upc-simboroL’actualité qui fait couler beaucoup d’encre et de salive et qui fait beaucoup jaser au pays des hommes intègres ces derniers jours est bien l’affaire de démission de treize (13) députés au sein du groupe parlementaire de l’Union pour le Progrès et la Changement (UPC). Cette affaire de démission au sein du groupe intervient quelque un mois et demie du décès du président de l’Assemblée nationale Salifou Diallo, accusé en septembre par notre confrère Le Courrier Confidentiel d’organiser un complot au sein du groupe parlementaire UPC afin d’amener certains députés du parti à constituer un autre parti, dénommé Parti de la Gauche.

Le parti du Lion vacille ces temps-ci au sein de l’hémicycle. Après que les militants UPC du Bazèga aient demandé avec ferme volonté la démission immédiate de l’honorable Elisée KIEMDE de son poste de député, c’est au tour de 13 députés du parti de Zéphirin Diabré de claquer volontairement la porte au groupe parlementaire UPC en créant sur le champ un nouveau groupe parlementaire au sein de l’hémicycle dénommé Groupe parlementaire UPC pour le Renouveau démocratique. Parmi les frondeurs figure Daouda Simboro, précédemment Président du groupe parlementaire UPC.

Dans une conférence de presse qu’il a organisée avec ses camarades démissionnaires ce dimanche 8 octobre 2017 à Ouagadougou, il a donné les raison de leur démission. « La liste des raisons est longue » précise-t-il avant de pointer du doigt accusateur le « manque de liberté de penser du député » et le « mutisme de la direction du parti suite à la publication d’un article dans le journal Courrier Confidentiel » qui fait état d’un complot de députés dans le groupe parlementaire UPC entendant rejoindre le Parti de la gauche qui était en création par feu Salifou Diallo, précédemment président de l’Assemblée nationale (AN).

Si pour les frondeurs le parti devrait, dans les premiers instants de la parution de l’écrit les mettant en cause, voler à leur sécours, Moussa Zerba, 2e porte-parole de l’UPC n’épouse pas le même avis qu’eux. Il estime pour sa part qu’il appartenait aux incriminés d’approcher la direction pour situer les faits. Pire, il pense qu’un groupe parlementaire créé sans concertation préalable avec la base ni avec la direction du parti ne peut être viable au niveau d’une structure telle que l’AN. Il est allé plus loin dans son intervention en précisant que contrairement à ce que tentent de faire croire les frondeurs sur le mutisme de la direction du parti du lion après la publication de l’écrit les incriminant, Zéphirin Diabré a cherché à rencontrer les 13 démissionnaires « mais ils ont tout fait pour que la rencontre n’ait pas lieu ».

Au sein du groupe des démissionnaires, à écouter Moussa Zerbo, la désinformation a fait que certains regrettent déjà leurs actes. « Certains sont allés jusqu’à nous dire qu’ils regrettent et qu’ils ne savent pas ce qui les a poussé à faire ça », a-t-il révélé. Ces personnes n’ayant pas été citées dans le journal, pense-t-il qu’elles n’étaient pas « véritablement » concernées par le complot. Mais « ceux qui sont concernés par le complot se connaissent et se reconnaitront », renchérit-il.

« Beaucoup feront défection » parmi les frondeurs 

« A les entendre parler, on sent qu’il y a des zones d’ombre et qu’il y a de la rétention d’information. Ils ne sont pas au même niveau d’information et nous vous disons que les jours à venir (…) beaucoup feront défection », a dit Moussa Zerbo faisant état de la température qui existe déjà au sein du groupe des frondeurs. Il dit être sûr que certains d’entre les démissionnaires vont se désolidariser parce que, confie-t-il, « beaucoup d’entre eux nous ont approché pour nous dire qu’ils ne savent même pas pourquoi ils se sont engagés dans une telle aventure ».

Daouda Simboro et ses camarades ayant aussi affirmé que dans les jours à venir quatre (4) voir cinq (5) autres députés les rejoindront, Moussa Zerbo a rétorqué que le sieur Simboro est « entrain de rêver ». Il pense de ce fait que cette démarche s’inscrit dans le but de semer le doute au sein de la population. Il précise cependant que les autres députés restent serins révélant ainsi qu’il n’y a pas ce député dans le groupe qui n’ait pas été approché par les le groupe des démissionnaires. Il estime que certains députés ayant maintenant découvert les « stratagèmes » de Daouda Simboro, « vont se désolidariser » de sa démarche. A l’entendre, les jours à venir la vérité éclatera. « On sent que c’est de l’intoxication. C’est une volonté manifeste d’apporter une déstabilisation au niveau du parti. Nous avons compris le complot. Il ne date pas d’aujourd’hui », soutient Moussa Zerbo qui précise aussi que le « complot date avant même l’écrit du Courrier confidentiel ».

Des députés ont reçu des propositions de fortes sommes d’argent moyennant leur démission ?

« Nous avons tous été touchés et certains ont même reçu des visites à domicile pour leur demander ce qu’ils devraient faire et ce qu’on attendait d’eux. Il y a eu des propositions de fortes sommes d’argent. Les jours à venir, certains députés pourront témoigner et on va mettre les intéressés devant le fait accompli », a conclu Moussa Zerbo.

Armand Kinda
Infowakat.net

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