MINEFID (1)

Notre rédaction a reçu cet écrit de l’Institut Martin Luther King d’Etudes Politiques  sur la crise au MINEFID. Lisez plutôt.

 

L’IEP-ML King (l’Institut Martin Luther King d’Etudes Politiques ) fait le triste constat que depuis le début de la crise au sein du MINEFID au premier trimestre, beaucoup de préoccupations essentielles de la vie socio-politique burkinabè ont été à tort ou à raison éclipsées par le sujet du Fonds commun, encore dit FC. Ces préoccupations reléguées dans l’ombre sont entre autres, la crise alimentaire en perspective, les menaces terroristes rampantes, la nécessité du déroulement normal du Plan National de Développement Economique et social, le procès du putsch manqué. S’il est tout à fait normal d’aborder de façon transparente et constructive les sujets de la destination et de la répartition des biens et ressources publiques, il est en revanche incompréhensible d’entretenir longuement la propagande autour de ce sujet et de le traiter de façon malsaines au point d’opposer dans la durée, les fils et filles, les travailleurs de différents secteurs de l’Administration publique de ce même pays. Pendant que l’opinion majoritaire reste braquée sur ledit Fonds commun, la CS-MEF quant à elle, brandit une plateforme en quelques points qui selon elle, ne parle pas explicitement du FC. Il y a donc manifestement une incompréhension ou un véritable dialogue de sourd.

En tout état de cause, l’observation d’une attitude figée, la menace du bâton ou l’intimidation de part et d’autre ne feront que mener dans l’impasse et accroître la frustration au sein ou hors du MINEFID et rendre difficiles, les relations de travail. Il n’y a aucune garantie d’atteinte des objectifs du PNDES pour un ministre qui donne dos à tous ses cadres et collaborateurs ou qui les renvoie par milliers si l’on pousse les choses à un niveau maximaliste – sachant aussi que derrière chaque travailleur, il y a des familles inextricablement entremêlées. Il n’y a donc pas de raison que les réponses apaisées traînent à venir car c’est le Burkina entier qui y gagne !

S’il y a des raisons de ne point douter de la prise de conscience de cet enjeu par le Gouvernement, il semble en revanche avoir de sa part, certaines récentes réponses du Conseil des Ministres qui ne feront qu’empirer les choses et restreindre les chances d’une issue plus heureuse. Comment peut-on comprendre la mise en touche du Médiateur du Faso malgré sa noble initiative d’auto-saisine ?

Si l’issue d’un bras de fer peut sembler procurer quelques opinions favorables et satisfactions éphémères à quelques personnes, sa résultante à grande échelle ne peut être qu’une perte pour le Burkina Faso avec l’ouverture d’un nouveau nid de frustrations inutile.

Prenant la mesure d’une telle impasse dangereuse, l’action syndicale doit aussi ménager dans un rapport plutôt partenarial, quelques issues et marges de manœuvres bienveillantes pour l’autorité qui a besoin de justifier sa position de dirigeant.

Fort de ce diagnostic, l’Institut Martin Luther King voudrait interpeler le Président du Faso, le Premier Ministre, la Ministre en charge de l’économie et des finances, la CS-MEF et les travailleurs du MINEFID sur les dangers en perspective. Aussi, il recommande aux différentes parties de renouer et de privilégier le dialogue constructif dans le respect mutuel, au besoin, de réactiver l’offre de dialogue du Médiateur du Faso auquel il est disposé à apporter tout son soutien.

 

Ouagadougou le 19 juin 2018.

 

Pour l’Institut Martin Luther King

d’Etudes Politiques (IEP-ML King)

 

Idrissa Diarra

Politologue

diarra.idrissa@rocketmail.com