assokoglD. Omer est apprenti chauffeur de 28 ans. Il est accusé d’avoir braqué, en compagnie de 5 autres personnes, une boutique. Ils auraient emporté la somme de 410 000 FCFA ainsi que des cartes de recharge téléphonique, en avril dernier. Omar était à la barre au Tribunal de grande instance de Ouagadougou pour s’expliquer.

Il ne reconnait tout simplement pas les faits. Il explique que le jour de son arrestation, il venait d’arriver de Boromo, car il est apprenti-chauffeur. Il devait repartir le même jour pour Sapouy, sauf qu’il y a eu un contretemps. Ce qui a fait qu’il est resté dormir chez lui. Le lendemain, pendant qu’il se rendait chez un ami, c’est à sa grande surprise qu’il a vu deux messieurs qui sont venus lui demander de les suivre parce qu’ils avaient besoin de lui parler.

Il leur répond d’abord qu’ils ne se connaissent pas, et leur dit qu’il espère que c’est pour de bonnes nouvelles. Il les suit, et c’est là que les deux personnes l’embarquent, se présentant comme étant des koglwéogo, et le conduisent à leur quartier général situé à Kienfangué, pendant que les faits se sont passés à Nagrin.

Il explique qu’il a été torturé là-bas, si bien qu’il était obligé de raconter des histoires pour avoir la vie sauve. Il a même cité un de ses amis, Aziz, qui a été interpellé aussi par mes koglwéogos et qui est venu témoigner que si c’est pour des faits de ce genre, Omar n’en a jamais fait pas partie.

Selon le procès-verbal de la police, la victime a dit que les braqueurs sont venus à 6. Il y avait 3 d’entre eux qui faisaient le gué, pendant que les 3 autres opéraient. Il a reconnu cependant Omar qui était dans le lot et qui était posté dehors avec les 2 autres.

Omar explique cependant qu’il ne connait même pas le boutiquier, qu’il n’est jamais rentré dans son commerce et qu’il ne passe par là que pour aller assister aux matchs de football à côté de là-bas. Il explique que sauf les samedis et dimanches, il n’est jamais sur place car il voyage tout le temps.

Il raconte que le mal que les koglwéogos lui ont fait allait lui coûter la vie, et explique cela en détails, entre autres tortures inhumains.

Le Procureur du Faso, dans ses réquisitions, explique d’abord que c’est la parole du boutiquier contre la sienne. Il estime que l’on ne peut reconnaitre entre des personnes une seule et prétendre que c’est lui. Outre cela, il estime que Omar doit être relaxé au profit du doute. Ce qui a été suivi par le tribunal, qui l’a effectivement relaxé…

Claire Lebœuf

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