campagne-agricole-dans-les-cascades-de-bonnes-moissons-en-perspective_5b98440660e36_l250_h250Dans la cité du paysan noir, les objectifs de production fixés pour la présente campagne agricole humide 2018-2019 par le ministère en charge de l’agriculture se chiffrent à 266 247 tonnes pour les céréales et 105 804 tonnes en ce qui concerne les cultures de rente. Sur le terrain à la date du 6 septembre 2018, nonobstant quelques difficultés enregistrées, la campagne se déroule normalement dans les Cascades. Les stades végétatifs varient d’une localité à l’autre et certaines spéculations sont mêmes au stade de récolte.
Selon les chiffres de la direction régionale de l’agriculture des Cascades ce sont   220 000 hectares de culture qui ont été emblavés, cette saison. On n’y rencontre plusieurs spéculations telles que le maïs, le riz, le coton, l’igname, le vouandzou, l’arachide, le souchet, le pois de terre, le sorgho, le petit mil etc. «Aujourd’hui, toutes les spéculations se présentent bien, on connaît un début de récolte pour certaines spéculations telles que l’igname, le maïs et l’arachide qui est sur le marché depuis quelques temps déjà. Les autres sont au stade de montaison, floraison», a précisé Jean Marcel Oulé, le directeur régional de l’agriculture et des aménagements hydrauliques des Cascades qui note cependant que «si les pluies continuent jusqu’en fin septembre mi-octobre, les objectifs de production pourraient être atteints». Pour Jean Marcel Oulé, le déroulement de la campagne agricole humide 2018-2019 est globalement satisfaisant même si la région a connu quelques «frayeurs». Celles-ci sont liées aux attaques récurrentes des chenilles légionnaires, à un démarrage difficile de la campagne courant avril-mai,  à une séquence sèche du 4 au 18 juillet sur l’ensemble du territoire régional, et durant les premières semaines du mois d’août, à une autre poche sèche enregistrée dans les communes de Ouo et Sidéradougou. Pour la présente campagne agricole, la région a bénéficié d’un appui de l’Etat pour les producteurs les plus vulnérables. Ce soutien du gouvernement se compose  de 751 tonnes d’engrais, de 502 tonnes de semences et de 629 unités d’équipements agricoles composés de charrues, charrettes etc. La lutte contre les chenilles doit faire partie désormais du paquet technologique surtout dans la production du maïs. Et ceci, beaucoup de producteurs des Cascades l’ont adopté durant cette saison humide. Selon le directeur régional Jean Marcel Oulé, la région des Cascades a connu des attaques relativement sévères de chenilles. A l’en croire, c’est l’une des régions les plus durement touchées du pays, où les chenilles ont fait beaucoup de dégâts. A ce jour dira-t-il, «plus de 17 800 ha ont été infestés contre 15 600 traités».
Une pluviométrie exceptionnelle
Ce traitement a été rendu possible non seulement par les soins des agents de l’agriculture avec les produits phytosanitaires prédisposés par le ministère de l’Agriculture, mais aussi par l’action des producteurs eux-mêmes qui ont déboursé de leurs poches pour acquérir les produits.  Il faut signaler un acquis important de la présente campagne comparativement à la précédente, les producteurs ont commencé à intégrer ce reflexe. En effet, ils ont anticipé dans la lutte contre les chenilles légionnaires sans attendre l’intervention ou la subvention du gouvernement.  La région des Cascades a connu une pluviométrie «exceptionnelle» cette année. «Beaucoup d’exploitants risquent de perdre leurs récoltes du fait qu’ils sont allés exploiter jusque dans le lit majeur du cours d’eau»,  dixit le directeur régional de l’agriculture. Pour lui, ce n’est pas pour rien que le législateur a prévu les bandes de servitudes pour 100 mètres de part et d’autre. «C’est vrai que c’est difficile», a-t-il reconnu, cependant Marcel Oulé demande aux exploitants de faire un «effort» dans ce sens. Depuis des décennies, la région des Cascades n’a pas connu une telle «venue d’eau». Avec les pluies du mois d’août, les principaux cours d’eau, à savoir la Comoé et la Léraba ont quitté leur lit à plusieurs endroits.
Ces eaux ont inondé les exploitations situées tout au long de ces cours d’eau et de leurs affluents. Par rapport à l’année précédente à la dernière décade du mois d’août, la région a enregistré un écart excédentaire. La moyenne au 30 du mois d’août 2018 est de 888 mm d’eau tombés en 43 jours contre 672,4 mm d’eau à la même période en 2017. Sur les 7 postes de la région, seuls deux sont déficitaires à savoir celui de Banfora et de Sidéradougou. Trois postes sont à plus de 1000 mm à savoir Tiéfora, Sindou et Loumana. Tous les barrages sont remplis, celui de Moussodougou (38 millions de mètres cubes d’eau) a commencé à déverser depuis une dizaine de jours alors que l’année dernière à la même période il était à son plus faible niveau de remplissage. Quant au barrage de Douna, l’un des plus importants du Burkina avec une capacité 50 millions de mètre cube, il est à 106% de taux de remplissage.
Mamadou YERE
(AIB Comoé)
http://www.sidwaya.bf/