assokoglLe sujet sur les initiatives locales de sécurité, communément appelées « Koglweogo », est de plus en plus remis au goût du jour ces derniers temps par des témoignages, çà et là, d’actes jugés délictueux. La dernière actualité est cette manifestation d’humeur de ‘’populations’’ à la sortie Est de la capitale. En effet, selon le quotidien Le Pays, les habitants du village de Goudrin sont sortis le matin du 1er août 2017, pour manifester leur mécontentement suite à l’arrestation et au déferrement à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), de leaders Koglwéogo dudit village.

 

Une situation qui fait suite à la plainte d’un proche d’un homme appréhendé pour vol de bœufs (histoire qui remonterait à une année de cela). Pour réclamer leur libération, des populations sont sorties ériger des barricades sur la route nationale, (RN°4). « Course-poursuite entre population et éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), jet de bombes lacrymogènes, étales et commerces fermés », a constaté sur place le confrère des 1200 logements, rapportant entre autres propos de manifestants : « Nous avons attrapé des voleurs et nous les avons remis à la gendarmerie. Ils ont libéré les voleurs et ont mis en prison nos Koglwéogo. C’est la raison pour laquelle nous sommes sortis pour exiger leur libération. (…). « La Justice a enfermé nos Koglwéogo. Nous ne libérerons la route que si elle libère nos Koglwéogo. (…). Le problème est qu’on a attrapé six Koglwéogo qu’on a déférés à la MACO sans preuves. On ne les a pas jugés. C’est pourquoi la population est sortie pour ériger des barricades ».

Ce nième couac vient rappeler aux dirigeants du Burkina, qu’il y a une préoccupation réelle qui attend d’être réglée. Faut-il interdire les Koglweogo, au risque de les avoir comme ennemis et avec des conséquences fâcheuses ? Faut-il négocier avec eux, emportant le risque aussi d’être perçu comme complice des dérapages dont ils se rendent coupables ? L’on peut ainsi comprendre aujourd’hui le dilemme dans lequel se trouve le pouvoir Roch Kaboré. Pourtant, il faut arriver à une solution rapide, situer tous les Burkinabè et préserver le socle social (la cohésion sociale). La question des associations « Koglweogo » ne se pose pas en termes de « pour » ou « contre », il faut simplement trouver la parade pour le bonheur de tous.

Il faut mixer la communication sur cet impératif. Après le cas malheureux et douloureux dans le Centre-ouest, l’on espérait, le plus rapidement possible, des concertations approfondies entre principaux acteurs afin de préserver le vivre-ensemble entre populations. Ces situations de troubles sont de trop dans une période de menace d’insécurité extérieure (actes terroristes). Il faut donc avoir le courage de s’asseoir pour s’accorder sur ce sujet d’envergure qui s’impose aux Burkinabè. De nombreux observateurs s’inquiètent de plus en plus de l’ambiance sociale qui caractérise cette question. Et avec juste raison ! Car, dans un contexte national également marqué par une traite d’humeurs dans la quasi-totalité des secteurs de la vie, le flou (pour ne pas dire le dilatoire) ‘’entretenu’’ par les autorités sur cette question est de nature à alimenter toutes sortes de suspicions et, partant, à porter atteinte à la sérénité nationale.

‘’ Il faut aussi éviter qu’il y ait des scissions, des tendances au sein de ces initiatives locales de sécurité qui peuvent entraîner d’autres problèmes. Il faut se départir des propos qui vont amener ces organisations à manquer du respect à l’Etat et faire en sorte à ne pas les opposer aux populations ou à une partie de l’Etat. Quand une habitude commence à s’installer, pour l’arrêter, il faut du tact ’’, suggère un spécialiste de police de proximité, invitant les dirigeants à se pencher rapidement sur le sujet, et de façon participative.

Vivement, que le forum du Conseil économique et social tenu à Bobo-Dioulasso du 31 juillet 2017 au 2 août 2017 autour du thème « Quelle mobilisation des populations pour relever les défis sécuritaires au Burkina Faso ? » et le Forum national sur la sécurité annoncé pour septembre prochain inspirent l’ensemble des acteurs (les décideurs en tête) pour le bonheur des populations burkinabè !

En attendant, il faut que chaque Burkinabè s’emploie à éviter tous propos et comportements porteurs de germes de division et susceptibles de heurter le vivre-ensemble.

Oumar L. Ouédraogo
oumarpro226@gmail.com
Lefaso.net

This Post Has Been Viewed 350 Times