-ce qui peut pousser un être humain à poser de tels actes? Le délire, la colère qu’il ne domine pas, souvent alimentée par la jalousie? Existe-t-il des éléments déclencheurs, des facteurs de risque?


Tous les drames sont inexplicables surtout quand ils impliquent la mort d’innocentes et proches personnes

Dans ce genre de situations, la première alerte est la rupture amoureuse. La séparation apparaît toujours comme une cause principale du passage à l’acte. Car rarement ces drames se produisent chez les couples qui vivent en harmonie! Ainsi les mois entourant la rupture, ceux qui précèdent et ceux qui suivent, constituent une période plus à risque. La dépression se révèle aussi un facteur très important. Le problème, c’est qu’elle se détecte difficilement. Mais l’homme qui est dépressif a tendance à être hyperactif, hypersexualisé. D’autre part, les hommes qui tuent leurs proches sont souvent jaloux, ont besoin de dominer et manquent d’estime d’eux-mêmes.

Dans la plupart des cas, l’homme dépressif ne supporte pas que sa femme veuille le quitter. Certains hommes sous l’effet de l’alcool ou après une perte d’emploi deviennent méconnaissables du jour au lendemain. Ils ont besoin d’aide. Mais sous nos cieux, les gens sont de vrais stoïciens: ils supportent pas mal de souffrances en silence sans le soutien des psychologues! Et comme d’habitude, les durs finissent par craquer eux-aussi car ils sont faits de chair et d’os.

Dans le crime dit «passionnel», des hommes tuent souvent une femme qui les quitte ou menace de le faire, une femme qui les trompe, ou qu’ils soupçonnent de le faire.

Mais une séparation est toujours douloureuse pour n’importe qui. Elle n’a rien d’agréable. Alors pourquoi seul l’homme la supporte-t-il aussi mal jusqu’à vouloir tuer sa femme? Un tel comportement exprime sans doute un problème psychologique personnel, un problème d’ego. C’est ainsi que l’on comprend que ceux qui supportent mal la séparation sont des hommes qui n’apprennent pas à supporter le refus, la frustration ou quoi que ce soit allant contre leurs désirs les plus élémentaires. Le problème peut donc être social ou éducatif.

C’est pourquoi certaines spécialistes estiment que l’homicide conjugal est une violence sexo-spécifique: les hommes tuent, non pas parce qu’ils perdent le contrôle, mais parce qu’ils cherchent à exercer un contrôle sur leur femme.

L’une des solutions aux violences envers les femmes et leur famille serait donc que les hommes apprennent à ranger leur ego dans leur poche et acceptent de travailler sur leur virilité. Un travail de longue haleine sans doute. Mais tout un chacun pourrait commencer par canaliser sa colère, par maîtriser ses nerfs et à accepter sa conjointe, telle qu’elle est. Ainsi l’amour ne tuera point!

Théophile MONE

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