remi-2Le Conseil des ministres s’est tenu à Ouagadougou, ce mercredi 09 janvier 2019 sous la présidence du Président du Faso, SEM Roch Marc Christian Kaboré. Il a délibéré sur les dossiers inscrits à son ordre du jour et entendu des communications orales.

Le porte-parole du gouvernement a fait le compte-rendu de trois rapports adoptés en conseil des ministres.
Au niveau du ministère en charge des finances, il a indiqué que le conseil a adopté un guide nationale de maturation et d’évaluation de projets et programmes de développement qui permettra au gouvernement d’avoir une approche harmonisée dans le processus de gestion et d’élaboration des projets et programmes.
Selon lui, le conseil a également adopté un décret portant détermination de la nature et des modalités d’acquisition des biens et services dans le cadre de la mise en œuvre de la loi portant règlementation générale de la commande publique.
Enfin, a-t-il ajouté, le conseil a adopté un décret portant création, attribution de la billetterie nationale du cinéma et de l’audiovisuelle. Selon lui, la billetterie est un ensemble de procédés qui est mis en place afin de mieux encadrer la valeur faciale des billets et de repartir l’argent dans les différents postes notamment le soutien au développement du secteur de l’audiovisuel, le soutien aux droits d’auteur et également la TVA.

En termes de communications orales, le porte-parole gouvernement a précisé qu’une bonne partie du conseil des ministres du jour a été consacré à la question de Yirgou. Ainsi, trois ministres ont pris la parole pour s’exprimer sur la situation.

-Le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, Siméon Sawadogo a affirmé une fois de plus que comme le Président du Faso l’a dit lors de sa visite à Yirgou, que rien ne devrait justifier que des populations qui ont toujours vécu en parfaite harmonie, en arrivent à s’affronter au point de provoquer autant de violences meurtrières et de désolation. Il a réaffirmé que les enquêtes sont en cours et doivent permettre de situer toutes les responsabilités et aux fautifs d’en tirer les conséquences au plan judiciaire.
Siméon Sawadogo a précisé qu’un comité de crise a été mis en place et ce comité a fait l’effort de sécuriser les zones avec l’appui des ministères, de la sécurité et de la défense. Selon lui, à l’heure actuelle, le bilan est de 49 personnes décédées. « Au niveau de Yirgou que de la province du Soum, des mesures ont été prises au niveau sécuritaire ainsi que sur l’aspect solidarité nationale », a-t-il déclaré. Et d’ajouter que le Burkina Faso reste un et indivisible et que les populations qui vivent dans ces zones devraient continuer à vivre ensemble et dans l’harmonie.

-Le ministre de la sécurité, Clément Sawadogo a affirmé pour sa part que selon les informations, en plus des décès, il y a des cas de personnes à rechercher. Et d’ajouter : « Je m’inscris en faux contre certaines tendances assez folles qui disent qu’il y a une centaine de décès. Aucune tendance sur le terrain n’indique que nous irons à 100 décès. Je voudrais appeler les acteurs de la presse et ainsi que les osc, à ne pas remuer le couteau dans la plaie en faisant courir des fausses informations ». Il a précisé que le dispositif sécuritaire (plusieurs centaines d’éléments de sécurité) qui a été mis en place sera maintenu aussi longtemps que possible au regard de la sensibilité de la zone malgré le retour au calme qu’on peut constater dans la zone de Barsalogho.

-Prenant à son tour la parole, la ministre de l’action sociale et de la solidarité nationale, Laurence Ilboudo Marchal a expliqué que eu égard à la situation de Yirgou, son ministère a été instruit par le conseil des ministres pour la prise en charge des personnes déplacées. Elle a par ailleurs rappelé qu’avant Yirgou, il y avait des personnes déplacées pour cause de terrorisme dans les zones du Nord et du Sahel, qui ont été également recensé et seront prise en charge en plus de celles de Yirgou. La ministre en charge de l’action sociale a affirmé que pour accueillir tous les déplacés de Yirgou, le gouvernement a décidé de mettre en place un camp à Basarlogho en vue de mieux les prendre en charge. Cette prise en charge se fera à deux niveaux, une prise en charge plus urgente à savoir donner un abri, des couvertures et repas pour les déplacés et ensuite une réinsertion de ces personnes. Des camps sont également prévus à Kelbo, à Arbinda et à Djibo pour accueillir des personnes déplacées à cause du terrorisme.
« Nous avons actuellement dans le camp de Basarlogho, 1285 personnes. Le total des personnes déplacées dans les quatre (4) centres d’accueil est de 6103», a précisé Laurence Ilboudo.

Selon la ministre, le gouvernement a donné au niveau des camps notamment pour ce qui est de Yirgou, des vivres et des non vivres aux personnes déplacées et mit à leur disposition des toilettes en plus de la construction très prochaine d’une vingtaine de toilettes. Des citernes d’eau ont été disponibilisé dans les sites pour les besoins en eau potable des déplacés. Sur le site Barsarlogho, le gouvernement a prévu de faire des forages.
Sur le plan sanitaire, il y a une prise en charge totale des blessés qui ont été envoyé à Kaya et le gouvernement a donné un pécule de 15000FCFA par épouse ou par famille pour les besoins de commodités d’accompagnement des malades à Kaya. Cependant trois blessés ont été envoyé Ouaga pour des soins et un pécule de 50000FCFA a été donné aux parents des blessés, a souligné Mme Laurence Ilboudo.

-Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Harouna Kaboré est intervenu pour indiquer que le gouvernement a décidé de baisser le prix du litre d’essence de 20 FCFA, celui du gasoil de 30 FCFA et celui du pétrole à 83 FCFA. «Le prix du super 91 (essence) passe de 677 FCFA à 657 FCFA le litre. Le prix du gasoil passe de 601 FCFA à 571 FCFA le litre soit une baisse de 30FCFA. Le prix du pétrole passe de 538 FCFA le litre à 455 FCFA», a annoncé le ministre en charge du commerce. Selon lui, cet acte du gouvernement vise à faire bénéficier à la population burkinabè et à l’économie nationale, la tendance baissière du cours du baril de pétrole, observée ces derniers temps. « Nous avons aussi pris la décision de garantir qu’au cours d’une année civile, il n’est pas possible d’avoir une augmentation au-dessus de 100FCFA à travers l’activation du mécanisme de subvention en vue de protéger les populations », a affirmé le ministre Kaboré.

DCPM/Ministère de la communication et des relations avec le parlement