PKT« Le dialogue n’a jamais été rompu. C’est pourquoi, je suis un peu surpris qu’il y ait des grèves, des sit-in, des marches » a signifié le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. La paralysie du système éducatif inquiète plus d’un et le gouvernement se dit déterminé à sauver l’année scolaire. Ce mercredi 10 janvier 2018, le chef du gouvernement a animé une conférence de presse à ce sujet. A ce jour, 8 des 23 points de la plateforme revendicative de la Coordination nationale des syndicats de l’éducation ont été examinés.

 

Paul Kaba Thiéba reconnait que les revendications des enseignants sont fondées. Toutefois, il soutient que la plateforme revendicative de la Coordination nationale des syndicats de l’éducation, transmise au ministère de tutelle le 5 octobre 2017, soulève des problèmes dont le traitement aura des « incidences financières considérables ». Il s’agit notamment de l’épineuse question du statut autonome et de celle portant sur la revalorisation des conditions de travail.

A en croire Paul Kaba Thiéba, l’incidence globale minimale de la plateforme revendicative des enseignants, s’évalue à peu près à 50 milliards de francs CFA par an. Et le Premier ministre de poursuivre qu’il faut éviter d’accentuer les iniquités dans l’administration, de créer un « désordre supplémentaire dans la fonction publique ». « Si vous prenez une décision pour un corps donné, il faut savoir que cette décision va se répercuter sur d’autres corps. L’autre élément qu’il faut prendre en compte, lorsque vous accordez des avantages, il faut s’assurer que ces avantages sont cohérents avec les principes qui guident l’ossature de la fonction publique, que tout cela est cohérent avec la soutenabilité du pays » a-t-il signifié, précisant que la masse salariale est passée de 353,5 milliards à 630 milliards entre 2013 et 2017.

8 points examinés à ce jour

Pour celui qui confie avoir repris le dossier en main le 14 novembre 2017, après trois rencontres de négociation sans succès avec le ministre de l’Education, Jean martin Coulibaly, les enseignants ont déserté les salles de classes au moment où les négociations sont toujours en cours. « Les négociations ont repris le 4 janvier et se déroulent dans un esprit que les deux parties ont jugé cordial » a indiqué le Premier ministre, soulignant que cette rencontre fait suite à une autre tenue le 28 décembre 2017. « Même à la date d’aujourd’hui, mes collaborateurs sont en train d’échanger avec la coordination du MENA. Le dialogue n’a jamais été rompu » a-t-il renchéri. Et à ce jour, le Premier ministre affirme que 8 des 23 points de la plateforme revendicative de la coordination nationale des syndicats de l’éducation ont été examinés.

A ce sujet, le gouvernement a pris des engagements pour apporter des améliorations au système éducatif. « Le gouvernement est déterminé à trouver des solutions aux revendications de la Coordination » a-t-il noté. Quant à la question du statut autonome, Paul Kaba Thiéba annonce que les différentes parties ont convenu de discuter après examen des avant-projets de texte élaborés à Koudougou. Sur les autres points de la plateforme, il soutient également que les discussions se poursuivent.

Jean martin Coulibaly, « un excellent ministre »

Réagissant sur une question relative à la capacité du ministre Jean martin Coulibaly à gérer son département, Paul kaba Thiéba soutient : « C’est un excellent ministre qui fait un excellent travail. Lorsque nous sommes arrivés, l’éducation nationale dans ce pays était totalement abandonnée. (…) » a-t-il indiqué. Puis de poursuivre : « Il faut qu’au Burkina, on arrête de faire de la politique spectacle. Il faut regarder ce qui est important, la vision, la politique tracée. Sinon, vous pouvez enlever Thiéba du gouvernement pour mettre qui vous voulez, ça ne changera pas le problème du Burkina Faso. Même si c’est un sorcier, ça ne changera rien, les problèmes seront toujours là. Ce qui est important, c’est la politique qui est mise en œuvre. Ce ne sont pas des questions de personnes, mais de vision, de politique ».

En attendant de trouver une solution à cette crise qui règne au sein du monde éducatif, le premier ministre a exhorté les enseignants à sauver l’année scolaire. « Il ne faut pas que nous en arrivions à perdre l’année scolaire. J’invite la coordination à la retenue, à appeler les travailleurs à la reprise » a-t-il lancé. En rappel, les syndicats de l’éducation réclament entre autres, l’adoption d’un statut valorisant des personnels de l’éducation et de la recherche, l’amélioration de l’accès à l’éducation, l’amélioration des conditions de travail pour une efficacité du système éducatif et la revalorisation de la fonction enseignante.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

This Post Has Been Viewed 312 Times