PRIUSLe spécialiste du secteur a demandé à 10 000 automobilistes de noter la qualité et la fiabilité de leur véhicule.

Qualité et robustesse sont-elles, pour paraphraser Sully, les deux mamelles de la réussite dans l’automobile ? Le groupe L’Argus, spécialisé dans le conseil et l’édition dans le marché automobile, a recueilli l’avis de plus de 10 000 propriétaires sur ces deux critères fondamentaux qui font la réputation d’un modèle. Et plus largement, de toute une marque.

Les Allemandes en tête pour la qualité

Résultat : un double classement des modèles jugés les plus qualitatifs et les plus fiables. « Ce n’est pas la même chose, explique Grégory Pelletier, rédacteur en chef de l’Argus, qui a dirigé l’étude. La qualité reflète l’assemblage des différents composants d’une voiture, ainsi que le choix des matériaux. On parle également de finition. La fiabilité en revanche, c’est quand on ne tombe pas en panne. »

Côté qualité, les constructeurs allemands trustent les dix premières places : Audi place quatre modèles dans les cinq premières places, accompagné de Mercedes, Volkswagen et BMW.

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La Toyota Prius est la voiture jugée la plus fiable

Côté fiabilité, le savoir-faire des Japonais demeure fidèle à leur réputation. Numéro un sur le podium des voitures les plus robustes : la Toyota Prius, soit le premier modèle hybride a avoir été commercialisé, en 1997, et aujourd’hui encore celui doté de cette technologie le plus vendu au monde.

Pas du tout une surprise : « Toyota s’est fait, depuis très longtemps une solide réputation en termes de fiabilité, surtout concernant les motorisations essence. Et encore plus avec la Prius, qui truste systématiquement les premières places. Ce n’est pas pour rien que de nombreux taxis l’ont choisi. Ils se sentent plus tranquilles qu’avec un diesel. »

Même constat pour l’autre grand constructeur nippon : Honda, respectivement deuxième dans ce même classement, avec la CR-V ; et troisième avec la légendaire Civic (le modèle a été lancé en 1972 et en est aujourd’hui à sa… dixième génération !).

Peugeot récompensé de ses efforts

Côté constructeurs français, Peugeot se distingue dès la sixième place avec sa 2008. Puis encore à dix-septième place avec la 3008, la vingt-deuxième avec la 508 et la vingt-quatrième avec la 208. Bref, tous ses best-sellers. « PSA a fait énormément d’efforts depuis plusieurs années sur la qualité comme sur la fiabilité, observe également Gregory Pelletier. Et même s’il y a encore du travail pour venir concurrencer sérieusement d’autres constructeurs, on peut quand même leur tirer un coup de chapeau. »

Renault victime de sa stratégie de coûts bas

Difficile en revanche de tenir le même discours sur son concurrent direct, Renault. Toujours dans ce même classement dédié à la fiabilité, le premier modèle de la marque au losange à y apparaître est le SUV familial Kadjar, à la… 26e position. L’expert se montre d’ailleurs assez dur : « Dans ce domaine, c’est un peu les montagnes russes depuis quelques années chez Renault. C’est comme dans le vin. Il y a des bonnes comme des mauvaises années. »

La faute selon lui à une stratégie de lancement de produits trop ramassée dans le temps. « En moins de dix-huit mois, entre 2015 et début 2017, c’est une bonne demi-douzaine de nouveaux modèles qui se sont retrouvés en concessions. Résultat, ils ont forcément mis la pression sur leurs sous-traitants, quand ils ne revoyaient pas leurs process qualité à la baisse. »

Dacia bien positionnée

Quel enseignement tirer de cette étude ? Que le prix ne fait pas forcément, ni la qualité, ni la fiabilité. « Parfois au contraire, reprend le rédacteur en chef de l’Argus. Prenez les marques premium allemandes. Elles sont chères car bourrées de technologies car leurs constructeurs mettent en avant l’innovation. Mais c’est ce qui les rend plus fragiles aussi. »

A contrario, une marque comme Dacia, qui se positionne en termes de prix plutôt dans les entrées de gamme, se distingue également par la robustesse de ses modèles. « C’est même ce qui lui permet d’afficher, sur le marché de l’occasion, des prix de revente 20 % au-dessus de ses concurrents directs, affirme-t-on à la direction de la filiale de Renault. A kilomètres, âge et modèle équivalents. »

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